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Citations sur l'exploration

Citations sur l'exploration : découvrez 6 citations de Jean Raspail, Erik L’Homme, Jean Giono, Sylvain Tesson

Notre entreprise inspirait de l’intérêt…

« Notre entre­prise ins­pi­rait de l’in­té­rêt, et aus­si de la curio­si­té à l’é­gard du petit pavillon tri­co­lore qui flot­tait à l’ar­rière de nos canots. Dans nombre de ces bour­gades du bord de l’eau, en cet immé­diat après-guerre, on n’a­vait jamais vu de Fran­çais de France”, ni lorsque nous fûmes aux États-Unis, enten­du par­ler leur langue. Nous repré­sen­tions une sorte de pré­his­toire, ce qui fut et qui n’est plus : l’A­mé­rique fran­çaise. Nous étions quelque chose comme des explo­ra­teurs post­humes, des décou­vreurs d’un monde dis­pa­ru venus l’es­pace d’un court moment réveiller de très anciens sou­ve­nirs et aus­si­tôt les empor­tant avec eux dans le sillage de leurs canots. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

On les appelait voyageurs…

« On les appe­lait voya­geurs, ou enga­gés du grand por­tage. Par les fleuves, les lacs, les rivières qui for­maient une trame natu­relle dans l’im­men­si­té nord-amé­ri­caine, au XVIIe et XVIIIe siècles, convoyant à bord de leurs canots des explo­ra­teurs et des mis­sion­naires, des mar­chands ou des offi­ciers du roi, des sol­dats en tri­corne gris des com­pa­gnies franches de la Marine, des pel­le­te­ries, des armes, des outils, renou­ve­lant jour après jour, les mains cro­chées sur l’a­vi­ron, des exploits exté­nuants, ils don­nèrent à la France un empire qui aurait pu la conte­nir sept fois. À cha­cun de leurs voyages, ils en repous­saient encore les fron­tières, vers le nord-ouest, vers l’ouest, vers le sud. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

Apprenez, mon jeune ami…

« Appre­nez, mon jeune ami, et rete­nez une fois pour toutes, qu’il n’existe pas de Cana­diens fran­çais. Il n’y a que des Cana­diens, point à la ligne, et c’est nous ! Les autres, ce sont les anglais, éta­blis par la force chez nous dans un pays qui fonc­tion­nait très bien sans eux depuis plus de cent cin­quante ans, un pays déjà explo­ré, car­to­gra­phié, recon­nu, admi­nis­tré, dans lequel ils n’ont eu que la peine de s’ins­tal­ler. Ça n’en fait pas pour autant des Cana­diens… »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

Plus de blanc sur les cartes…

« Plus de blanc sur les cartes ! À part quelques touffes de roseaux instables aux sources du Nil, quelques marais fué­giens où les géo­graphes n’ont pas encore patau­gé, quelques nuages de pous­sière mal fixés dans les déserts d’Aus­tra­lie, tout le reste a été vu, revu, arpen­té, mesu­ré, éti­que­té, cata­lo­gué et clas­sé. Le monde est connu.
Mal connu : la mul­ti­pli­ci­té et la rapi­di­té de nos moyens d’in­for­ma­tion le déforment. Le cireur de bottes du coin parle de la Mon­go­lie et de la Chine comme s’il été le père Huc en per­sonne. Il les a vues à la télé. »

Jean Gio­no
Les Trois Arbres de Pal­zem, édi­tions Gal­li­mard, 1984

Le voyageur glissant sur l’océan ou gravissant…

« Le voya­geur glis­sant sur l’océan ou gra­vis­sant la mon­tagne pré­fère consa­crer son éner­gie vitale à s’émerveiller du spec­tacle du monde plu­tôt qu’à ratio­ci­ner sur son tas de misé­rables secrets inté­rieurs. Il pri­vi­lé­gie l’exploration à l’introspection. Il goûte davan­tage de se tenir debout sur la route que cou­ché sur le divan. »

Syl­vain Tes­son
Pré­face à Car­nets d’aventures, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

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