Thème

Citations sur la prière

La Fille aînée de l’Église n’est pas seule…

« Heu­reu­se­ment, la Fille aînée de l’Église n’est pas seule. La Pro­vi­dence s’est mani­fes­tée avec une force inha­bi­tuelle au cours de l’histoire de notre nation, depuis le bap­tême et le cou­ron­ne­ment de Clo­vis, la sain­te­té de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volon­té de Louis XIII de consa­crer la France à Notre-Dame de l’As­somp­tion. Avec Jeanne d’Arc, le des­tin éli­ra une per­sonne humble, pour que la France puisse tenir ses pro­messes de fidé­li­té. Une pay­sanne, sans expé­rience mili­taire ou poli­tique, pour réa­li­ser un double exploit inex­pli­cable : chas­ser les enne­mis du royaume en redon­nant à tous les Fran­çais la digni­té per­due et la foi. »

Louis Alphonse de Bour­bon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’An­jou pour la Fête natio­nale de Jeanne d’Arc, legitimite.fr, 10 mai 2020

Ce n’est pas une prière mièvre…

« Par­mi ceux qui me liront, la plu­part ne connaissent pas cette prière, mais cer­tains s’en sou­vien­dront. Ce n’est pas une prière mièvre. Elle a le mérite d’être courte et d’en dire beau­coup en peu de mots, dans une langue claire. Mêlée au gron­de­ment du Talon, elle avait, si j’ose dire, de la gueule :
Sei­gneur Jésus, appre­nez-nous,
À être géné­reux,
À vous ser­vir comme vous le méri­tez,
À don­ner sans comp­ter,
À com­battre sans sou­ci des bles­sures,
À nous dépen­ser sans attendre
D’autre récom­pense
Que celle de savoir
Que nous fai­sons votre sainte volon­té.
C’est une prière de féo­dal adres­sée à son suze­rain. On note­ra aus­si le vou­voie­ment. Fer­mons la paren­thèse. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

Son christianisme était force et vie…

« Son chris­tia­nisme était force et vie. Un éveil au sen­ti­ment reli­gieux issu de la lâche­té, était à ses yeux chose lamen­table. Un silen­cieux et cor­dial mépris l’a­ni­mait à l’é­gard de la pro­li­fé­ra­tion, aus­si bien au front qu’à l’in­té­rieur, du chris­tia­nisme né de la peur et de la prière, fille de la panique, pra­ti­quée par les pol­trons. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Leurs prières aux dieux n’avaient d’autre objet…

« Leurs prières aux dieux n’a­vaient d’autre objet que ce si rare accord entre soi et soi, et, au milieu des urgences, entre soi et la Cité, ou, plus lar­ge­ment encore, entre soi, la Cité et les divi­ni­tés sans cal­cul. Prier, ce n’é­tait pas faire du monde le pre­mier lan­gage du Dieu unique ; c’é­tait agir en sorte que le monde fut le pre­mier sanc­tuaire des dieux plu­riels, l’o­ra­toire de leur diver­si­té et, par là même, le récep­tacle d’une col­lé­gia­li­té civique en équi­libre. »

Jean-Fran­çois Gau­tier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

À dire vrai, je ne sais pas très bien qui je prie et pourquoi…

« À dire vrai, je ne sais pas très bien qui je prie et pour­quoi. Je ne prie pas avec des mots. Je ne sais pas les prières que l’on récite habi­tuel­le­ment. Je les ai oubliées depuis long­temps et quand j’ai vou­lu les réap­prendre, je me suis aper­çu qu’elles me gênaient. Tan­dis que silen­cieu­se­ment, sans pro­non­cer la moindre parole, sim­ple­ment comme ça, en mar­chant dans la forêt, l’hi­ver, j’ai l’im­pres­sion d’être moi-même une prière où se mélangent des sen­ti­ments qui d’or­di­naire ne m’ef­fleurent pas et que je ne sau­rais même pas expri­mer. J’en suis le pre­mier sur­pris. Des choses qui en toute autre cir­cons­tance me sem­ble­raient bêtes et conve­nues, comme l’ap­par­te­nance à une famille, à une reli­gion, à un pays, à une race, le res­pect de la parole don­née, l’exal­ta­tion d’un enga­ge­ment, l’a­mour d’une mère pour son enfant, la pitié envers les morts, l’hon­neur de soi, la fidé­li­té à un maître… »

Jean Ras­pail
Sire, Édi­tions de Fal­lois, 1991

Et cette prière de Ségolène…

« Et cette prière de Ségo­lène : Ne rien dire ! Ne rien lais­ser sup­po­ser ! Qu’ils ne sachent jamais ! Qu’ils ne s’i­ma­ginent pas que nous sommes entrés dans leur ronde ! Qu’ils ne sautent pas à l’in­té­rieur de nos murailles en pous­sant d’in­dé­cents cris de triomphes ! Qu’ils nous épargnent leur soli­da­ri­té dégoû­tante ! Que ce que nous sommes en ce moment et ce que nous fai­sons n’embellisse pars leurs amours misé­rables…” »

Jean Ras­pail
Le Jeu du roi, édi­tions Robert Laf­font, 1976

Feignant d’avoir reniflé des loups…

« Fei­gnant d’a­voir reni­flé des loups, ou des rôdeurs, ou toute autre créa­ture mal­fai­sante, le comte Frantz expé­diait l’en­fant jus­qu’à la lisière de bou­leaux qui mar­quait le fond du parc et qui lui sem­blait le bout du monde. Vous plan­te­rez ce bâton, Tris­tan, disait-il, vous y pose­rez votre main droite, vous n’o­met­trez pas de fer­mer les yeux, puis vous réci­te­rez cette prière que je vous incite à ne jamais oublier : Kouj Karas­sa­kal albas­ti jouïou­na­chi kouj karas­sa­kal…, et ain­si vous nous sau­ve­rez. Le bâton-loup du petit homme nous a tou­jours pro­té­gé.” À l’en­fant qui reve­nait, trem­blant de peur, le visage blanc, mais ayant accom­pli sa mis­sion, il disait ensuite : Je suis fier de vous, Tris­tan, vous voi­là un vrai guet­teur de fron­tière, à pré­sent.” »

Jean Ras­pail
Les royaumes de Borée, édi­tions Albin Michel, 2003

On enterre à la pelle, plus au goupillon…

« Jadis, quand il y avait un grand mal­heur dans la cité, jusqu’à Paul Rey­naud en 1940 qui alla à pied récla­mer un miracle à Notre-Dame, on se pré­ci­pi­tait dans les églises. Les curés se pro­me­naient avec le Saint Sacre­ment, asper­geaient les rues et les malades, les appels à la prière étaient par­tout. (…) Aujourd’hui, les com­mu­ni­qués épis­co­paux ont revê­tu à leur tour la phra­séo­lo­gie du com­mun : La San­té est le pre­mier de nos biens com­muns”. Il y a même des évêques qui viennent d’interdire aux per­sonnes âgées de plus de 70 ans de par­ti­ci­per aux enter­re­ments. On enterre à la pelle, plus au gou­pillon. Et Lourdes ferme ses portes. Il n’y a plus de miracle. On ferme la grotte, on éteint les cierges. On confine Ber­na­dette. Ren­ver­se­ment de pers­pec­tive qui ne sera pas sans consé­quence. Foin de la pié­té popu­laire et des cierges de sup­pli­ca­tion. Quand on entend les appels à de nou­velles voca­tions, je me dis par-devers moi : une Église qui ferme ses églises ne peut sus­ci­ter qu’une sorte de voca­tion : la voca­tion de ser­ru­rier. »

Phi­lippe de Vil­liers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

Le malheur est par lui-même inarticulé…

« Le mal­heur est par lui-même inar­ti­cu­lé. Les mal­heu­reux sup­plient silen­cieu­se­ment qu’on leur four­nisse des mots pour s’exprimer. Il y a des époques où ils ne sont pas exau­cés. Il y en a d’autres où on leur four­nit des mots, mais mal choi­sis, car ceux qui les choi­sissent sont étran­gers au mal­heur qu’ils inter­prètent. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés