Les Français courageux et fidèles…

« Les Fran­çais cou­ra­geux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays – celui du bap­tême de Clo­vis, celui de la jus­tice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur – […] doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus éle­vée pour pré­cé­der les com­bat­tants, son esprit doit être là. Vivant. »

Louis Alphonse de Bour­bon
« Les Fran­çais doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines », Valeurs Actuelles, 12 avril 2020

La Fille aînée de l’Église n’est pas seule…

« Heu­reu­se­ment, la Fille aînée de l’Église n’est pas seule. La Pro­vi­dence s’est mani­fes­tée avec une force inha­bi­tuelle au cours de l’histoire de notre nation, depuis le bap­tême et le cou­ron­ne­ment de Clo­vis, la sain­te­té de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volon­té de Louis XIII de consa­crer la France à Notre-Dame de l’As­somp­tion. Avec Jeanne d’Arc, le des­tin éli­ra une per­sonne humble, pour que la France puisse tenir ses pro­messes de fidé­li­té. Une pay­sanne, sans expé­rience mili­taire ou poli­tique, pour réa­li­ser un double exploit inex­pli­cable : chas­ser les enne­mis du royaume en redon­nant à tous les Fran­çais la digni­té per­due et la foi. »

Louis Alphonse de Bour­bon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’An­jou pour la Fête natio­nale de Jeanne d’Arc, legitimite.fr, 10 mai 2020

Quelle faim morale lui crispait l’âme…

« Quelle était donc cette faim qui tenaillait le vieillard ? Quelle faim morale lui cris­pait l’âme sans qu’il pût la tra­duire autre­ment qu’en termes de gibier dis­pa­ru et de jeunes gens déser­teurs ? Je crois que je la connais­sais. Je l’a­vais déjà ren­con­trée. Sans doute la faim de ce qui fut, de ce qui ne sera plus, la silen­cieuse et invi­sible famine qui conduit les peuples per­dus à la mort plus sûre­ment encore que la vraie faim du corps. »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

À dire vrai, je ne sais pas très bien qui je prie et pourquoi…

« À dire vrai, je ne sais pas très bien qui je prie et pour­quoi. Je ne prie pas avec des mots. Je ne sais pas les prières que l’on récite habi­tuel­le­ment. Je les ai oubliées depuis long­temps et quand j’ai vou­lu les réap­prendre, je me suis aper­çu qu’elles me gênaient. Tan­dis que silen­cieu­se­ment, sans pro­non­cer la moindre parole, sim­ple­ment comme ça, en mar­chant dans la forêt, l’hi­ver, j’ai l’im­pres­sion d’être moi-même une prière où se mélangent des sen­ti­ments qui d’or­di­naire ne m’ef­fleurent pas et que je ne sau­rais même pas expri­mer. J’en suis le pre­mier sur­pris. Des choses qui en toute autre cir­cons­tance me sem­ble­raient bêtes et conve­nues, comme l’ap­par­te­nance à une famille, à une reli­gion, à un pays, à une race, le res­pect de la parole don­née, l’exal­ta­tion d’un enga­ge­ment, l’a­mour d’une mère pour son enfant, la pitié envers les morts, l’hon­neur de soi, la fidé­li­té à un maître… »

Jean Ras­pail
Sire, Édi­tions de Fal­lois, 1991

Sentinelle, sentinelle, c’est en marchant…

« Sen­ti­nelle, sen­ti­nelle, c’est en mar­chant le long des rem­parts dans l’en­nui du doute qui vient des nuits chaudes, c’est en écou­tant les bruits de la ville quand la ville ne te parle pas, c’est en sur­veillant les demeures des hommes quand elles sont morne assem­blage, c’est en res­pi­rant le désert autour quand il n’est que vide, c’est en t’ef­for­çant d’ai­mer sans aimer, de croire sans croire, et d’être fidèle quand il n’est plus à qui être fidèle, que tu pré­pares en toi l’illu­mi­na­tion de la sen­ti­nelle, qui te vien­dra par­fois comme récom­pense et don de l’a­mour. »

Antoine de Saint-Exu­pé­ry
Cita­delle, édi­tions Gal­li­mard, 1948

Ces questions s’aiguisent avec le temps…

« Ces ques­tions s’ai­guisent avec le temps, sur­tout cer­tains soirs, quand la vita­li­té et par­fois le cou­rage dimi­nuent. La ten­ta­tion du décou­ra­ge­ment plane, comme un aigle qui tourne autour de sa proie, en cercles rap­pro­chés. C’est alors que l’on se tourne vers cet enfant que l’on a été, débor­dant d’un appé­tit de vivre que rien ne sem­blait pou­voir ras­sa­sier, grave de la véri­té de la vie. Sur­tout, pense-t-on en soi-même, faites que je ne le déçoive pas. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Les sen­ti­nelles du soir, édi­tions les arènes, 1999

Ne comprenez-vous pas que le don de soi, le risque, la fidélité jusqu’à la mort…

« Ne com­pre­nez-vous pas que le don de soi, le risque, la fidé­li­té jusqu’à la mort, voi­là des exer­cices qui ont lar­ge­ment contri­bué à fon­der la noblesse de l’homme ? Quand vous cher­chez un modèle à pro­po­ser, vous le décou­vrez chez le pilote qui se sacri­fie pour son cour­rier, chez le méde­cin qui suc­combe sur le front des épi­dé­mies, ou chez le méha­riste qui, à la tête de son pelo­ton maure, s’enfonce vers le dénue­ment et la soli­tude. Quelques-uns meurent chaque année. Si même leur sacri­fice est en appa­rence inutile, croyez-vous qu’ils n’ont point ser­vi ? Ils ont frap­pé la belle pâte vierge que nous sommes d’abord une belle image, ils ont ense­men­cé jusqu’à la conscience du petit enfant, ber­cé par des contes nés de leurs gestes. Rien ne se perd et le monas­tère clos de murs, lui-même, rayonne. »

Antoine de Saint-Exu­pé­ry
Un sens à la vie, 1938

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