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Citations sur le don

S’il faut une opposition pour défendre et sauver la personne…

« S’il faut une oppo­si­tion pour défendre et sau­ver la per­sonne, nous sommes de cette oppo­si­tion. Mais nous refu­sons, en com­bat­tant pour la per­sonne, de com­battre pour cette réa­li­té agres­sive et avare qui se retranche der­rière elle. Une per­sonne, ce n’est pas un fais­ceau de reven­di­ca­tions tour­nées vers le dedans à l’intérieur d’une fron­tière arbi­traire, et je ne sais quel désir d’affirmation. C’est un style réduc­teur des influences, mais lar­ge­ment ouvert à elles, une puis­sance orien­tée d’attente et d’accueil. C’est une force ner­veuse de créa­tion et de maî­trise, mais au sein d’une com­mu­nion humaine où toute créa­tion est un rayon­ne­ment, toute maî­trise un ser­vice. C’est une liber­té d’initiative, c’est-à-dire un foyer de com­men­ce­ments, une pre­mière pente vers le monde, une pro­messe d’amitiés mul­tiples, une offre de soi. On ne se trouve qu’en se per­dant ; on ne pos­sède que ce qu’on aime. Allons plus loin, jusqu’au bout de la véri­té qui nous sau­ve­ra : on ne pos­sède que ce qu’on donne. Ni reven­di­ca­tion, ni démis­sion : nous refu­sons le mal de l’Orient et le mal de l’Occi­dent. Mais un mou­ve­ment croi­sé d’intériorisation et de don […]. »

Emma­nuel Mounier
« Pour une réha­bi­li­ta­tion de la com­mu­nau­té », in Kri­sis n°16, juin 1994

On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné…

« On n’a rien don­né tant qu’on n’a pas tout don­né. À com­men­cer par soi-même : son corps, son esprit et sa joie. Pour cela, for­mons une pha­lange d’hommes inac­ces­sibles au décou­ra­ge­ment, fidèles et inso­lents, radi­caux et intel­li­gents, réa­listes et révo­lu­tion­naires. Don­nons tout et ne leur lais­sons rien ! »

Julien Lan­gel­la
Refaire un peuple. Pour un popu­lisme radi­cal, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2021

Je voudrais te demander quelque chose…

« – Tu sais pas ? qu’il dit. Je vou­drais te deman­der quelque chose. Je peux pas en payant, mais je te le revau­drai. Donne-moi une tranche de ce pain. C’est pas pour moi, il ajoute parce qu’il voit que, déjà, elle le tend et que l’A­mou­reux va dire : « Apporte aus­si les olives. » C’est pas pour moi. Je vais te conter, puisque aus­si bien ça se sau­ra et puisque aus­si bien, c’est bien, somme toute. J’ai une femme, là-bas, avec moi, et ça lui fera plaisir :
- Prends-le tout, alors, dit Alphonsine.
De voir qu’on lui donne tout, ça lui fait dou­leur, ça lui fait cli­gner les yeux comme s’il mâchait du laurier.
– Je te le revaudrai.
– T’as qu’à faire ça si tu veux qu’on se fâche. »

Jean Gio­no
Regain, 1930, édi­tions Gras­set, coll. Les cahiers rouges, 2011

Ainsi, don et contre-don d’un côté…

« Ain­si, don et contre-don d’un côté, et prêt à inté­rêt de l’autre, sont deux formes de cré­dit qui obéissent à des logiques oppo­sées : l’une est une forme de cré­dit qui mani­feste et per­pé­tue l’exis­tence de liens com­mu­nau­taires ; l’autre est une forme de cré­dit qui les nie. »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

What I gave I have…

« Une épi­taphe gra­vée, Ky me l’a mon­trée ; elle lui a plu, c’est pour­quoi il avait ins­tal­lé son P.C à cet endroit.
What I gave I have
What I spent I had
What I kept I lost »

Pierre Schoen­doerf­fer
Là-haut, Édi­tions Gras­set, 1981

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