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Thème

Citations sur la poésie

Des citations de Rémi Soulié, Olivier Battistini, Ernst Jünger et Yukio Mishima, choisies et vérifiées sur l’édition citée.

Les 56 citations sur la poésie

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La grandeur d’âme est fonction…

« La grandeur d’âme est fonction d’une relation à la force, mais aussi à une capacité au regret, à la nostalgie du bonheur qui aurait pu être, à l’amertume. Le fils de Pélée, avec qui nul ne peut rivaliser, “le meilleur (aristos) des Achéens”, triomphe certes d’Hector et de sa triste vaillance, mais n’a pas de retour… »

Olivier Battistini Les saisons de la loi, Éditions Klincksieck, coll. Études et commentaires, 2000, édition revue, corrigée et augmentée, Éditions Clémentine, coll. Studia Humanitatis, 2013

Dans l’Iliade, la lutte est principe essentiel…

« Dans l’Iliade, la lutte (éris) est principe essentiel. Elle n’appartient pas encore au domaine de la pensée stratégique à un logos de la guerre, instrument du politique. Elle dévoile et définit une condition humaine dans un monde où la force physique (biè) anime, courbe et soumet les guerriers, les métamorphosant… »

Olivier Battistini Les saisons de la loi, Éditions Klincksieck, coll. Études et commentaires, 2000, édition revue, corrigée et augmentée, Éditions Clémentine, coll. Studia Humanitatis, 2013

C’est qu’Homère devint très vite et resta pour les grecs…

« C’est qu’Homère devint très vite et resta pour les grecs, malgré les voix discordantes de certains philosophes, non seulement le poète par excellence, mais le meilleur moraliste et le meilleurs théologien, le dépositaire et l’interprète de toute sagesse humaine et divine, un maître à penser et un maître à vivre (…). »

Robert Flacelière La poésie homérique, introduction à l’édition de la « bibliothèque de la pléiade » (n°115) de l’Iliade et l’Odyssée, Gallimard, 1956

Mais il faut remarquer aussi que l’homme naît original…

« Mais il faut remarquer aussi que l’homme naît original, et qu’il subsiste un devoir de le maintenir dans cet état. Il existe, à côté de la formation et du dressage par les institutions, un rapport immédiat au monde, et c’est de lui que nous vient notre force profonde. L’œil doit conserver la force, ne serait-ce que le… »

Ernst Jünger Le cœur aventureux (Das abenteuerliche Herz), 1938, trad. Henri Thomas, Gallimard, 1942

De belles images se transforment en poésie…

« Lecteur de Nietzsche, Drieu sait qu’il faut une sauvagerie physique pour que de belles images se transforment en poésie. L’oubli du corps brise donc la chaîne de cette discipline qu’est l’art, cette contrainte que l’esprit impose à la chair afin d’en sublimer les instincts.
La France est malheureuse car elle a perdu le sens de cette incarnation, elle est donc incapable de création. »

Jeremy Baneton Pierre Drieu la Rochelle. Le rêve ou l’action, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2024

Il faut proposer aux Français de nouveaux mythes…

« Il faut proposer aux Français de nouveaux mythes. Pourquoi pas celui de Sauveterre, la terre d’asile qui, tandis qu’ailleurs se déchaînait la guerre, a connu la paix pendant trois mois, du fait de quelques hommes ? Ennemis, ces hommes rêvaient d’un jour où ils cesseraient de l’être. On trouvera là-haut les survivants… »

Jean Lartéguy Sauveterre, éditions Rombaldi, 1971

Les dieux comme les poètes ont besoin pour vivre du sang des sacrifices…

« Ce ne sont pas seulement (…) les idées de l’art qui se trempent dans le sang versé par les héros. Certes, cela est déjà beaucoup, cela est énorme. (…) Mais ce sont aussi les idées de la religion qui se trempent dans le sang versé par les héros. Les dieux comme les poètes ont besoin pour vivre du sang des sacrifices. »

Pierre Drieu la Rochelle L’homme à cheval, 1943, éditions Gallimard, coll. Folio, 1973

Chantant ma patrie, je m’étais chanté…

« Défini par la complainte des talus et la colère des vagues, traînant dans mes veines une sève paysanne barattée de noroîts, j’avais voulu m’identifier avec mon pays contre le temps de la technique et de l’anonymat. Chantant ma patrie, je m’étais chanté. »

Xavier Grall La Fête de nuit, Éditions Kelenn, 1972, rééd. Terre De Brume, 2010

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