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Citations sur le hasard

Citations sur le hasard : découvrez 5 citations de François-René de Chateaubriand, Antoine de Saint-Exupéry, Julien Freund, Honoré de Balzac

Je suis né gentilhomme…

« Je suis né gen­til­homme. Selon moi, j’ai pro­fi­té du hasard de mon ber­ceau, j’ai gar­dé cet amour plus ferme de la liber­té qui appar­tient prin­ci­pa­le­ment à l’aris­to­cra­tie dont la der­nière heure est son­née. L’aristocratie a trois âges suc­ces­sifs : l’âge des supé­rio­ri­tés, l’âge des pri­vi­lèges, l’âge des vani­tés ; sor­tie du pre­mier, elle dégé­nère dans le second et s’éteint dans le dernier. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Mémoires d’outre-tombe, 1849 – 1850, Livre pre­mier, texte éta­bli par Edmond Biré, Gar­nier frères édi­teur, 1910

La misère de l’homme…

« La misère de l’homme ne consiste pas seule­ment dans la fai­blesse de sa rai­son, l’in­quié­tude de son esprit, le trouble de son cœur ; elle se voit encore dans un cer­tain fond ridi­cule des affaires humaines. Les révo­lu­tions sur­tout découvrent cette insuf­fi­sance de notre nature : si vous les consi­dé­rez dans l’en­semble, elles sont impo­santes ; si vous péné­trez dans le détail, vous aper­ce­vez tant d’i­nep­tie et de bas­sesse, tant d’hommes renom­més qui n’é­taient rien, tant de choses dites l’œuvre du génie qui furent l’œuvre du hasard, que vous êtes éga­le­ment éton­né et de la gran­deur des consé­quences et de la peti­tesse des causes. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Pen­sées, réflexions et maximes, Pour­rat frères édi­teurs, 1836

On a beau ironiser sur le concept de patrie…

« On a beau iro­ni­ser sur le concept de patrie et conce­voir l’humanité sur le mode anar­chique et abs­trait comme com­po­sée uni­que­ment d’individus iso­lés aspi­rant à une seule liber­té per­son­nelle, il n’empêche que la patrie est une réa­li­té sociale concrète, intro­dui­sant l’homogénéité et le sens de la col­la­bo­ra­tion entre les hommes. Elle est même une des sources essen­tielles du dyna­misme col­lec­tif, de la sta­bi­li­té et de la conti­nui­té d’une uni­té poli­tique dans le temps. Sans elle, il n’y a ni puis­sance ni gran­deur ni gloire, mais non plus de soli­da­ri­té entre ceux qui vivent sur un même territoire.
[…] Dans la mesure où la patrie cesse d’être une réa­li­té vivante, la socié­té se délabre non pas comme le croient les uns au pro­fit de la liber­té de l’individu ni non plus comme le croient d’autres à celui de l’humanité ; une col­lec­ti­vi­té poli­tique qui n’est plus une patrie pour ses membres cesse d’être défen­due pour tom­ber plus ou moins rapi­de­ment sous la dépen­dance d’une autre uni­té politique.
Là où il n’y a pas de patrie, les mer­ce­naires ou l’étranger deviennent les maîtres. Sans doute devons-nous notre patrie au hasard de la nais­sance, mais il s’agit d’un hasard qui nous délivre d’autres. »

Julien Freund
Qu’est-ce que la poli­tique ?, Édi­tions du Seuil, 1967

Les évènements ne sont jamais absolus…

« Les évé­ne­ments ne sont jamais abso­lus, leurs résul­tats dépendent entiè­re­ment des indi­vi­dus : le mal­heur est un mar­che­pied pour le génie, une pis­cine pour le chré­tien, un tré­sor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme. »

Hono­ré de Balzac
His­toire de la gran­deur et de la déca­dence de César Birot­teau, 1837, édi­tions Alexandre Hous­siaux, 1855

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