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Mario Rigoni Stern

Mario Rigoni Stern, né le 1er novembre 1921 à Asiago, dans la province de Vicence, en Vénétie, et mort le 16 juin 2008 à Asiago, est l'un des grands écrivains italiens du XXe siècle. Montagnard amoureux de sa région d'origine, le plateau d'Asiago dans la province de Vicence en Vénétie, ses œuvres nostalgiques et « habitées » sont pour la plupart traduites en français et publiés aux éditions La Fosse aux ours. Il reçoit en 1999 le prix PEN italien.

Découvrez 8 citations de Mario Rigoni Stern

J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait…

« J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait sur le fusil-mitrailleur brû­lant. J’ai encore dans les oreilles le cris­se­ment de la neige sous les bro­de­quins ; le frois­se­ment des herbes sèches bat­tues par le vent sur les rives du Don. J’ai encore devant les yeux ce que je voyais au-des­sus de ma tête : la nuit, le car­ré étoi­lé de Cas­sio­pée, le jour, les poutres au pla­fond du bun­ker. Dès que j’y pense, j’éprouve la même ter­reur qu’en cette mati­née de jan­vier où la Katiu­cha se mit à nous cra­cher des­sus de ses soixante-deux canons. »

Mario Rigo­ni Stern
Le Ser­gent dans la neige (Il ser­gente nel­la neve), 1953, trad. Noël Calef, Edi­tions 1018, coll. Domaine étran­ger, 1995

Il regardait ses pieds…

« Il regar­dait ses pieds qui pas à pas le rap­pro­chaient de sa mai­son. En Rus­sie aus­si il regar­dait ses pieds en mar­chant dans la steppe ; aus­si en Alba­nie, en Pologne, en Alle­magne. Même les pas qui l’avaient éloi­gné étaient des pas pour reve­nir. De temps à autre il levait les yeux pour regar­der la route qu’il lui res­tait à faire : les petites lignes droites lui sem­blaient très longues et les mon­tagnes encore bien loin. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Quand le beau temps coïncide…

« Quand le beau temps coïn­cide avec ma dis­po­ni­bi­li­té, j’aime par­tir avec mes sou­ve­nirs sur les sen­tiers et les che­mins fores­tiers ; j’observe, aus­si, et j’écoute, les signaux que la nature com­mu­nique au fil des sai­sons et des années. Mais c’est quand des amis se joignent à moi que je rêve et réflé­chis le plus. Ces com­pa­gnons de route ne sont plus pré­sents phy­si­que­ment, leur corps est res­té dans des endroits loin­tains : ense­ve­li sur des mon­tagnes, ou dans la steppe ; dans des cime­tières de vil­lage avec une simple croix, ou de ville avec une dalle et des fleurs. Et c’est avec eux que je suis et que je converse, en me sou­ve­nant. Ceux qui ne croient pas, ou ceux qui croient, peuvent regar­der ma façon d’agir avec une bien­veillante indul­gence. Peu m’importe : moi aus­si j’ai des doutes mais il me plaît, cer­taines fois, de les ignorer. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

On la sentait dans l’air…

« On la sen­tait dans l’air, l’odeur de la pre­mière neige : une odeur propre, légère, meilleure et plus agréable que celle du brouillard. Je parle du brouillard sain qui arri­vait une ou deux fois par an, au moment du pas­sage des alouettes. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Les nuits étaient déjà froides et annonçaient l’hiver…

« Les nuits étaient déjà froides et annon­çaient l’hiver. Les étoiles avaient per­du leur trem­blo­te­ment esti­val et leur éclat était net et fixe : au cœur de la nuit elles allaient innom­brables. Dans ce pro­fond silence on per­ce­vait le vol des oiseaux migra­teurs et le pas­sage du temps. C’étaient des nuits faites pour mar­cher sans fin, avec bon­heur. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

J’aime partir avec mes souvenirs sur les sentiers et les chemins…

« Quand le beau temps coïn­cide avec ma dis­po­ni­bi­li­té, j’aime par­tir avec mes sou­ve­nirs sur les sen­tiers et les che­mins fores­tiers ; j’observe, aus­si, et j’écoute, les signaux que la nature com­mu­nique au fil des sai­sons et des années. Mais c’est quand des amis se joignent à moi que je rêve et réflé­chis le plus. Ces com­pa­gnons de route ne sont plus pré­sents phy­si­que­ment, leur corps est res­té dans des endroits loin­tains : ense­ve­li sur des mon­tagnes, ou dans la steppe ; dans des cime­tières de vil­lage avec une simple croix, ou de ville avec une dalle et des fleurs. Et c’est avec eux que je suis et que je converse, en me sou­ve­nant. Ceux qui ne croient pas, ou ceux qui croient, peuvent regar­der ma façon d’agir avec une bien­veillante indul­gence. Peu m’importe : moi aus­si j’ai des doutes mais il me plaît, cer­taines fois, de les ignorer. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Je ne suis pas un historien qui fait des recherches dans…

« Je ne suis pas un his­to­rien qui fait des recherches dans les vieux manus­crits ou dans les docu­ments d’archives ; je me contente d’être un nar­ra­teur qui suit quelques traces de sa terre natale : de temps en temps, une lettre ou un pli m’arrivent par la poste, ou bien je trouve un livre qui me rap­pelle l’origine de la race qui vit sur ce haut pla­teau et que l’on disait cimbre’. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Il existe des associations entre les arbres de la même…

« […] Il existe des asso­cia­tions entre les arbres de la même espèce, comme dans une famille humaine du même sang, qui s’aident réci­pro­que­ment en échan­geant des élé­ments vitaux à tra­vers leurs racines, et se pro­tègent les uns les autres des intem­pé­ries avec leurs branches. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

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