Faire passer son devoir avant ses passions…

« Faire pas­ser son devoir avant ses pas­sions ; ses pas­sions, avant ses inté­rêts. Accom­plir de bonnes actions” pour gagner son salut, c’est encore ser­vir ses inté­rêts. Faire ce qu’on doit, non ce qu’on aime. Mais cela néces­site un appren­tis­sage : l’homme a besoin de règles pour se bâtir parce qu’il est per­pé­tuel­le­ment mal­léable. Le tra­vail comme ser­vice, le devoir comme destin. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Le sang s’écoule, l’existence est détruite…

« Le sang s’écoule, l’existence est détruite et les sens anéan­tis accré­ditent pour la pre­mière fois l’existence conçue comme un tout, com­blant l’espace logique entre voir et exis­ter… C’est cela, la mort.
Voi­là com­ment j’appris que l’heureux sen­ti­ment d’exister éprou­vé un moment au cou­cher du soleil dans une vie de sol­dat ne pou­vait être fina­le­ment accré­di­té que par la mort. »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

S’il était vrai que mon moi fût ma demeure…

« S’il était vrai que mon moi fût ma demeure, mon corps figu­rait en ce cas un ver­ger à l’entour. Il m’était loi­sible soit de culti­ver à plein ce ver­ger, soit de le lais­ser enva­hir par la mau­vaise herbe. Libre à moi de choi­sir, mais cette liber­té n’allait pas de soi autant qu’on pour­rait le croire. Bien des gens, à la véri­té, vont jusqu’à bap­ti­ser des­ti­née” les ver­gers de leur demeure.
Un beau jour, il me vint à l’esprit de culti­ver mon ver­ger de toutes mes forces. À cette fin, j’utilisai le soleil et l’acier. »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Nous vivons l’époque des évidences oubliées…

« Nous vivons l’époque des évi­dences oubliées. Répé­tons-nous donc. La nature, c’est tout ce qui, dans l’univers, n’est pas fait de main d’homme. Tout ce que homo faber, dans son obses­sion du contrôle total, ne contrôle, jus­te­ment, pas.
La nature autour et en face de nous est la limite de notre pou­voir sur la matière, sur le monde et sur notre propre des­tin. »

Slo­bo­dan Despot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

La Fille aînée de l’Église n’est pas seule…

« Heu­reu­se­ment, la Fille aînée de l’Église n’est pas seule. La Pro­vi­dence s’est mani­fes­tée avec une force inha­bi­tuelle au cours de l’histoire de notre nation, depuis le bap­tême et le cou­ron­ne­ment de Clo­vis, la sain­te­té de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volon­té de Louis XIII de consa­crer la France à Notre-Dame de l’As­somp­tion. Avec Jeanne d’Arc, le des­tin éli­ra une per­sonne humble, pour que la France puisse tenir ses pro­messes de fidé­li­té. Une pay­sanne, sans expé­rience mili­taire ou poli­tique, pour réa­li­ser un double exploit inex­pli­cable : chas­ser les enne­mis du royaume en redon­nant à tous les Fran­çais la digni­té per­due et la foi. »

Louis Alphonse de Bourbon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’An­jou pour la Fête natio­nale de Jeanne d’Arc, legitimite.fr, 10 mai 2020

L’âme qui s’éveille ainsi, un instant…

« L’âme qui s’éveille ain­si, un ins­tant, pour se perdre bien­tôt après par l’empire de la force, s’éveille pure et intacte ; il n’y appa­raît aucun sen­ti­ment ambi­gu, com­pli­qué ou trouble ; seuls le cou­rage et l’amour y ont place. Par­fois un homme trouve ain­si son âme en déli­bé­rant avec lui-même, quand il s’essaye, comme Hec­tor devant Troie, sans secours des dieux ou des hommes, à faire tout seul face au des­tin. »

Simone Weil
L’Iliade ou le poème de la force, dans la revue « Les Cahiers du sud », 1940 – 1941, Édi­tions de l’éclat, coll. Éclats, 2014

Pourquoi est-ce toute la beauté de la vie qui saisit…

« Pour­quoi est-ce toute la beau­té de la vie qui sai­sit, au lieu que ce soit nous qui la sai­sis­sions ? Hélas, de même que l’homme est pous­sière et rede­vien­dra pous­sière, toute beau­té est nos­tal­gie et rede­vient nos­tal­gie. Nous la pour­sui­vons jus­qu’à ce qu’elle devienne nos­tal­gie. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Ce qui est en jeu…

« Ce qui est en jeu, ce n’est pas d’ar­rê­ter le mou­ve­ment ; c’est au contraire de sau­ver la pos­si­bi­li­té d’un mou­ve­ment authen­tique. Pour qu’un chan­ge­ment effec­tif nous approche du meilleur, encore faut-il un point d’ap­pui : Don­nez-moi, deman­dait Archi­mède, un point fixe et un levier, et je sou­lè­ve­rai la terre.” Si l’on nous refuse tout point fixe, nos leviers même les plus puis­sants ne nous ser­vi­ront à rien… En affir­mant que tout est mobile, on tue en fait le mou­ve­ment. Le pro­gres­sisme a détruit l’i­dée de pro­grès en décri­vant le chan­ge­ment comme néces­saire par prin­cipe. Il faut sau­ver de cette illu­sion absurde les pro­grès véri­tables dont nous avons besoin : et voi­là com­ment nous pour­rons remettre la main sur notre propre destin. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

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