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Citations sur le destin

Mon idée de la tradition est neuve…

« Mon idée de la tra­di­tion est neuve. Elle défi­nit mon inter­pré­ta­tion de l’histoire et du des­tin des Euro­péens. Elle est éga­le­ment appli­cable aux autres peuples. Elle part du constat que l’histoire conven­tion­nelle de la civi­li­sa­tion euro­péenne est un leurre. Der­rière ce leurre se déroule une his­toire réelle faite de per­ma­nences secrètes. La tra­di­tion est l’expression de ces per­ma­nences. »

Domi­nique Ven­ner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Le dépassement de notre système du monde est nécessaire et urgent…

« Le dépas­se­ment de notre sys­tème du monde est néces­saire et urgent. Ce dépas­se­ment appelle cer­tai­ne­ment celui de l’économie. Il appelle moins le retour du poli­tique […] qu’il n’appelle le retour de socié­tés humaines consti­tuées, conscientes d’elles-mêmes, en charge de leur his­toire et en quête de leur des­tin – des socié­tés auto­nomes. Que les peuples retrouvent les moyens de faire leur his­toire et de faire l’histoire, dans l’échange, dans la curio­si­té, dans la diver­si­té qui est l’expression de la condi­tion poli­tique, et la mon­dia­li­sa­tion et l’économie rede­vien­dront ce qu’elles ont été, de beaux outils à construire les châ­teaux de sable que la marée de l’histoire emporte comme elle veut et quand elle veut. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Ils avaient été des hommes qui connaissaient la peine…

« Mais en véri­té, ils avaient été des hommes qui connais­saient la peine, les pri­va­tions, la vio­lence, la débauche — mais ne connais­saient point la peur et n’é­prou­vaient aucun élan de méchan­ce­té en leur cœur. Des hommes dif­fi­ciles à diri­ger, mais faciles à ins­pi­rer, des hommes sans voix — mais suf­fi­sam­ment virils pour mépri­ser dans leur cœur les voix sen­ti­men­tales qui se lamen­taient sur la dure­té de leur des­tin. C’é­tait un des­tin et c’é­tait le leur ; cette capa­ci­té de le sup­por­ter leur sem­blait le pri­vi­lège des élus ! Leur géné­ra­tion vivait muette et indis­pen­sable, sans connaître les dou­ceurs de l’af­fec­tion ou le refuge du foyer — et mou­rait libre de la sombre menace d’une tombe froide. Ils étaient les éter­nels enfants de la mer mys­té­rieuse. Leurs suc­ces­seurs sont les fils adultes d’une terre insa­tis­faite. Ils sont moins dépra­vés mais moins inno­cents ; moins irré­vé­ren­cieux mais peut-être aus­si moins croyants ; et s’ils ont appris à par­ler, ils ont aus­si appris à gémir. »

Joseph Conrad
Le nègre du Nar­cisse, 1913, trad. Robert d’Hu­mières, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’i­ma­gi­naire, 2007

L’Allemagne brûlait sourdement dans quelques cerveaux hardis…

« L’Allemagne brû­lait sour­de­ment dans quelques cer­veaux har­dis. […] L’Allemagne était là où on lut­tait pour elle ; elle se mon­trait là où des enne­mis en armes vou­laient s’emparer de ses biens, elle brillait d’un éclat radieux là où ceux qui étaient péné­trés de son esprit ris­quaient pour elle le der­nier enjeu. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Celui qui dira que nous sommes condamnés et que c’est…

« Celui qui dira que nous sommes condam­nés et que c’est pour­quoi nous devons com­battre jusqu’au bout (comme disent les Russes, tan qu’à mou­rir, il faut le faire en musique), celui-là ne sera pas un pes­si­miste. Ce sera un opti­miste his­to­rique. L’optimisme his­to­rique signi­fie qu’on sait la véri­té, si cruelle qu’elle soit, et qu’on est déter­mi­né à se battre, quoi qu’il en coûte. L’optimisme his­to­rique ne compte sur rien ni per­sonne, sauf sur soi-même et sur la bagarre. »

Alexandre Zino­viev
Nous et l’Occident, L’Age d’Homme, 1981

Le premier fait auquel confronté l’homme, comme à un destin…

« Le pre­mier fait auquel confron­té l’homme, comme à un des­tin iné­luc­table, et ce que nulle pen­sée ne peut com­prendre, ni nul ne peut vou­loir modi­fier, c’est le temps et le lieu de sa nais­sance : cha­cun est, lorsqu’il vient au monde, insé­ré dans un peuple, une reli­gion, un état, un temps, une culture. Mais ce fait implique déjà la presque tota­li­té des déci­sions. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

Exister, c’est se vouer et se dévouer…

« Exis­ter, c’est se vouer et se dévouer. Mais mou­rir, c’est par­fois une autre façon d’exister. […] La mort n’est pas seule­ment le drame que l’on dit, sinon pour ceux qui pleurent sin­cè­re­ment le dis­pa­ru. Elle met fin aux mala­dies cruelles et inter­rompt le déla­bre­ment de la vieillesse, don­nant leur place aux nou­velles géné­ra­tions. La mort peut se révé­ler aus­si une libé­ra­tion à l’égard d’un sort deve­nu insup­por­table ou désho­no­rant. Sous sa forme illus­trée par les Samou­raï et les vieux Romains”, elle peut consti­tuer la plus forte des pro­tes­ta­tions contre une indi­gni­té autant qu’une pro­vo­ca­tion à l’espérance. »

Domi­nique Ven­ner
Édi­to­rial de La Nou­velle Revue d’Histoire (NRH), N°64, La fin des Habs­bourg, jan­vier-février 2013

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