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Citations sur le destin

Ce qui est en jeu…

« Ce qui est en jeu, ce n’est pas d’ar­rê­ter le mou­ve­ment ; c’est au contraire de sau­ver la pos­si­bi­li­té d’un mou­ve­ment authen­tique. Pour qu’un chan­ge­ment effec­tif nous approche du meilleur, encore faut-il un point d’ap­pui : Don­nez-moi, deman­dait Archi­mède, un point fixe et un levier, et je sou­lè­ve­rai la terre.” Si l’on nous refuse tout point fixe, nos leviers même les plus puis­sants ne nous ser­vi­ront à rien… En affir­mant que tout est mobile, on tue en fait le mou­ve­ment. Le pro­gres­sisme a détruit l’i­dée de pro­grès en décri­vant le chan­ge­ment comme néces­saire par prin­cipe. Il faut sau­ver de cette illu­sion absurde les pro­grès véri­tables dont nous avons besoin : et voi­là com­ment nous pour­rons remettre la main sur notre propre destin. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

Face à la décadence, trois genres de réaction révèlent un type d’homme…

« Face à la déca­dence, trois genres de réac­tion révèlent un type d’homme : les uns, la majo­ri­té, acceptent sans bron­cher de ne pas voir ce qui les tue et fré­missent ou ricanent si d’aventure un éveillé tente de leur ouvrir les yeux. Cynisme ou per­ver­sion, une mino­ri­té jouit des déca­dences comme s’il était pos­sible de ne pas être englou­ti par la mon­tée des eaux d’égout. Une autre mino­ri­té, les purs, refuse les fata­li­tés trom­peuses ; elle prend les armes et com­bat. »

Chris­to­pher Gérard
Pré­face au Chant des alouettes de Thi­baud Cas­sel, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2017

Si le destin de nos peuples se poursuit hors des Évangiles…

« Si le des­tin de nos peuples se pour­suit hors des Évan­giles vers des étoiles nou­velles ou plus anciennes encore, ni le Diable ni Dieu ne nous emporte. Devant l’immense pers­pec­tive décou­verte, la foi de notre ave­nir en ce monde nous entraîne, et les croix qui par­sèment nos pays nous accom­pagnent sur la route nou­velle. L’un des impé­ra­tifs adres­sés à notre siècle est de sor­tir du char­nier des idéo­lo­gies pas­sées. Nous n’en sor­ti­rons par le haut qu’en retrou­vant un hori­zon spi­ri­tuel, dont les idéo­lo­gies furent un pro­duit de substitution. »

Thi­baud Cassel
Le Chant des alouettes, édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017

L’Europe préexiste à la forme historique que le destin lui a donnée…

« L’Europe pré­existe à la forme his­to­rique que le des­tin lui a don­née ; exis­tant en puis­sance dans cha­cun de ses peuples autoch­tones, elle s’est cris­tal­li­sée dans la Grèce, puis s’est ins­ti­tuée en Rome et enfin s’est éten­due à l’échelle du conti­nent avec le catho­li­cisme. »

Thi­baud Cassel
Le Chant des alouettes, édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017

Le destin de ceux qui finiront avec la dissolution du monde moderne…

« C’est une voca­tion héroïque que d’affronter la vague la plus tour­billon­nante et de savoir que deux des­tins sont à égale dis­tance, le des­tin de ceux qui fini­ront avec la dis­so­lu­tion du monde moderne et le des­tin de ceux qui se retrou­ve­ront dans l’axe cen­tral et royal du nou­veau courant. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Que la plus belle femme du monde ait vécu…

« En face de la Crète et de l’Archipel, quelque part sur la côte ionienne, il y eût une ville — nous dirions aujourd’hui une bour­gade, ou même un vil­lage —, for­ti­fiée. Elle fut Ilion, elle devint Troie, et son nom ne pas­se­ra jamais. Un poète qui peut-être fut men­diant et chan­teur des rues, qui peut-être ne savait ni lire ni écrire et que la tra­di­tion dit aveugle, fit un poème de la guerre des Grecs contre cette ville afin de recon­qué­rir la plus belle femme du monde. Que la plus belle femme du monde ait vécu dans une petite ville nous paraît légen­daire ; que le plus beau poème du monde ait été com­po­sé par quelqu’un qui n’avait jamais vu de ville plus grande est un fait his­to­rique. On dit que ce poème est tar­dif, et que la culture pri­mi­tive était sur son déclin lorsqu’il fut écrit ; on se demande alors ce qu’elle pro­dui­sait dans toute sa force. Quoiqu’il en soit, il est vrai que ce poème, qui fut notre pre­mier poème, pour­rait aus­si être notre der­nier chant. Il pour­rait être le pre­mier et le der­nier mot de l’homme simple mor­tel sur sa propre des­ti­née telle qu’il l’a peut voir. Que le monde périsse païen et le der­nier homme fera bien s’il chante l’Iliade et meurt. »

Gil­bert Keith Chesterton
The Ever­las­ting Man (L’Homme éter­nel), édi­tions Hod­der & Stough­ton, 1925

Je vouais mon cœur à la terre grave et souffrante…

« Et ouver­te­ment je vouais mon cœur à la terre grave et souf­frante, et sou­vent, dans la nuit sacrée, je lui pro­mis de l’aimer fidè­le­ment jusqu’à la mort, sans peur, avec son lourd far­deau de fata­li­té, et de ne mépri­ser aucune de ses énigmes. »

Frie­drich Hölderlin
La Mort d’Empédocle (Der Tod des Empe­dokles), inache­vé, 1798, trad. Eloi Recoing, édi­tions Actes Sud, coll. Babel, 2004

Je considère que c’est le devoir de tous ceux qui, solitaires…

« Je consi­dère que c’est le devoir de tous ceux qui, soli­taires, vont leur propre che­min de faire part à la socié­té de ce qu’ils ont décou­vert au cours de leur voyage d’exploration. Que ce soit une fon­taine fraîche pour ceux que tour­mentent la soif ou l’aride désert de l’erreur stérile. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes ras­sem­blés par Jolande Jaco­bi et intro­duits par Michel Caze­nave, trad. Yves Le Lay, édi­tions Buchet Chas­tel, 1965, édi­tions Le Livre de Poche, 1995

Nous dirons qu’une société et un peuple sont en forme…

« Nous dirons qu’une socié­té et un peuple sont en forme quand : 1) ils res­tent conscients de leurs ori­gines cultu­relles et his­to­riques ; 2) ils peuvent se ras­sem­bler autour d’un média­teur, indi­vi­duel ou sym­bo­lique, capable de ras­sem­bler les éner­gies et de cata­ly­ser la volon­té de des­tin ; 3) ils conservent le cou­rage de dési­gner leur enne­mi. Or, aucune de ces condi­tions n’est réa­li­sée dans la socié­té libé­rale mar­chande, qui : 1) dis­sout les mémoires ; 2) éteint le sublime et effrite les pas­sions ; 3) ne veut pas avoir d’ennemi et croit qu’il est pos­sible de ne pas en avoir. »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

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