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Citations sur le destin

L’imprévisible, ce qui surgit sans cause ni raison…

« L’imprévisible, ce qui sur­git sans cause ni rai­son, ce que rien ne déter­mine, voi­là qui reçut jadis un nom : le des­tin, le sort. Cette force dérou­tante, mys­té­rieuse, à laquelle les dieux eux-mêmes sont sou­mis – le sort –, nous sera-t-il un jour favo­rable ? Nous n’en savons rien. Cela n’est pas entre nos mains. Et pour­tant, cela aus­si est, en un sens, entre nos mains. Contrai­re­ment à ce que la moder­ni­té croit, la volon­té des hommes, certes, n’est pas toute-puis­sante. Mais le des­tin non plus. Il a besoin de notre aide. Nous dépen­dons de lui, mais le des­tin aus­si dépend de nous. Sans notre enga­ge­ment déci­dé, sans notre lutte vaillante, jamais le sort ne pour­rait nous être favo­rable. »

Javier Por­tel­la
Les leçons du samou­raï, allo­cu­tion au Col­loque Domi­nique Ven­ner, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 17 mai 2014

Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens…

« Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens ; tel grain est le pre­mier qui tombe dans le feu ; tel autre n’y tombe qu’un peu plus tard. Ce n’est pas une dif­fé­rence. »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, IV, 15, vers 170 – 180, trad. Mario Meu­nier, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1964

Trois fées façonnent le Destin sur leur quenouille…

« Trois fées façonnent le Des­tin sur leur que­nouille et leur fuseau, de leurs doigts qui tordent les fils de la laine : c’est qu’il y a trois périodes dans le Temps, le pas­sé qui est déjà filé et dévi­dé dans le fuseau, le pré­sent qui passe dans les doigts de la fileuse ; le futur, c’est la laine enrou­lée sur la que­nouille qui doit pas­ser par les doigts de la fileuse sur le fuseau comme le pré­sent doit deve­nir le pas­sé […] On a vou­lu qu’elles fussent trois : l’une pour our­dir la vie de l’homme, la deuxième pour la tis­ser, la troi­sième pour la rompre. »

Isi­dore de Séville
vers 562 – 636

De telles femmes lui servaient en outre d’appeaux…

« De telles femmes lui ser­vaient en outre d’appeaux d’une espèce par­ti­cu­liè­re­ment raf­fi­née, par­tout dans le monde où il se trou­vait mêlé à quelque intrigue. Qui s’approchait de ces fleurs trom­peuses, sur­gies des maré­cages, tom­bait sous le charme auquel se sou­met l’abjection ; et durant nos séjours chez les Mau­ré­ta­niens nous avions vu déjà suc­com­ber ain­si plus d’un être qu’attendait un grand des­tin, car à de tels arti­fices c’est le plus noble qui se laisse prendre. »

Ernst Jün­ger
Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen) 1939, trad. Hen­ri Tho­mas, édi­tions Gal­li­mard 1942, coll. L’I­ma­gi­naire, 2017

Pour moi le trésor du monde, c’est une infante de Velázquez…

« Pour moi le tré­sor du monde, c’est une infante de Veláz­quez, un opé­ra de Wag­ner ou une cathé­drale gothique. C’est un cal­vaire bre­ton ou une nécro­pole de Cham­pagne. C’est le roman­ce­ro du Cid ou le visage hugo­lien de « l’enfant grec ». C’est le tom­beau des Inva­lides ou le grand aigle de Schön­brunn, l’Alcazar de Tolède ou le Coli­sée de Rome, la tour de Londres ou celle de Gala­ta, le sang de Buda­pest ou le qua­drige orgueilleux de la porte de Bran­de­bourg, deve­nue le poste fron­tière de l’Europe muti­lée. (…) Frêle Gene­viève de Paris, patronne de l’Europe, seule contre les hordes de l’Est, tu sym­bo­lises notre esprit de résis­tance. Et toi, Alexandre, vain­queur blond au visage de dieu, Macé­do­nien aux dix mille fidèles, toi qui conquis le monde orien­tal avec ta foi et ton épée, debout dres­sé contre le des­tin et l’Histoire, tu sym­bo­li­se­ras peut-être un jour le triomphe de l’Europe impé­riale… »

Jean de Brem
Le tes­ta­ment d’un Euro­péen, édi­tions de La Table Ronde, 1964

La condition par excellence de la vie…

« La condi­tion par excel­lence de la vie, de la san­té et de la force chez l’être orga­ni­sé, est l’action. C’est par l’action qu’il déve­loppe ses facul­tés, qu’il en aug­mente l’énergie, et qu’il atteint la plé­ni­tude de sa des­ti­née. »

Pierre-Joseph Prou­dhon
La guerre et la paix, 1861, édi­tions Hachette Livre – BNF, 2016

Ne méritent le nom d’hommes que ceux qui savent…

« Ne méritent le nom d’hommes que ceux qui savent ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent deve­nir. Non pas rêver ma vie, mais faire vivre mes rêves. »

Jean-René Hugue­nin
Jour­nal, 1964, édi­tions Seuil, coll. Points, 1997

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