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Couverture du livre La personne et le sacré

Citations tirées du livre La personne et le sacré

Simone Weil

Présentation de l'éditeur

Texte faisant partie des Écrits de Londres, écrit à la même période que L’enracinement (1943), La personne et le sacré prend son origine dans le mot de « personne » qui avait fondé le courant personnaliste autour d’Emmanuel Mounier et que Simone Weil trouve impropre. Mais ce texte est bien plus qu’une querelle sémantique : il devient tout de suite méditation philosophique lumineuse et de très grande importance (jusque-là sous-estimée) sur les notions de droit, de démocratie, de justice, de mal et de beauté. Prenant à contrepied le personnalisme chrétien en affirmant que « Ce qui est sacré, bien loin que ce soit la personne, c’est ce qui, dans un être humain, est impersonnel », Simone Weil se livre à un plaidoyer d’une rare justesse pour ce qui fonde l’être humain en dehors de toute collectivité ou institution. Un texte capital pour approfondir l’œuvre de Simone Weil et qui saura parler à tout lecteur qui recherche une clarté pure, exigeante et dénuée de tout artifice sur des thèmes intemporels.

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Dans ce livre

Les 13 citations tirées de ce livre

Il est clair qu’un parti occupé à la conquête…

« Il est clair qu’un parti occupé à la conquête ou à la conservation du pouvoir gouvernemental ne peut discerner dans ces cris que du bruit. Il réagira différemment selon que ce bruit gêne celui de sa propre propagande ou au contraire le grossit. Mais en aucun cas il n’est capable d’une attention tendre et divinatrice pour en discerner la signification. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Cet ordre impersonnel et divin de l’univers…

« Cet ordre impersonnel et divin de l’univers a pour image parmi nous la justice, la vérité, la beauté. Rien d’inférieur à ces choses n’est digne de servir d’inspiration aux hommes qui acceptent de mourir. Au-dessus des institutions destinées à protéger le droit, les personnes, les libertés démocratiques, il faut en… »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Le chant grégorien, les églises romanes…

« Le chant grégorien, les églises romanes, l’Iliade, l’invention de la géométrie, n’ont pas été, chez les êtres à travers lesquels ces choses sont passées pour venir jusqu’à nous, des occasions d’épanouissement. La science, l’art, la littérature, la philosophie qui sont seulement des formes d’épanouissement de la… »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Mettre dans la bouche des malheureux des mots…

« Mettre dans la bouche des malheureux des mots qui appartiennent à la région moyenne des valeurs, tels que démocratie, droit ou personne, c’est leur faire un présent qui n’est susceptible de leur amener aucun bien et qui leur fait inévitablement beaucoup de mal. Ces notions n’ont pas leur lieu dans le ciel, elles sont… »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

À notre époque d’intelligence obscurcie…

« À notre époque d’intelligence obscurcie, on ne fait aucune difficulté de réclamer pour tous une part égale aux privilèges, aux choses qui ont pour essence d’être des privilèges. C’est une espèce de revendication à la fois absurde et basse ; absurde, parce que le privilège par définition est inégal ; basse, parce qu’il ne vaut pas d’être désiré. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Là où il y a une grave erreur de vocabulaire…

« C’est la preuve que le vocabulaire du courant de pensée moderne dit personnaliste est erroné. Et en ce domaine, là où il y a une grave erreur de vocabulaire, il est difficile qu’il n’y ait pas une grave erreur de pensée. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

L’esprit de justice et l’esprit de vérité ne font qu’un…

« Parce que le malheur et la vérité ont besoin pour être entendus de la même attention, l’esprit de justice et l’esprit de vérité ne font qu’un. L’esprit de justice et de vérité n’est pas autre chose qu’une certaine espèce d’attention, qui est du pur amour. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Le malheur est par lui-même inarticulé…

« Le malheur est par lui-même inarticulé. Les malheureux supplient silencieusement qu’on leur fournisse des mots pour s’exprimer. Il y a des époques où ils ne sont pas exaucés. Il y en a d’autres où on leur fournit des mots, mais mal choisis, car ceux qui les choisissent sont étrangers au malheur qu’ils interprètent. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Quand la liberté d’expression se ramène en fait à la liberté de propagande…

« Quand la liberté d’expression se ramène en fait à la liberté de propagande pour les organisations de ce genre, les seules parties de l’âme humaine qui méritent de s’exprimer ne sont pas libres de la faire. Ou elles le sont à un degré infinitésimal, à peine davantage que dans le système totalitaire. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

Tout ce qu’un homme produit en tout domaine…

« Par une disposition éternelle de la Providence, tout ce qu’un homme produit en tout domaine quand l’esprit de justice et de vérité le maîtrise est revêtu de l’éclat de la beauté. »

Simone Weil La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016

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Autres citations de Simone Weil

L’âme qui s’éveille ainsi, un instant…

« L’âme qui s’éveille ainsi, un instant, pour se perdre bientôt après par l’empire de la force, s’éveille pure et intacte ; il n’y apparaît aucun sentiment ambigu, compliqué ou trouble ; seuls le courage et l’amour y ont place. Parfois un homme trouve ainsi son âme en délibérant avec lui-même, quand il s’essaye, comme Hector devant Troie, sans secours des dieux ou des hommes, à faire tout seul face au destin. »

Simone Weil L’Iliade ou le poème de la force, dans la revue « Les Cahiers du sud », 1940-1941, Éditions de l’éclat, coll. Éclats, 2014

Toutes les citations de Simone Weil (25)

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