Le progressiste libéral exige que l’histoire se comporte en accord avec les postulats de sa raison…

« Le pro­gres­siste libé­ral exige que l’histoire se com­porte en accord avec les pos­tu­lats de sa rai­son, puisque c’est la liber­té qui la crée ; et comme sa liber­té engendre aus­si les causes qu’il défend, aucun fait ne peut pri­mer sur le droit que la liber­té établit. »

Nicolás Gómez Dávila
Le Réac­tion­naire authen­tique (El reac­cio­na­rio autén­ti­co), 1995, trad. Michel Bibard, Édi­tions du Rocher/Anatolia, 2005

Désormais il n’y avait plus de limites au pouvoir…

« Désor­mais il n’y avait plus de limites au pou­voir et tout deve­nait per­mis du moment qu’une loi ou un décret l’autorisait. Nous connais­sons le ravage d’une telle approche. Elle est mère de tous les tota­li­ta­rismes ; elle cau­tionne les lois contre-nature qui minent la France et nombre d’autres états. Plus pro­fon­dé­ment, elle entraîne une crise morale tant le fos­sé se creuse entre la socié­té légale et le pays. »

Louis Alphonse de Bourbon
Dis­cours sui­vant la Messe célé­brée à la mémoire du Roi Louis XVI à la Cha­pelle Expia­toire, 20 jan­vier 2019

Quelle peine a frappé le mot courage…

« En pas­sant du sin­gu­lier au plu­riel, le trio célèbre, amours, délices et orgues, change de sexe et devient fémi­nin. D’autres se dégradent pro­fon­dé­ment. Les hon­neurs ont peu à voir avec l’hon­neur, les devoirs avec le devoir, les droits avec le droit, les espé­rances, lan­gage des notaires de Labiche, avec l’es­pé­rance qui est la volon­té d’es­poir quand il n’y a pas d’es­poir. Il y a des objets per­dus, des sol­dats per­dus, des enfants per­dus. Il y a aus­si des mots per­dus. Quelle peine a frap­pé le mot cou­rage ? »

Jean-Fran­çois Deniau
His­toires de cou­rage, édi­tions Plon, 2000

Cet ordre impersonnel et divin de l’univers…

« Cet ordre imper­son­nel et divin de l’univers a pour image par­mi nous la jus­tice, la véri­té, la beau­té. Rien d’inférieur à ces choses n’est digne de ser­vir d’inspiration aux hommes qui acceptent de mourir.
Au-des­sus des ins­ti­tu­tions des­ti­nées à pro­té­ger le droit, les per­sonnes, les liber­tés démo­cra­tiques, il faut en inven­ter d’autres des­ti­nées à dis­cer­ner et à abo­lir tout ce qui, dans la vie contem­po­raine, écrase les âmes sous l’injustice, le men­songe et la laideur.
Il faut les inven­ter, car elles sont incon­nues, et il est impos­sible de dou­ter qu’elles soient indispensables. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Le droit est trop froid et trop formel…

« Le droit est trop froid et trop for­mel pour exer­cer sur la socié­té une influence béné­fique. Lorsque toute la vie est péné­trée de rap­ports juri­diques, il se crée une atmo­sphère de médio­cri­té morale qui asphyxie les meilleurs élans de l’homme. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Mettre dans la bouche des malheureux des mots…

« Mettre dans la bouche des mal­heu­reux des mots qui appar­tiennent à la région moyenne des valeurs, tels que démo­cra­tie, droit ou per­sonne, c’est leur faire un pré­sent qui n’est sus­cep­tible de leur ame­ner aucun bien et qui leur fait inévi­ta­ble­ment beau­coup de mal.
Ces notions n’ont pas leur lieu dans le ciel, elles sont en sus­pens dans les airs, et pour cette rai­son même elles sont inca­pables de mordre la terre.
Seule la lumière qui tombe conti­nuel­le­ment du ciel four­nit à un arbre l’énergie qui enfonce pro­fon­dé­ment dans la terre les puis­santes racines. L’arbre est en véri­té enra­ci­né dans le ciel.
Seul ce qui vient du ciel est sus­cep­tible d’imprimer réel­le­ment une marque sur la terre. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

À notre époque d’intelligence obscurcie…

« À notre époque d’intel­li­gence obs­cur­cie, on ne fait aucune dif­fi­cul­té de récla­mer pour tous une part égale aux pri­vi­lèges, aux choses qui ont pour essence d’être des pri­vi­lèges. C’est une espèce de reven­di­ca­tion à la fois absurde et basse ; absurde, parce que le pri­vi­lège par défi­ni­tion est inégal ; basse, parce qu’il ne vaut pas d’être désiré. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Le droit de vote est considéré comme une évidence…

« Le droit de vote est consi­dé­ré comme une évi­dence, mais on ne lui accorde pas une grande valeur, on ne com­prend pas clai­re­ment l’en­jeu et le sérieux de ce droit. Cette igno­rance géné­rale des masses laisse aux mino­ri­tés actives une large marge de manœuvre. »

Robert Steu­ckers
« Des effets per­vers de la par­ti­to­cra­tie », Nou­velles de Syner­gies euro­péennes nº 41, juillet-août 1999

L’homme n’est pas en règle avec la loi…

« L’homme n’est pas en règle avec la loi pour s’être abs­te­nu de la vio­ler, il faut qu’il la défende. Pour se mettre à l’unisson des har­mo­nies célestes, il doit éta­blir l’ordre en lui-même et hors de lui ; c’est par l’active éner­gie de la lutte qu’on imite les dieux. »

Louis Ménard
De la morale avant les phi­lo­sophes, 1860, édi­tions Hachette Livre, 2013

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés