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Hervé Juvin

Hervé Juvin est un essayiste français, député européen, membre du groupe Identité et Démocratie, élu en 2019 sur la liste présentée par le Rassemblement national. Dirigeant de sociétés, conseiller d’entreprises et d’institutions, il a consacré l’essentiel de son travail à éclairer les changements majeurs de nos sociétés, d’abord dans le domaine de l’économie (Le nouvel âge des marchés français, Les Djinns, 1990 ; Le devoir de gestion, Les Djinns, 1996), de l’écologie et des sciences humaines (L’avènement du Corps, Produire le Monde, Gallimard, 2004 et 2006), de la politique et de la géopolitique (Le renversement du monde et La grande séparation, Gallimard, 2010 et 2013 ; Le mur de l’Ouest n’est pas tombé, PG de Roux, 2015 ; Le gouvernement du Désir, Gallimard, 2016 et Le moment politique, Editions du Rocher, 2018).

Découvrez 15 citations d’Hervé Juvin

Le dépassement de notre système du monde est nécessaire et urgent…

« Le dépas­se­ment de notre sys­tème du monde est néces­saire et urgent. Ce dépas­se­ment appelle cer­tai­ne­ment celui de l’économie. Il appelle moins le retour du poli­tique […] qu’il n’appelle le retour de socié­tés humaines consti­tuées, conscientes d’elles-mêmes, en charge de leur his­toire et en quête de leur des­tin – des socié­tés auto­nomes. Que les peuples retrouvent les moyens de faire leur his­toire et de faire l’histoire, dans l’échange, dans la curio­si­té, dans la diver­si­té qui est l’expression de la condi­tion poli­tique, et la mon­dia­li­sa­tion et l’économie rede­vien­dront ce qu’elles ont été, de beaux outils à construire les châ­teaux de sable que la marée de l’histoire emporte comme elle veut et quand elle veut. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Nous vivons dans un déni du collectif et du symbolique…

« Nous vivons dans un déni du col­lec­tif et du sym­bo­lique qui confine à la néga­tion de la réa­li­té de la condi­tion humaine et des condi­tions de l’expérience humaine, la pesan­teur, la durée, l’origine, l’appartenance, cette réa­li­té jamais aus­si pré­sente sans doute qu’au moment où elle est refu­sée davan­tage. Nous, Euro­péens, qui avons refu­sé de men­tion­ner l’origine chré­tienne de l’Europe et pré­ten­dons inter­dire à l’Italie d’accrocher des cru­ci­fix dans ses écoles, fai­sons comme si l’argent fai­sait socié­té, comme si la bulle de l’assistance et de l’argent public pou­vait rem­pla­cer la fron­tière, oublier l’origine et se sub­sti­tuer à l’unité poli­tique. Et nous, Fran­çais, fai­sons comme si ce n’était pas les arrière-petits-enfants des esclaves de la traite, les des­cen­dants loin­tains des royaumes et des empires assu­jet­tis et rui­nés, qui nous demandent des comptes en rai­son des liens, des ori­gines et du sang ! Ils ont été ceux que nous serons, expul­sés de notre ori­gine, inter­dits de notre iden­ti­té, sus­pec­tés de résis­tance à notre dis­pa­ri­tion, rebelles à deve­nir colo­nie de nos colo­nies. L’étrange consen­te­ment de l’Europe à sa fin n’est pas étran­ger aux attaques dont elle fait l’objet : le par­tage des dépouilles attire les appé­tits… »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Dans les faits, plus la prétention de l’économie à sortir

« Dans les faits, plus la pré­ten­tion de l’économie à sor­tir de la mai­son pour deve­nir mon­diale se tra­duit par des normes, des règles et des formes uniques, plus la réa­li­té s’en éloigne, plus la véri­té s’enfuit comme du sable entre les doigts de ceux qui savent bien que les règles et les formes sont tout ce dont la vie s’échappe. […] Vu depuis le monde qui vient, notre sys­tème du monde est d’abord carac­té­ri­sé par la naï­ve­té de la rai­son, qui le conduit à balayer ce qu’il ne com­prend pas, à consi­dé­rer insi­gni­fiant et même inexis­tant ce qu’il n’explique pas, même si des siècles ou des mil­lé­naires l’ont vali­dé, comme si ce qui paraît ne pas avoir de sens ne fai­sait pas sens. Croire que ce qui est bon pour nous l’est pour les autres abou­tit à pro­mettre à ceux qui ne l’ont pas vécue qu’ils pour­ront repro­duire la sin­gu­lière aven­ture de l’Europe et de l’Occident : le simple bon sens suf­fit pour sen­tir la vani­té, plus encore, la faute de cette pro­messe. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Le premier instinct humain est l’instinct de survie…

« Le pre­mier ins­tinct humain est l’instinct de sur­vie, et cet ins­tinct emporte tout sur son pas­sage ; nous aurions dû apprendre pour tou­jours ce que la peur pour l’espace vital peut déclen­cher dans un peuple qui pou­vait se récla­mer de la plus haute civi­li­sa­tion du monde, nous aurons demain à apprendre ce que la réa­li­té des menaces pour l’espace vital et la digni­té des hommes peut pro­vo­quer chez ceux qui se sen­ti­ront mena­cés dans leur sur­vie par la sur­po­pu­la­tion et l’entassement humain du futur. La loi de l’intérêt indi­vi­duel, les pas­sions de toute nature ne sont que les habillages que l’abondance per­met d’élaborer autour de cette pas­sion simple : sur­vivre. Il est pos­sible que la science poli­tique de demain ait à oublier bien des véri­tés qui n’étaient que le fait de la richesse, de la sûre­té du len­de­main et de la sur­vie, pour redé­cou­vrir quelques aspects des socié­tés humaines que nous avons depuis long­temps oubliés. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Le temps est venu d’oublier le compromis néo-libéral…

« Le temps est venu d’oublier le com­pro­mis néo-libé­ral qui a per­mis à l’économie de satu­rer l’horizon du pos­sible, à la repré­sen­ta­tion éco­no­mique de faire alliance avec l’État pour sub­sti­tuer au débat poli­tique l’arbitrage des inté­rêts indi­vi­duels, pour saper les iden­ti­tés et les pré­fé­rences natio­nales au béné­fice de la régu­la­tion par le mar­ché mon­dia­li­sé. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

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