Aucune civilisation n’a jamais échappé à l’apologétique de la femme…

« Aucune civi­li­sa­tion n’a jamais échap­pé à l’a­po­lo­gé­tique de la femme, à part quelques rares socié­tés de jeunes mâles guer­riers et ardents, dont l’a­po­théose et le déclin ont été aus­si rapides que brefs, telles que les civi­li­sa­tions pédé­ras­tiques des Nini­vites et des Baby­lo­niens, plu­tôt consom­ma­trices que créa­trices, qui ne connais­saient nul frein à leur acti­vi­té fié­vreuse, nulle limite à leur appé­tit énorme, nulle borne à leurs besoins, et qui se sont pour ain­si dire dévo­rées elles-mêmes en dis­pa­rais­sant sans lais­ser de traces, ain­si que meurent toutes les civi­li­sa­tions para­si­taires en entraî­nant tout un monde der­rière elles. »

Blaise Cen­drars
Mora­va­gine, 1926, édi­tions Gras­set, coll. Le Livre de Poche, 1956

L’émergence d’une culture…

« L’émergence d’une culture est tou­jours inti­me­ment liée à un ter­ri­toire, ce qui implique la notion de fron­tière, de limite : toute culture est le pro­duit de l’histoire d’un peuple don­né, c’est-à-dire d’un groupe humain par­ti­cu­lier sur un espace géo­gra­phique déli­mi­tée. Fron­tières et limites ne doivent pas être per­çues comme des car­cans qui nous enferment, mais comme les condi­tions d’existence des cultures humaines dans leur diver­si­té. »

Hen­ri Levavasseur
« Nature, culture, géné­tique : une anthro­po­lo­gie réa­liste pour une éco­lo­gie à l’en­droit », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Nous vivons l’époque des évidences oubliées…

« Nous vivons l’époque des évi­dences oubliées. Répé­tons-nous donc. La nature, c’est tout ce qui, dans l’univers, n’est pas fait de main d’homme. Tout ce que homo faber, dans son obses­sion du contrôle total, ne contrôle, jus­te­ment, pas.
La nature autour et en face de nous est la limite de notre pou­voir sur la matière, sur le monde et sur notre propre des­tin. »

Slo­bo­dan Despot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Avec ou sans arme…

« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources néces­saires : la forêt enchan­tée, le silence, les mys­tères du sang sau­vage, l’ancien com­pa­gnon­nage cla­nique. Avec l’enfantement, la mort et les semailles, la chasse est peut-être le der­nier rite pri­mor­dial à échap­per par­tiel­le­ment aux défi­gu­ra­tions et mani­pu­la­tions d’une mor­telle déme­sure. »

Domi­nique Venner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Si le mouvement écologique est une prise de conscience…

« Si le mou­ve­ment éco­lo­gique est une prise de conscience de la déme­sure tech­no­lo­gique, cette conscience devrait s’étendre aux limites inhé­rentes à la condi­tion humaine et ne pas adhé­rer aux pro­jets divers mais conver­gents, qui vou­draient s’en prendre à la condi­tion sexuée, à l’énigme de la nais­sance et à la condi­tion mor­telle, qui favo­risent le carac­tère inter­chan­geable de toute chose et de tout être. Je constate aus­si qu’une autre branche de l’écologie, qui s’exprime chez les défen­seurs de la cause ani­male”, mani­feste fré­quem­ment une véri­table haine de l’humanité. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Limite, foyer, prudence, beauté : tels devraient être les points cardinaux d’une écologie authentique…

« Limite, foyer, pru­dence, beau­té : tels devraient être les points car­di­naux d’une éco­lo­gie authen­tique. Il fau­drait lui en ajou­ter une cin­quième : l’écologie de la conscience, c’est-à-dire le droit de pré­ser­ver son âme de la publi­ci­té, du bruit, de la pol­lu­tion lumi­neuse et de tout ce qui dans le monde moderne conspire contre toute forme de vie inté­rieure” (Ber­na­nos). »

Eugé­nie Bastié
« Pour un sou­ve­rai­nisme vert », Front Popu­laire n°1, été 2020

L’écologie est une invitation à la cohérence…

« L’écologie est une invi­ta­tion à la cohé­rence. Il est invrai­sem­blable que cer­tains éco­lo­gistes défendent la PMA géné­ra­li­sée tout en s’opposant fer­me­ment aux OGM. Ou pro­clament le droit à la pré­ser­va­tion des peuples autoch­tones d’Amazonie tout en prô­nant l’ouverture totale des fron­tières pour les peuples occi­den­taux. Le no-bor­de­risme, tout comme la sur­en­chère socié­tale, sont incom­pa­tibles avec une éco­lo­gie authentique. »

Eugé­nie Bastié
« Pour un sou­ve­rai­nisme vert », Front Popu­laire n°1, été 2020

C’est aussi en posant des limites à notre emprise…

« Ce n’est pas sim­ple­ment en vou­lant opti­mi­ser nos rela­tions avec notre habi­tat (par une ges­tion durable des éco­sys­tèmes) que nous nous sau­ve­rons. C’est aus­si en posant des limites à notre emprise, en res­pec­tant l’espace du sau­vage pour ce qu’il est, en posant un regard gra­tuit et, en un sens, fra­ter­nel sur le loup, le lynx et l’ours des Pyré­nées, sur le san­glier et le cra­paud accou­cheur, sur la chouette de teng­malm et l’azuré des paluds. Ain­si seule­ment, nous appro­che­rons peut-être, un peu mieux, ce que nous sommes et la signi­fi­ca­tion de notre appar­te­nance au monde. Médi­tons les vers d’Hölderlin : C’est en poète que l’homme habite sur cette terre.” »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

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