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Citations sur la chasse

Citations sur la chasse : découvrez 13 citations de Dominique Venner, Éric Grolier, Jean Mabire, Homère, Henri Vincenot, Ernst Jünger

Méditant sur l’urbanisation extrême…

« Médi­tant sur l’urbanisation extrême de nos socié­tésl’agriculture tech­ni­cienne a rom­pu elle-même le lien immé­mo­rial avec la nature, le socio­logue Ber­nard Her­vieu en arrive à pen­ser que les chas­seurs et les pêcheurs sont les seuls à pré­ser­ver un lien cultu­rel indis­pen­sable avec l’animal, la proie, la vie et la mort. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Avec ou sans arme…

« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources néces­saires : la forêt enchan­tée, le silence, les mys­tères du sang sau­vage, l’ancien com­pa­gnon­nage cla­nique. Avec l’enfantement, la mort et les semailles, la chasse est peut-être le der­nier rite pri­mor­dial à échap­per par­tiel­le­ment aux défi­gu­ra­tions et mani­pu­la­tions d’une mor­telle déme­sure. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Jamais je ne serai blasé devant la découverte…

« Jamais je ne serai bla­sé devant la décou­verte sou­daine de la proie, devant la décou­verte mira­cu­leuse de la sau­va­ge­rie. Je m’abandonnai béa­te­ment à la jouis­sance de sur­prendre sans être sur­pris. Tou­jours en ces ins­tants m’inonde une exci­ta­tion volup­tueuse mêlée de gra­ti­tude. Moi, médiocre et lourd bipède civi­li­sé, sans vue per­çante ni odo­rat sub­til, pour une seconde ou une minute, je suis maître du jeu, non par force mais par ruse et chance, à l’exemple de mon ancêtre à l’épieu de bois dur­ci. Que je sois un maître déri­soire, je le sais bien. Ici, je ne suis qu’un intrus, trop géné­reu­se­ment tolé­ré par les divi­ni­tés de la forêt. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

À proximité des nuits précédant Noël…

« À proxi­mi­té des nuits pré­cé­dant Noël ou les équi­noxes, périodes rituelles de tran­si­tion et nuits de tem­pête pro­pices aux déploie­ments ima­gi­na­tifs, on voyait se déchaî­ner dans les cieux tour­men­tés une che­vau­chée fan­tas­tique qu’Henri Heine a décrite dans un bref poème :

C’est l’heure où les esprits
Font leur Chasse sau­vage…
Hal­loh ! Hus­sa ! Hen­nis­se­ments aigus,
Cla­que­ment des fouets, mugis­se­ment des cors.
Et les abois, et les cris, et les éclats de rire
Font rai­son­ner l’espace »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

La nature n’est pas seulement sentiment d’appartenance ou motif d’exaltation…

« La nature n’est pas seule­ment sen­ti­ment d’appartenance ou motif d’exaltation.
Elle est le siège de puis­sances, béné­fiques ou malé­fiques, qu’il convient avant toute chose de se conci­lier. Ce fut le rôle de l’animisme et de ses légions d’initiés arpen­tant l’espace euro­péen pen­dant trente, cin­quante, cent mille ans. Les sor­ciers peints dans les grottes, à l’origine peut-être des figures d’Odhinn-Wotan (Odhinn qui reçut les runes sus­pen­du à un arbre et la sagesse en buvant à une source, Odhinn et sa Chasse sau­vage !) et plus tard de Mer­lin-Myrd­din, étaient entiè­re­ment liés à la nature qu’ils inter­ro­geaient, uti­li­saient et conju­raient. »

Éric Gro­lier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Voici 8 000 ans commençait pour nous l’aventure néolithique…

« Voi­ci 8 000 ans com­men­çait pour nous l’aventure néo­li­thique. Je l’appelais révo­lu­tion parce que j’y dis­cer­nais l’apparition d’un état d’esprit nou­veau. La volon­té y tenait la pre­mière place et elle n’allait pas ces­ser de domi­ner notre monde, jusqu’à l’avènement des idées sui­ci­daires aujourd’hui à la mode. Pas­ser de la cueillette et de la chasse à l’agriculture et à l’élevage repré­sente un bond en avant pro­di­gieux. En un sens, dans cette plaine nor­dique si cruelle aux pay­sans aux prises avec un cli­mat impi­toyable, c’était un défi qui rejoi­gnait la légende hel­lène de Pro­mé­thée déro­bant le feu aux dieux. »

Jean Mabire
Thu­lé : le soleil retrou­vé des Hyper­bo­réens, édi­tions Robert Laf­font, 1977

En parcourant le camp, Achille fait armer…

« En par­cou­rant le camp, Achille fait armer ses guer­riers myr­mi­dons. On croi­rait voir des loups car­nas­siers, le cœur plein d’une indi­cible ardeur, qui vont dans la mon­tagne atta­quer le grand cerf ramé, puis le dévorent – de tous, le sang rou­git alors les bajoues ; en bande, ils vont laper l’eau noire d’une source avec leurs langues minces, tout en cra­chant le sang de la bête égor­gée, car, si leur cœur reste intré­pide en leur poi­trine, leur ventre est oppres­sé : ain­si, les conduc­teurs et les chefs des Myr­mi­dons accourent tous auprès du vaillant écuyer d’Achille aux pieds rapides. Au milieu d’eux se tient l’Eacide fou­gueux ; il sti­mule les chars et les hommes en armes. »

Homère
Iliade, Chant XVI, Pré­pa­ra­tifs des Myr­mi­dons, vers 800 – 725 av. notre ère

Comme le chien loup de Jack London, je ne peux résister…

« Comme le chien loup de Jack Lon­don, je ne peux résis­ter long­temps à l’appel de la forêt. Le besoin que j’ai d’elle s’enracine dans ma part ani­male autant que dans ma spi­ri­tua­li­té. L’une n’allant pas sans l’autre. Je ne me « pro­mène » pas en forêt. Mar­chant par les taillis et les futaies, je vais à la ren­contre de mes ori­gines et de mon éter­ni­té. Bien que domes­ti­qué par l’homme, la forêt conserve son mys­tère. Il suf­fit pour cela d’attendre la chute du jour et les angoisses du cycle noc­turne, domaine d’Artémis, la tou­jours jeune, dont les che­veux d’or s’ornent du crois­sant de lune. »

Domi­nique Ven­ner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Si l’art des chasseurs des premiers âges nous émeut tant…

« Si l’art des chas­seurs des pre­miers âges nous émeut tant et nous parle un lan­gage plus fort que celui de l’Orient ancien ou même récent, c’est sans doute un signe qu’y vivent l’esprit de notre esprit, la liber­té de notre liber­té. »

Ernst Jün­ger
Le nœud gor­dien (Der Gor­dische Kno­ten), 1953, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1981

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