Un cycle idéologique s’achève…

« Un cycle idéo­lo­gique s’a­chève. La capa­ci­té de mobi­li­sa­tion d’i­dées popu­la­ri­sées il y a plus de trente ans, et chères aux hommes au pou­voir qui y ont été for­més, est en crise. En témoigne la mon­tée de peurs. Sur fond de fin du monde (que les col­lap­so­logues ou éco­lo­gistes durs nous pro­mettent pour dans trente ans si nous ne nous repen­tons pas et ne nous cor­ri­geons pas), s’af­frontent ceux qui craignent la fin de leur monde, indi­vi­dua­liste, ouvert et cool et ceux qu’ob­sède leur propre dis­pa­ri­tion comme nation, comme civi­li­sa­tion ou comme peuple. »

Fran­çois-Ber­nard Huyghe
L’art de la guerre idéo­lo­gique, édi­tions du Cerf, 2019

Le progrès pose des définitions…

« Le ratio­na­lisme pro­gres­siste s’accommode de tout. Il ignore la nature des choses comme il ignore l’instinct. Le « pro­grès » pose des défi­ni­tions. Il ne voit pas l’animal et ses lois. Et tout peut sor­tir des défi­ni­tions. L’élasticité morale du monde moderne est infi­nie, ses formes d’expression également. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Fonctionnel est un mot sublime…

« Ils sont fonc­tion­nels, disent les tech­ni­ciens. Fonc­tion­nel est un mot sublime qui signi­fie tou­jours que vous ne comp­tez pas et que vous pou­vez constam­ment être rem­pla­cé par la même uni­té humaine propre à rem­plir les mêmes fonctions. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Un objet parmi d’autres…

« Fonc­tion­nel signi­fie qu’on vous traite comme un objet par­mi d’autres, mais aus­si que l’objet que vous êtes pose des pro­blèmes qu’on doit résoudre par des solu­tions simples et éco­no­miques. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Le plus pénible du monde moderne…

« Le témoi­gnage le plus impor­tant et le plus pénible du monde moderne, celui qui ras­semble peut-être tous les autres témoi­gnages que cette époque se trouve char­gée d’assumer […] est le témoi­gnage de la dis­so­lu­tion, de la dis­lo­ca­tion ou de la confla­gra­tion de la com­mu­nau­té. »

Jean-Luc Nan­cy
La com­mu­nau­té dés­œu­vrée, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2004

Puis-je dire je de cet individu abstrait…

« Puis-je dire je de cet indi­vi­du abs­trait, bon sau­vage et pro­me­neur soli­taire, sans pas­sé, sans ave­nir, sans attaches, sans chair, sur qui est des­cen­du le feu d’une Pen­te­côte qui n’unit point : sa liber­té sou­ve­raine. Le monde moderne l’a vou­lu suf­fi­sant comme un dieu, léger de tous liens et vivant du pré­cieux dérou­le­ment de sa spon­ta­néi­té. Il s’est repré­sen­té le dévoue­ment, la com­mu­nion, le don sous l’image gros­siè­re­ment spa­tiale de l’extériorité et s’est per­sua­dé, en rejoi­gnant son égoïsme fon­cier par une habile déli­ca­tesse morale, que tout rap­port avec l’autre est une odieuse contrainte […]. On veut l’individu si léger et inté­rieur à lui-même que ses propres déci­sions l’importunent. Il sent peser même son poids, sa volon­té lui est à charge et avec elle toute fidé­li­té à une épais­seur de temps. »

Emma­nuel Mounier
« Pour une réha­bi­li­ta­tion de la com­mu­nau­té », in Kri­sis n°16, juin 1994

Par la chasse, je fais retour à mes sources nécessaires…

« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources néces­saires : la forêt enchan­tée, le silence, le mys­tère du sang sau­vage, l’ancien com­pa­gnon­nage cla­nique. À mes yeux, la chasse n’est pas un sport. C’est un rituel néces­saire où cha­cun, pré­da­teur ou proie, joue la par­ti­tion que lui impose sa nature. Avec l’enfantement, la mort et les semailles, je crois que la chasse, si elle est vécue dans les règles, est le der­nier rite pri­mor­dial à échap­per par­tiel­le­ment aux défi­gu­ra­tions et mani­pu­la­tions de la moder­ni­té ration­nelle et scientifique. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Notre temps présente tous les caractères du Bas empire expirant…

« Notre temps pré­sente tous les carac­tères du Bas empire expi­rant : en pre­mière ligne, dis­lo­ca­tion de la famille et déna­ta­li­té ; dégra­da­tion fou­droyante des mœurs ; infil­tra­tions bar­bares. Et, paral­lè­le­ment, nébu­leuse de « noyaux de san­té » (Gus­tave Thi­bon), pierre d’attente du monde qui naît, timides indices d’un « retour au réel », ébauche de ce Nou­veau Moyen Âge pro­phé­ti­sé il y a plus de soixante ans par Nico­las Ber­diaeff. »

Ray­mond Delatouche
Le pay­san révol­té : entre­tiens avec Ray­mond Dela­touche, édi­tions Mame, coll. Tra­jec­toires, 1993

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