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Citations sur la modernité

Les catholiques modernes haïssent l’Art…

« Les catho­liques modernes haïssent l’Art d’une haine sau­vage, atroce, inex­pli­cable. Sans doute, il n’est pas beau­coup aimé, ce pauvre art, dans la socié­té contem­po­raine et je m’extermine à le répé­ter. Mais les excep­tions heu­reuses, devraient, semble-t-il, se ren­con­trer dans ce lignage de la grande Cou­veuse des intel­li­gences à qui le monde est rede­vable de ses plus écla­tants chefs‑d’œuvre.
Or, c’est exac­te­ment le contraire. Par­tout ailleurs, c’est le simple mépris du Beau, chez les catho­liques seuls, c’est l’exécration. On dirait que ces âmes médiocres, en aban­don­nant les héroïsmes anciens pour les ver­tus rai­son­nables et tem­pé­rées que d’accommodants pas­teurs cer­ti­fient suf­fi­santes, ont rem­pla­cé, du même coup, la détes­ta­tion sur­an­née du mal par l’unique hor­reur de ce miroir de leur misère que tout pos­tu­la­teur d’idéal leur pré­sente implacablement. »

Léon Bloy
Un bre­lan d’excommuniés, Albert Savine édi­teur, 1889

Il n’y a nulle part où aller…

« Mais ce qu’il y a de par­ti­cu­liè­re­ment hor­rible dans le monde actuel, c’est que toute cette sata­née his­toire se passe dans un mou­choir de poche. Il n’y a nulle part où aller. […] Il y a seule­ment un point posi­tif : l’habitude gran­dis­sante qu’ont les hommes mécon­tents à dyna­mi­ter les usines et les cen­trales élec­triques ; j’espère que cela, main­te­nant que c’est encou­ra­gé comme un acte de patrio­tisme”, pour­ra res­ter une habi­tude ! Mais cela ne sera aucu­ne­ment pro­fi­table si ce n’est pas universel. »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°52, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

Ce n’est pas la nouveauté qui nous désenchante…

« Ce n’est pas la nou­veau­té qui nous désen­chante, c’est au contraire le règne fas­ti­dieux de l’in­no­va­tion, de la confu­sion inces­sam­ment renou­ve­lée, c’est ce kaléi­do­scope tour­nant d’ins­tan­ta­néi­tés uni­ver­selles qui nous fait vivre sans pers­pec­tives de temps ou d’es­pace comme dans les rêves ; c’est l’au­to­ri­ta­risme du chan­ge­ment qui s’é­tonne de nous voir encore atta­chés à la nou­veau­té qu’il recom­man­dait hier, quand il en a une autre à nous impo­ser et qui empile à la va-vite ses pro­grès tech­niques les uns sur les autres sans faire atten­tion que nous sommes là-dessous. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

Péguy a été un prophète…

« Péguy a été un pro­phète. L’argent a tou­jours joué un rôle dans la vie des socié­tés, bien enten­du, mais il coexis­tait avec d’autres sys­tèmes, le sys­tème de l’honneur dans les classes aris­to­cra­tiques, le sys­tème de la soli­da­ri­té dans les classes popu­laires, le sys­tème de la cha­ri­té dans l’ordre chré­tien. Ce que Péguy appelle le monde moderne, c’est le moment où le sys­tème de l’argent l’emporte défi­ni­ti­ve­ment sur tous les autres et devient l’étalon uni­ver­sel. Le capi­ta­lisme, de ce point de vue, est moins le sys­tème de l’appropriation pri­vée des moyens de pro­duc­tion que le sys­tème de l’équivalence uni­ver­selle repré­sen­tée par l’argent. »

Jacques Jul­liard
« Pour­quoi la gauche s’ef­fondre », Élé­ments n°159, mars 2016

Un cycle idéologique s’achève…

« Un cycle idéo­lo­gique s’a­chève. La capa­ci­té de mobi­li­sa­tion d’i­dées popu­la­ri­sées il y a plus de trente ans, et chères aux hommes au pou­voir qui y ont été for­més, est en crise. En témoigne la mon­tée de peurs. Sur fond de fin du monde (que les col­lap­so­logues ou éco­lo­gistes durs nous pro­mettent pour dans trente ans si nous ne nous repen­tons pas et ne nous cor­ri­geons pas), s’af­frontent ceux qui craignent la fin de leur monde, indi­vi­dua­liste, ouvert et cool et ceux qu’ob­sède leur propre dis­pa­ri­tion comme nation, comme civi­li­sa­tion ou comme peuple. »

Fran­çois-Ber­nard Huyghe
L’art de la guerre idéo­lo­gique, édi­tions du Cerf, 2019

Le progrès pose des définitions…

« Le ratio­na­lisme pro­gres­siste s’accommode de tout. Il ignore la nature des choses comme il ignore l’instinct. Le « pro­grès » pose des défi­ni­tions. Il ne voit pas l’animal et ses lois. Et tout peut sor­tir des défi­ni­tions. L’élasticité morale du monde moderne est infi­nie, ses formes d’expression également. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Fonctionnel est un mot sublime…

« Ils sont fonc­tion­nels, disent les tech­ni­ciens. Fonc­tion­nel est un mot sublime qui signi­fie tou­jours que vous ne comp­tez pas et que vous pou­vez constam­ment être rem­pla­cé par la même uni­té humaine propre à rem­plir les mêmes fonctions. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Un objet parmi d’autres…

« Fonc­tion­nel signi­fie qu’on vous traite comme un objet par­mi d’autres, mais aus­si que l’objet que vous êtes pose des pro­blèmes qu’on doit résoudre par des solu­tions simples et éco­no­miques. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Le plus pénible du monde moderne…

« Le témoi­gnage le plus impor­tant et le plus pénible du monde moderne, celui qui ras­semble peut-être tous les autres témoi­gnages que cette époque se trouve char­gée d’assumer […] est le témoi­gnage de la dis­so­lu­tion, de la dis­lo­ca­tion ou de la confla­gra­tion de la com­mu­nau­té. »

Jean-Luc Nan­cy
La com­mu­nau­té dés­œu­vrée, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2004

Gouverné par les robots…

« Le pou­voir ne rési­de­ra plus dans l’homme mais dans la machine, et un homme, choi­si au hasard, pour­ra la faire fonc­tion­ner. […] Dans un monde gou­ver­né par les robots, il ne s’agit que d’une ques­tion de temps avant que le som­met même ne soit rem­pla­cé par un robot. »

Giu­lia­no da Empoli
Le mage du Krem­lin, édi­tions Gal­li­mard, 2022

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