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Citations sur la modernité

Chaque fois que les règles de l’alternance unique…

« Chaque fois que les règles de l’alternance unique conduisent à confier de nou­veau à un pou­voir de gauche le soin de gérer loya­le­ment le capi­ta­lisme”, on peut être sûr que ce der­nier ne man­que­ra pas de dis­si­mu­ler cette ges­tion libé­rale sous un flux conti­nu de réformes dites socié­tales” (mariage pour tous, vote des étran­gers, dépé­na­li­sa­tion du can­na­bis, lutte contre l’ac­cent cir­con­flexe, etc.). »

Jean-Claude Michéa
Notre enne­mi, le capi­tal. Notes sur la fin des jours tran­quilles, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2017

Des contrefaçons de virilité n’ont jamais fait la virilité…

« Des contre­fa­çons de viri­li­té n’ont jamais fait la viri­li­té. La viri­li­té s’éprouve sur les champs de bataille, dans la rue, l’arène, le dur com­bat de la vie, pas au saut à l’élastique, ni devant une glace qui ren­voie à Nar­cisse l’image d’un tau­reau fumant, alors qu’il sait au fond de lui n’être qu’un bœuf impuissant. »

Fran­çois Bousquet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Les effets politiquement catastrophiques de la croyance…

« Ce n’est que de nos jours, qu’il est pos­sible de com­men­cer à mesu­rer exac­te­ment les effets poli­ti­que­ment catas­tro­phiques de la croyance au carac­tère conser­va­teur de l’ordre éco­no­mique et libé­ral. C’est ce pos­tu­lat insen­sé qui, depuis trente ans, n’a ces­sé de conduire méca­ni­que­ment la plu­part des mili­tants de gauche, à tenir l’a­dop­tion a prio­ri de n’im­porte quelle pos­ture moder­ni­sa­trice ou pro­vo­ca­trice — que ce soit sur un plan tech­no­lo­gique, moral ou autre — pour un geste qui serait tou­jours, et par défi­ni­tion, révo­lu­tion­naire”, et anti-capi­ta­liste” ; ter­rible confu­sion qui, il est vrai, a tou­jours eu l’in­com­pa­rable avan­tage psy­cho­lo­gique d’au­to­ri­ser ceux qui s’y sou­met­taient, à vivre leur propre obéis­sance à l’ordre indus­triel et mar­chand comme une moda­li­té exem­plaire de la rebel attitude”. »

Jean-Claude Michéa
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’im­pos­si­bi­li­té de dépas­ser le capi­ta­lisme sur sa gauche, 2002, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs essais, 2006

La mort a disparu de la cité…

« La mort a dis­pa­ru de la cité, autant que de la vie quo­ti­dienne. Elle a été exfil­trée vers des endroits spé­cia­li­sés. Elle qui était si fami­lière aux humains, si mêlée à leur vie quo­ti­dienne jusqu’ici. La mort – qui a long­temps été un évé­ne­ment public – s’est reti­rée dans la sphère pri­vée et a dis­pa­ru de la cité. Des contem­po­rains atteignent désor­mais la cin­quan­taine sans avoir vu un cadavre de leur vie. »

Robert Rede­ker
« Véri­tés sur la mort à l’heure du trans­hu­ma­nisme », Élé­ments n°170, février 2018

Il y a des caméras partout. C’est la manie de notre époque…

« Il y a des camé­ras par­tout. C’est la manie de notre époque. Espion­ner les gens. Les sur­veiller. Et ils en rede­mandent, les cons ! L’impression d’être en sécu­ri­té ! C’est pas ça qui les empê­che­ra d’être volés, vio­lés, bat­tus. Ça aide à retrou­ver les cou­pables il paraît. La belle affaire. Ça ne te rend pas ta gueule, ni ton pognon, ni ta virginité. »

Erik L’Homme
Déchi­rer les ombres, édi­tions Cal­mann-Lévy, 2018

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objective. »

Gus­tave Thibon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Le plus terrible exemple d’hybris contemporain…

« La faute suprême est ce que les Grecs, nos maîtres, appe­laient l’hybris, la déme­sure […] Le plus ter­rible exemple d’hybris contem­po­rain, ce sont les tota­li­ta­rismes modernes qui, à force de vou­loir chan­ger l’homme”, ne font que l’avi­lir. »

Chris­to­pher Gérard
La Source pérenne, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2007

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