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Citations sur la modernité

On ne saurait refonder l’action politique…

« On ne sau­rait refon­der l’ac­tion poli­tique sans s’ar­ra­cher men­ta­le­ment à tout ce qui inhibe la parole publique, sans se révol­ter contre l’é­touf­fe­ment de la liber­té d’ex­pres­sion, sans se révol­ter non plus contre ce qui empêche l’ac­tion publique. Il est pro­ba­ble­ment néces­saire de sor­tir de la mytho­lo­gie pro­gres­siste pour renouer avec un débat poli­tique qui ne dis­qua­li­fie pas à l’a­vance ceux qui confessent leur scep­ti­cisme devant la dyna­mique de la moder­ni­té. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

L’homme lutte, se démène, navigue…

« L’homme lutte, se démène, navigue au rebours des élé­ments, se bat mais ne pra­tique pas cette acti­vi­té si car­té­sienne, si moderne, si fran­çaise : récri­mi­ner contre son sort, cher­cher des cou­pables à sa propre faillite, se défaus­ser de ses res­pon­sa­bi­li­tés et bar­bouiller fina­le­ment un mur avec son petit pin­ceau pour expli­quer au monde qu’il est inter­dit d’interdire”. Cette capa­ci­té d’accueillir ce qui doit adve­nir rend l’homme grec fort. Fort parce que disponible. »

Syl­vain Tesson
Un été avec Homère, Édi­tions des Équa­teurs, 2018

Ce tournant exigera de nous une flamme spirituelle…

« Le monde, aujourd’hui, est à la veille sinon de sa propre perte, du moins d’un tour­nant de l’Histoire qui ne le cède en rien en impor­tance au tour­nant du Moyen Âge sur la Renais­sance : ce tour­nant exi­ge­ra de nous une flamme spi­ri­tuelle, une mon­tée vers une nou­velle hau­teur de vues, vers un nou­veau mode de vie où ne sera plus livrée à la malé­dic­tion, comme au Moyen Âge, notre nature phy­sique, mais où ne sera pas non plus fou­lée aux pieds, comme dans l’ère moderne, notre nature spirituelle. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

L’argent est le maître de l’homme d’État…

« Le monde moderne a créé une situa­tion nou­velle, nova ab inte­gro. L’argent est le maître de l’homme d’État comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magis­trat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’État comme il est le maître de l’é­cole. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé. »

Charles Péguy
Note conjointe sur M. Des­cartes et la phi­lo­so­phie car­té­sienne, 1914, in Œuvres com­plètes, Tome IX : Œuvres post­humes, édi­tions de la Nou­velle Revue Fran­çaise, 1924

Je n’ai jamais été attiré par l’absolutisme des religions monothéistes…

« Je me suis tou­jours ins­tinc­ti­ve­ment méfié du monde désen­chan­té ven­du par la socié­té occi­den­tale moderne comme l’étape ultime d’une libé­ra­tion per­son­nelle. D’un autre côté, je n’ai jamais été atti­ré par l’absolutisme des reli­gions monothéistes.
Chez les Kalash, j’ai décou­vert un paga­nisme jubi­la­toire, chaud et vivant, s’adressant au cœur et tou­chant l’âme. J’ai eu alors le regret sin­cère et pro­fond, que cette façon de voir et de vivre, qui était aus­si la nôtre de nom­breux siècles plus tôt, ait disparu. »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

Nul ne peut plus mener sa vie autrement…

« […] cet âge (l’âge adulte) où l’on pèse cha­cun de ses actes, où l’on brime son cœur, où l’on tue son âme, où l’on se tra­hit à chaque ins­tant, car nul ne peut plus mener sa vie autre­ment, en ces temps qui sont les nôtres. »

Jean Ras­pail
Sire, Édi­tions de Fal­lois, 1991

La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’éternité…

« La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’é­ter­ni­té. Et c’est pré­ci­sé­ment ce que pro­fesse la phi­lo­so­phie nais­sante face à la sophis­tique : quand l’in­tel­li­gence n’a d’autre but que de chan­ger aus­si vite que les ombres qui passent, elle devient incon­sis­tante comme elles et tout aus­si infé­conde. De la même manière, quand le pro­gres­sisme moderne s’e­nor­gueillit d’être l’art d’é­pou­ser au mieux le mou­ve­ment, quand il consi­dère par prin­cipe qu’il faut chan­ger, bou­ger, évo­luer, alors il détruit la pos­si­bi­li­té de tout pro­grès authentique. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

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