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Thème

Citations sur la modernité

L’homme moderne est l’esclave de la modernité…

« L’homme moderne est l’esclave de la moder­ni­té : il n’est point de pro­grès qui ne tourne à sa plus com­plète ser­vi­tude. Le confort nous enchaîne. La liber­té de la presse et les moyens trop puis­sants dont elle dis­pose nous assas­sinent de cla­meurs impri­mées, nous percent de nou­velles à sen­sa­tions. La publi­ci­té, un des plus grands maux de ce temps, insulte nos regards, fal­si­fie toutes les épi­thètes, gâte les pay­sages, cor­rompt toute qua­li­té et toute cri­tique, exploite l’arbre, le roc, le monu­ment et confond sur les pages que vomissent les machines, l’assassin, la vic­time, le héros, le cen­te­naire du jour et l’enfant martyr.
Tout ceci nous vise au cer­veau. Il fau­dra bien­tôt construire des cloîtres rigou­reu­se­ment iso­lés, où ni les ondes, ni les feuilles n’entreront ; dans les­quels l’ignorance de toute poli­tique sera pré­ser­vée et culti­vée. On y mépri­se­ra la vitesse, le nombre, les effets de masse, de sur­prise, de contraste, de répé­ti­tions, de nou­veau­té et de cré­du­li­té. C’est là qu’à cer­tains jours on ira, à tra­vers les grilles, consi­dé­rer quelques spé­ci­mens d’hommes libres. »

Paul Valé­ry
Regards sur le monde actuel, Librai­rie Stock, 1931, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio Essais, 1988

De tels plaisirs, ceux des excès du luxe, de la table, de la sexualité…

« De tels plai­sirs, ceux des excès du luxe, de la table, de la sexua­li­té et la paresse d’esprit et de corps que de telles occu­pa­tions ter­restres entraînent à leur suite, ne peuvent don­ner qu’une socié­té alan­guie, oublieuse des devoirs qu’elle a envers elle-même et de ceux qu’elle a envers Dieu. »

Marc Froi­de­font
Joseph de Maistre. La nation contre les droits de l’homme, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue mémoire, 2023

Désormais, la légalité, érigée comme une injonction de l’« État de droit »…

« Désor­mais, la léga­li­té, éri­gée comme une injonc­tion de l’“État de droit”, doit pré­va­loir et, avec elle, un cer­tain nombre d’impératifs (pré­vi­si­bi­li­té, sécu­ri­té, sta­bi­li­té, clar­té, lisi­bi­li­té de la règle de droit) somme toute très conven­tion­nels dans la psy­ché et la tekh­nè du juriste, mais qui s’avèrent dif­fi­cul­tueux à mettre en pratique. »

Aris­tide Leucate
Aux temps de la jus­tice. En quête des sources pures du droit, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2023

On naît moderne…

« Ce n’est pas seule­ment un déca­lage, c’est un abîme de moder­ni­té qui nous sépare. On naît moderne, on ne le devient pas. Et nous ne le sommes jamais deve­nus. Ce qui saute aux yeux à Paris, c’est le XIXème siècle. Venu de Los Angeles, on atter­rit dans le XIXème siècle. Chaque pays porte une sorte de pré­des­ti­na­tion his­to­rique, qui en marque presque défi­ni­ti­ve­ment les traits. Pour nous, c’est le modèle bour­geois de 89 et la déca­dence inter­mi­nable de ce modèle qui des­sine le pro­fil de notre pay­sage. Rien n’y fait : tout tourne ici autour du rêve bour­geois du XIXème siècle. »

Jean Bau­drillard
Amé­rique, édi­tions Gras­set, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988

On dit que les nouveautés ont toujours suscité de ces réserves…

« On dit que les nou­veau­tés ont tou­jours sus­ci­té de ces réserves et de ces récri­mi­na­tions. On demande – impru­dem­ment à mon avis – ce que nous serions deve­nus si le pro­grès n’é­tait pas­sé outre ces timi­di­tés et avait renon­cé au che­min de fer ou à la télé­vi­sion ; on cite Gali­lée et Pas­teur, la loi iné­luc­table du deve­nir, ain­si qu’il en fut tou­jours”, etc. Je ne dis­cu­te­rai pas main­te­nant ces sophismes : je ne parle pas de ce que les choses ont chan­gé, mais de ce qu’elles ont dis­pa­ru ; de ce que la rai­son mar­chande a détruit entiè­re­ment notre monde pour s’ins­tal­ler à la place. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

Le passé n’a plus de présent parmi nous…

« Le pas­sé n’a plus de pré­sent par­mi nous : l’u­sur­pa­tion mar­chande ne le sup­por­tait pas vivant, habi­té avec du linge aux fenêtres, qui la contre­di­sait tou­jours : cam­pagnes enchan­tées du temps de la trac­tion ani­male, mœurs et usages curieux de ces contrées loin­taines peintes à la main, quar­tiers per­dus, rues pen­sives, pai­sibles mai­sons d’a­vant l’élec­tri­ci­té, chan­sons qu’on chante, pro­fu­sion des siècles ; qui ne sont plus et qui ne revien­dront jamais : jetés tout vivants qu’ils furent dans la chau­dière du pro­grès. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

Il y a chez l’homme moderne un besoin de simplification…

« Il y a chez l’homme moderne un besoin de sim­pli­fi­ca­tion qui tend à se satis­faire par tous les moyens. Et cette mono­to­nie arti­fi­cielle qu’il s’ef­force de créer, et cette mono­to­nie qui enva­hit de plus en plus le monde, cette mono­to­nie est le signe de notre gran­deur. Elle marque l’empreinte d’une volon­té, d’une volon­té uti­li­taire ; elle est l’ex­pres­sion d’une uni­té, d’une loi qui régit toute notre acti­vi­té moderne : la loi de l’utilité. »

Blaise Cen­drars
Mora­va­gine, 1926, édi­tions Gras­set, coll. Le Livre de Poche, 1956

La distinction du possédant et du non-possédant…

« Il est cer­tain que chez la plu­part de nos contem­po­rains la dis­tinc­tion du pos­sé­dant et du non-pos­sé­dant finit par tenir lieu de toutes les autres. Le pos­sé­dant se voit lui-même comme un mou­ton guet­té par le loup. Mais aux yeux du pauvre diable, le mou­ton devient un requin affa­mé qui s’ap­prête à gober une ablette. La gueule san­glante qui s’ouvre à l’ho­ri­zon les met­tra d’ac­cord en les dévo­rant tous ensemble. »

Georges Ber­na­nos
Les grands cime­tières sous la lune, Librai­rie Plon, 1938, coll. Le Livre de Poche, 1977

Les rues nouvelles ne se souviennent pas de nous…

« Ici, où l’é­co­no­mie ration­nelle nous a dépor­tés, tout est de la veille, hâtif, élec­trique et nou­veau, et semble-t-il tru­qué, bruyant et fébrile, qu’une rapide décré­pi­tude emporte. Les rues nou­velles ne se sou­viennent pas de nous, ni les cafés plu­sieurs fois neufs depuis que notre jeu­nesse s’y hasar­dait sui­vant les fan­tômes de l’autre siècle : assis là par­mi cette lai­deur de toc et de clin­quant, de bruits idiots, on s’y sent plus ancien et moins pro­vi­soire, on ne recon­naît rien autour de soi, ni les gens. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

S’il nous vient par inadvertance de vouloir songer aux jours futurs…

« S’il nous vient par inad­ver­tance de vou­loir son­ger aux jours futurs, aux années pro­chaines, à quoi res­sem­ble­ra le monde et par exemple les infor­ma­tions que nous y enten­drons le matin en nous réveillant ; aus­si­tôt voi­là notre enten­de­ment qui char­bonne et notre âme qui se trouble comme de tou­cher à d’hos­tiles ténèbres : on dirait que ce pré­sent où nous exis­tons encore vivants et tan­gibles, ce vaste assem­blage de tout ce qui existe, ce monde évident où nous sommes aujourd’­hui sans éton­ne­ment, ne débouche bien­tôt sur rien que sur du néant. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

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