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Citations sur la servitude

Qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi…

« Car, qu’est-ce que la liber­té ? C’est avoir la volon­té de répondre de soi. C’est main­te­nir les dis­tances qui nous séparent. C’est être indif­fé­rent aux cha­grins, aux dure­tés, aux pri­va­tions, à la vie même. C’est être prêt à sacri­fier les hommes à sa cause, sans faire excep­tion de soi-même. Liber­té signi­fie que les ins­tincts virils, les ins­tincts joyeux de guerre et de vic­toire, pré­do­minent sur tous les autres ins­tincts, par exemple sur ceux du « bon­heur ». L’homme deve­nu libre, com­bien plus encore l’esprit deve­nu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres démo­crates. L’homme libre est guer­rier. — À quoi se mesure la liber­té chez les indi­vi­dus comme chez les peuples ? À la résis­tance qu’il faut sur­mon­ter, à la peine qu’il en coûte pour arri­ver en haut. Le type le plus éle­vé de l’homme libre doit être cher­ché là, où constam­ment la plus forte résis­tance doit être vain­cue : à cinq pas de la tyran­nie, au seuil même du dan­ger de la ser­vi­tude. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Aucun des dogmes de la société moderne n’est inébranlable…

« Aucun des dogmes de la socié­té moderne n’est inébran­lable. Ni les usines gigan­tesques, ni les offices buil­dings qui montent jus­qu’au ciel, ni les grandes villes meur­trières, ni la morale indus­trielle, ni la mys­tique de la pro­duc­tion ne sont néces­saires à notre pro­grès. D’autres modes d’existence et de civi­li­sa­tion sont pos­sibles. La culture sans le confort, la beau­té sans le luxe, la machine sans la ser­vi­tude de l’usine, la science sans le culte de la matière per­met­traient aux hommes de se déve­lop­per indé­fi­ni­ment, en gar­dant leur intel­li­gence, leur sens moral et leur viri­li­té. »

Alexis Car­rel
L’Homme cet incon­nu, édi­tions Plon, 1935

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