Thème

Citations sur la destruction

Les progressistes ne sont pas incohérents…

« Les pro­gres­sistes ne sont pas inco­hé­rents, ils sont mal­fai­sants, et c’est bien cette mal­fai­sance qu’il faut com­battre. Le pro­gres­sisme n’est pas une option géné­reuse mais une idéo­lo­gie des­truc­trice, tota­li­taire et vio­lente qu’il faut dénoncer. »

Jean-Yves Le Gallou
La socié­té de pro­pa­gande. Manuel de résis­tance au gou­lag men­tal, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, coll. Car­touches, 2022

Il y a non seulement la nature en dehors de l’homme…

« Comme le montre très bien Camus, il y a non seule­ment la nature en dehors de l’homme, dont l’écologie poli­tique s’est empa­rée, mais aus­si la nature en l’homme, qui n’est d’ailleurs ni bonne, ni mau­vaise. Sans ce contre­poids qu’est l’amour du monde et des hommes tels qu’ils sont, sans cette accep­ta­tion du tra­gique de l’existence humaine, la révolte s’adosse à un pro­jet de sub­ver­sion, de décons­truc­tion, ou bien de des­truc­tion, comme les tota­li­ta­rismes qui ont cher­ché à saper tous les fon­de­ments anthro­po­lo­giques des socié­tés humaines pour fabri­quer de toutes pièces un homme nou­veau, libé­ré des entraves du pas­sé. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

N’aborder la nature que dans le rapport utilitaire…

« N’aborder la nature que dans le rap­port uti­li­taire que l’homme peut entre­te­nir avec elle est pour­tant très pro­blé­ma­tique, y com­pris pour l’homme lui-même, comme j’ai cher­ché à le mon­trer pré­cé­dem­ment en m’appuyant sur la phi­lo­so­phie de Hei­deg­ger. Quoi qu’il en soit, entrer dans la logique comp­table de l’intérêt et ne pas accor­der à la nature une valeur intrin­sèque, c’est ris­quer de la voir pas­ser par pertes et pro­fits. L’évaluation de l’avantage résul­tant de la pré­ser­va­tion d’un espace natu­rel peut très bien esti­mer cet avan­tage infé­rieur à celui d’une exploi­ta­tion à court terme ou d’une des­truc­tion pure et simple. »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

Quand des hommes combattent sur un plan supérieur…

« Quand des hommes com­battent sur un plan supé­rieur, spi­ri­tuel, ils intègrent la mort dans leur stra­té­gie. Ils acquièrent quelque chose d’invulnérable ; la pen­sée que l’adversaire veut leur des­truc­tion phy­sique n’est, par consé­quent, plus effrayante pour eux. […] Il y a des moments dans l’histoire où des hommes sai­sissent la mort comme un bâton de com­man­de­ment. Dans le pro­cès des Tem­pliers, par exemple, où le Grand Maître de l’Ordre montre sou­dai­ne­ment le vrai rap­port entre lui et les juges — ain­si un navire laisse tom­ber son camou­flage et s’offre, avec ses pavillons et ses canons, au regard stu­pé­fait. Le soir même, il fut brû­lé vif, mais on pos­ta des gardes, dès cette nuit, à l’endroit du bûcher pour empê­cher le peuple d’y venir cher­cher des reliques. La pous­sière elle-même fait peur aux tyrans ; elle aus­si doit disparaître. »

Ernst Jün­ger
Pre­mier jour­nal pari­sien (in Strah­lun­gen), 1949, édi­tions Le Livre de poche, 1998

Dans le courant des IXe et Xe siècles, les invasions barbares…

« Dans le cou­rant des IXe et Xe siècles, les inva­sions bar­bares sur le ter­ri­toire de l’ancienne Gaule avaient mul­ti­plié mas­sacres et des­truc­tions : hordes sau­vages se suc­cé­dant les unes aux autres comme les flots écu­meux d’un Océan démon­té ; inva­sions sar­ra­sines qui couvrent le Midi de la France, tan­dis que les Hon­grois foulent les marches de l’Est. Par les fleuves arrivent les Nor­mands, jus­qu’au centre du pays, « nageant par l’Océan en manière de pirates ». « Ces étran­gers, écrit le chro­ni­queur Richer, se livraient aux plus cruels sévices ; ils sac­ca­geaient villes et vil­lages et rava­geaient les champs ; ils brû­laient les églises ; puis ils repar­taient en emme­nant une foule de cap­tifs ». Dans le cou­rant des IXe et Xe siècles de notre ère, toutes les villes de France furent détruites : toutes. Ima­gine-t-on les égor­ge­ments, les dépré­da­tions que contient un pareil fait ? […] Alors se fit, dans l’anarchie, le tra­vail de recons­truc­tion sociale où se for­ma la nation fran­çaise ; elle se for­ma autour de la seule force orga­ni­sée qui fût demeu­rée intacte, sous le seul abri que rien ne peut ren­ver­ser, parce qu’il a ses fon­de­ments dans le cœur humain : la famille. Par­mi la tour­mente, la famille se for­ti­fia, elle prit plus de cohé­sion. Autour du chef de famille, « cap d’hostel » diront les méri­dio­naux, se grou­pèrent les reje­tons des branches cadettes. Ain­si la famille gran­dit, devint un petit État. De géné­ra­tion en géné­ra­tion, elle accrut son action sociale jus­qu’à en faire une action poli­tique et avec le temps, de grande enver­gure ; tant et tant qu’elle en arri­va à for­mer l’État lui-même par la trans­for­ma­tion pro­gres­sive en ins­ti­tu­tions publiques de ses ins­ti­tu­tions pri­vées. Telle a été l’origine à la fois humble et gran­diose, simple et magni­fique, modeste et glo­rieuse, de ce qu’on appelle aujourd’­hui la France. Ce tra­vail immense et d’une inima­gi­nable puis­sance et acti­vi­té, se fit dans le cou­rant des IXe-XIe siècles, les plus grands de notre his­toire. Au XIIe siècle, la France est faite par des ins­ti­tu­tions que le peuple s’est don­nées lui-même, pui­sant leur sève dans son propre sang : chaque détail en répond à ses fins, chaque ins­ti­tu­tion a son but, tan­dis que la pra­tique, en ses mani­fes­ta­tions mul­tiples et diverses, s’adapte natu­rel­le­ment au génie national. »

Frantz Funck-Bren­ta­no
La Renais­sance, édi­tions Fayard, 1935

Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’Empire de la nation ?

« Qu’est-ce qui dis­tingue fon­da­men­ta­le­ment l’Empire de la nation ? C’est d’abord le fait que l’Empire n’est pas seule­ment un ter­ri­toire, mais aus­si, et même essen­tiel­le­ment, un prin­cipe ou une idée. […] L’essentiel tient au fait que l’empereur tient son pou­voir de ce qu’il incarne un prin­cipe qui excède la simple pos­ses­sion. En tant que domi­nus mun­di, il est le suze­rain des princes et des rois, c’est-à-dire qu’il règne sur des sou­ve­rains, non sur des ter­ri­toires, et repré­sente une puis­sance trans­cen­dant les com­mu­nau­tés fédé­rées dont il assume la direc­tion. […] Evo­la rap­pelle éga­le­ment que « l’ancienne notion romaine de l’impe­rium, avant d’exprimer un sys­tème d’hégémonie ter­ri­to­riale supra­na­tio­nale, désigne la pure puis­sance du com­man­de­ment, la force qua­si mys­tique de l’auc­to­ri­tas » […]
L’Empire vise à uni­fier à un niveau supé­rieur sans sup­pri­mer la diver­si­té des cultures, des eth­nies et des peuples. Il cherche à asso­cier les peuples à une com­mu­nau­té de des­tin, sans pour autant les réduire à l’identique. Il est un tout où les par­ties sont d’autant plus auto­nomes que ce qui les réunit est plus solide – et ces par­ties qui le consti­tuent res­tent des ensembles orga­niques dif­fé­ren­ciés. Moel­ler van den Bruck pla­çait l’Empire sous le signe de l’unité des contraires, et c’est une image qu’on peut en effet rete­nir. Julius Evo­la, lui, défi­nis­sait l’Empire comme « une orga­ni­sa­tion supra­na­tio­nale telle que l’unité n’agisse pas dans le sens d’une des­truc­tion et d’un nivel­le­ment de la mul­ti­pli­ci­té eth­nique et cultu­relle qu’elle englobe ». C’est l’image clas­sique de l’uni­ver­si­tas, par oppo­si­tion à la socie­tas uni­taire et cen­tra­li­sée. La dif­fé­rence n’y est pas abo­lie, mais intégrée. »

Alain de Benoist
L’empire inté­rieur, édi­tions Fata Mor­ga­na, 1995

Nous sommes pris dans une alternative…

« Nous sommes pris dans une alter­na­tive qui ne nous per­met plus d’exis­ter médio­cre­ment ; il nous faut vivre plus puis­sam­ment, ou bien dis­pa­raître, nous sur­pas­ser ou nous abo­lir. […] La tra­gé­die essen­tielle n’est pas de savoir quels dan­gers nous menacent, mais de défi­nir d’abord ce qu’ils menacent en nous, car il impor­te­rait assez peu que nous fus­sions détruits, si nous avions ren­du cette des­truc­tion légi­time en ne valant presque rien. »

Abel Bon­nard
Les Modé­rés, édi­tions Gras­set, 1936

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés