Les idées ont leur importance en histoire, les institutions également…

« Les idées ont leur impor­tance en his­toire, les ins­ti­tu­tions éga­le­ment. La nation, telle que l’a consti­tuée la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen (27 août 1789), est une socié­té indi­vi­dua­liste et théo­ri­que­ment éga­li­taire. […] En inter­di­sant les asso­cia­tions de métier, au moment où s’annonçait la nais­sance de la grande indus­trie, l’individualisme révo­lu­tion­naire a mis le sala­rié dans une posi­tion infé­rieure en face du patron, don­neur de tra­vail, dis­pa­ri­té qui sera l’occasion d’abus et de troubles sociaux. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre VII « Révo­lu­tions et Res­tau­ra­tions », édi­tions Hachette, 1960

Certains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien…

« Cer­tains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien est la des­crip­tion des struc­tures sociales’ suc­ces­sives et que le récit des évé­ne­ments poli­tiques est inutile. En véri­té, on sait depuis un nombre res­pec­table de siècles que les socié­tés humaines sont en per­pé­tuelle évo­lu­tion, que les métiers, les mœurs et les croyances ont beau­coup chan­gé depuis l’âge de pierre. Mais si l’histoire sociale est une part impor­tante de l’histoire, on ne voit pas com­ment une nation pour­rait pas­ser d’un état social à un autre, sinon au tra­vers d’événements dont l’issue dépend par­fois d’un très petit nombre d’individus. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre IV « La Guerre de Cent Ans et la guerre bour­gui­gnonne », édi­tions Hachette, 1960

Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consommé…

« Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consom­mé, de telle sorte que la nation […] ne ras­semble plus, en de larges por­tions de son ter­ri­toire, qu’une agré­ga­tion de « citoyens », dont cer­tains – le plus sou­vent d’origine autoch­tone – sont pri­vés de toute mémoire iden­ti­taire, tan­dis que d’autres s’assemblent en com­mu­nau­tés sou­dées autour d’une iden­ti­té eth­no­cul­tu­relle de plus en plus clai­re­ment reven­di­quée, très dif­fé­rente pour­tant de celle que pos­sé­dait le pays d’accueil quelques décen­nies aupa­ra­vant. Tous ces indi­vi­dus, res­sor­tis­sants d’une nation désor­mais écla­tée, sont moins ani­més du désir de « vivre ensemble » que sou­mis à la néces­si­té de « vivre côte à côte »

Hen­ri Levavasseur
L’identité, socle de la cité, édi­tions La nou­velle Librai­rie, 2021

Une nation n’est saine…

« Une nation n’est saine que si cha­cun s’y regarde comme un homme, non regar­dant der­rière soi, ni pre­nant le vent, ni ron­gé de peur, ni jaune d’ambition, non ten­dant la bouche à la gour­mette de quelque tra­hi­son, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’enga­ge­ment avec lequel il est entré dans la vie, à la pro­messe faite non seule­ment à celui qui guide et dans lequel on le recon­naît, mais à tra­vers lui à tous les cama­rades de tra­vail et de combat. »

Mau­rice Bardèche
Qu’est-ce que le fas­cisme ?, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1961, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

L’état de nature revêt la fonction d’une hypothèse scientifique…

« L’état de nature revêt la fonc­tion d’une hypo­thèse scien­ti­fique. L’état de nature est fait d’une pous­sière d’hommes iso­lés, et la socié­té, les ins­ti­tuions seront néces­sai­re­ment recons­truites à par­tir des hommes. Ren­ver­se­ment de la phi­lo­so­phie d’Aris­tote. Car Aris­tote observe dans la nature” des hommes enser­rés dans des groupes sociaux ; l’homme est natu­rel­le­ment poli­tique. »

Michel Vil­ley
Le droit et les droits de l’homme, Presses Uni­ver­si­taires de France, coll. Qua­drige, 2014

L’histoire est un drame…

« L’his­toire est un drame, chaque géné­ra­tion a son drame. Il y a des drames qui se ter­minent bien, d’autres qui se ter­minent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pou­vons faire, c’est d’o­rien­ter les nations euro­péennes selon la réa­li­té et selon leur voca­tion. Si nous sommes sub­mer­gés par l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion, c’est que nous n’au­rons pas été assez intel­li­gents ni sub­tils pour assu­rer la suture entre pas­sé et avenir. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

Si on dit que le monde n’est composé que d’individus…

« Une fois que l’on pro­clame que l’indi­vi­du est supé­rieur au col­lec­tif, il lui est supé­rieur en tout. Si on dit que le monde n’est com­po­sé que d’individus, alors il est natu­rel que tout ce qui reste de dis­tinc­tions soit pro­gres­si­ve­ment balayé : il n’y a plus lieu de faire de dif­fé­rence entre Afri­cains et Euro­péens, car tous ne sont que des indi­vi­dus ; il n’y a plus lieu de faire de dif­fé­rence entre hommes et femmes, car tous ne sont que des indi­vi­dus abstraits. »

Guillaume Tra­vers
Entre­tien au site La Droite de demain, 15 février 2021

Il n’y a de piété vraie que la piété filiale…

« Il n’y a de pié­té vraie que la pié­té filiale, élar­gie aux ancêtres, à la lignée et au peuple. Nos ancêtres dis­pa­rus ne sont ni spi­ri­tuel­le­ment morts ni pas­sés dans un autre monde. Ils sont à nos côtés, en foule invi­sible et bruis­sante. Ils nous entourent aus­si long­temps que leur sou­ve­nir est per­pé­tué par leur des­cen­dance. Par-là se jus­ti­fient le culte des ancêtres et le devoir de faire res­pec­ter leur nom. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Ces pillards de la nation qui méritaient l’assassinat…

« Comme dans une pieuse rêve­rie, Isao aper­ce­vait les visages de ces pillards de la nation qui méri­taient l’assassinat. Plus il était iso­lé, plus ses forces l’abandonnaient, et plus la réa­li­té bien en chair de leur opu­lence venait à l’oppresser. (…) L’épaisse réa­li­té de ces hommes qu’Isao voyait défi­ler, c’était là l’origine de toute la per­fi­die du monde. Quand il les aurait tués, quand sa lame imma­cu­lée tran­che­rait net dans cette chair gon­flée de graisse que rava­geait la pres­sion san­guine, alors seule­ment, pour la pre­mière fois, le monde pour­rait être remis d’aplomb. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés