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Citations sur la nation

La volonté du peuple russe prévaut…

« Chez vous [en Occi­dent], l’image d’un Bill Gates, d’un Mur­doch ou d’un Zucker­berg menot­té est tota­le­ment incon­ce­vable. En Rus­sie, au contraire, un mil­liar­daire est tout à fait libre de dépen­ser son argent, mais pas de peser sur le pou­voir poli­tique. La volon­té du peuple russe – et celle du Tsar, qui en est l’incarnation – pré­vaut sur l’intérêt pri­vé quel qu’il soit. »

Giu­lia­no da Empoli
Le mage du Krem­lin, édi­tions Gal­li­mard, 2022

La première chose dont on a besoin, c’est un parti…

« La pre­mière chose dont on a besoin, c’est un par­ti. […] La nos­tal­gie qu’ils [les Russes] éprouvent n’est pas pour le com­mu­nisme en soi, elle est pour l’ordre, le sens de la com­mu­nau­té, l’orgueil d’appartenir à quelque chose de vrai­ment grand. Les Russes ne sont pas et ne seront jamais comme les Amé­ri­cains. Cela ne leur suf­fit pas de mettre de l’argent de côté pour s’acheter un lave-vais­selle. Ils veulent faire par­tie de quelque chose d’unique. Ils sont prêts à se sacri­fier pour ça. Nous avons le devoir de leur res­ti­tuer une pers­pec­tive qui aille au-delà du pro­chain ver­se­ment men­suel pour la voi­ture. Ce qu’il faut, c’est l’unité. Un mou­ve­ment qui redonne de la digni­té aux gens. »

Giu­lia­no da Empoli
Le mage du Krem­lin, édi­tions Gal­li­mard, 2022

Des nations entières qui ne sont faites que de morts…

« Il y a aujourd’­hui des nations entières qui ne sont faites que de morts. Des cen­taines de mil­lions de cadavres. Et ils tra­vaillent, construisent, inventent, se donnent un mal ter­rible, sont heu­reux et contents. Mais ce sont de pauvres morts. À l’ex­cep­tion d’une micro­sco­pique mino­ri­té qui leur fait faire ce qu’elle veut, aimer ce qu’elle veut, croire en ce qu’elle veut. Comme les zom­bis des Antilles, les cadavres res­sus­ci­tés par les sor­ciers et envoyés tra­vailler aux champs. »

Dino Buz­za­ti
Chez le méde­cin, in Les nuits dif­fi­ciles, nou­velles, 1971, trad. Michel Sager, édi­tions Robert Laf­font, coll. Pavillon, 1972

Les idées ont leur importance en histoire, les institutions également…

« Les idées ont leur impor­tance en his­toire, les ins­ti­tu­tions éga­le­ment. La nation, telle que l’a consti­tuée la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen (27 août 1789), est une socié­té indi­vi­dua­liste et théo­ri­que­ment éga­li­taire. […] En inter­di­sant les asso­cia­tions de métier, au moment où s’annonçait la nais­sance de la grande indus­trie, l’individualisme révo­lu­tion­naire a mis le sala­rié dans une posi­tion infé­rieure en face du patron, don­neur de tra­vail, dis­pa­ri­té qui sera l’occasion d’abus et de troubles sociaux. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre VII « Révo­lu­tions et Res­tau­ra­tions », édi­tions Hachette, 1960

Certains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien…

« Cer­tains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien est la des­crip­tion des struc­tures sociales’ suc­ces­sives et que le récit des évé­ne­ments poli­tiques est inutile. En véri­té, on sait depuis un nombre res­pec­table de siècles que les socié­tés humaines sont en per­pé­tuelle évo­lu­tion, que les métiers, les mœurs et les croyances ont beau­coup chan­gé depuis l’âge de pierre. Mais si l’histoire sociale est une part impor­tante de l’histoire, on ne voit pas com­ment une nation pour­rait pas­ser d’un état social à un autre, sinon au tra­vers d’événements dont l’issue dépend par­fois d’un très petit nombre d’individus. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre IV « La Guerre de Cent Ans et la guerre bour­gui­gnonne », édi­tions Hachette, 1960

Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consommé…

« Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consom­mé, de telle sorte que la nation […] ne ras­semble plus, en de larges por­tions de son ter­ri­toire, qu’une agré­ga­tion de « citoyens », dont cer­tains – le plus sou­vent d’origine autoch­tone – sont pri­vés de toute mémoire iden­ti­taire, tan­dis que d’autres s’assemblent en com­mu­nau­tés sou­dées autour d’une iden­ti­té eth­no­cul­tu­relle de plus en plus clai­re­ment reven­di­quée, très dif­fé­rente pour­tant de celle que pos­sé­dait le pays d’accueil quelques décen­nies aupa­ra­vant. Tous ces indi­vi­dus, res­sor­tis­sants d’une nation désor­mais écla­tée, sont moins ani­més du désir de « vivre ensemble » que sou­mis à la néces­si­té de « vivre côte à côte »

Hen­ri Levavasseur
L’identité, socle de la cité, édi­tions La nou­velle Librai­rie, 2021

Une nation n’est saine…

« Une nation n’est saine que si cha­cun s’y regarde comme un homme, non regar­dant der­rière soi, ni pre­nant le vent, ni ron­gé de peur, ni jaune d’ambition, non ten­dant la bouche à la gour­mette de quelque tra­hi­son, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’enga­ge­ment avec lequel il est entré dans la vie, à la pro­messe faite non seule­ment à celui qui guide et dans lequel on le recon­naît, mais à tra­vers lui à tous les cama­rades de tra­vail et de combat. »

Mau­rice Bardèche
Qu’est-ce que le fas­cisme ?, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1961, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

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