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Couverture du livre Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel

Citations tirées du livre Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel

François-Xavier Bellamy

Présentation de l'éditeur

Derrière l’accélération partout constatée de nos vies individuelles et de notre existence sociale, il est un phénomène plus essentiel encore, qui est devenu l’horizon absolu de la conscience occidentale : le changement était, à l’âge classique, une transition entre deux moments de stabilité. Mais notre civilisation semble entrée, avec la modernité, dans une nouvelle ère, qui fait du mouvement la loi universelle. Si la vie est évolution, si l’économie est croissance, si la politique est progrès, tout ce qui ne se transforme pas doit disparaître. S’adapter, se réformer, rester dynamique, voilà nos vertus cardinales ; la mode remplace tous nos critères, le flux prend la place de l’être, et le chiffre de la lettre.

Alors que la crise contemporaine qui touche le monde occidental porte le symptôme d’une forme d’épuisement intérieur, et alors que notre rapport à l'accélération actuelle des innovations technologiques sera le grand défi politique des années à venir, il importe d’interroger, de façon à la fois approfondie et concrète, le déséquilibre créé par cette incapacité au repos, par cet oubli des stabilités les plus nécessaires à nos vies. Afin de redécouvrir ce que notre fascination pour le mouvement nous avait fait oublier : l’essentiel de nos existences se trouve peut-être bien plus dans ce qui est reçu et transmis, que dans ce qui est transformé. Il n’est pas de création spontanée qui s’épanouisse sans racines, pas de voyage vers l’ailleurs qui ne suppose un domaine familier, pas de société qui s’améliore sans chercher le bien dans ce qu’il a d’éternel. Ce qui rend possible le mouvement de toute vie, et ce qui lui donne un sens, c’est toujours ce qui demeure.

Cet ouvrage, dense et écrit de façon limpide, brasse ainsi, et aussi bien, des querelles métaphysiques fondamentales (Héraclite contre Parménide) et des activités d’apparence dérisoire (le jogging), des figures illustres (Péguy, Pascal, Rousseau…) et des politiques contemporains, etc. Ce texte pourrait bien devenir, si le mot n’était pas discrédité, le bréviaire d’un nouveau « conservatisme éclairé ».

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Dans ce livre

Les 11 citations tirées de ce livre

Le progressisme, nous l’avons dit, n’est pas une option politique…

« « En réalité, le progressisme, nous l’avons dit, n’est pas une option politique, mais une neutralisation de la politique. Il ne consiste pas à considérer qu’un progrès est désirable — ce qui est une tautologie, mais à considérer que tout mouvement est un progrès. De ce point de vue, la seule maxime qui reste à la… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Ainsi la publicité vide de leur sens…

« « Ainsi la publicité vide de leur sens les mots les plus essentiels, et rend absurde le langage. Derrière elle, le marché trahit des réalités qu’il absorbe : rendre tout bien échangeable et liquide, c’est à la fin détruire ce qui ne saurait devenir l’objet d’un échange marchand. La mobilisation générale qui constitue… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

La technologie contemporaine…

« « La technologie contemporaine entre en lutte contre le réel, parce qu’il est constitué de consistances qui sont autant de pesanteurs pour notre exigence de mobilité. La vie implique pourtant de les assumer — et si nous préférons les fuir, seule la mort pourrait nous offrir la perspective d’une absence de contrariétés.… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Ce qui est en jeu…

« « Ce qui est en jeu, ce n’est pas d’arrêter le mouvement ; c’est au contraire de sauver la possibilité d’un mouvement authentique. Pour qu’un changement effectif nous approche du meilleur, encore faut-il un point d’appui : “Donnez-moi, demandait Archimède, un point fixe et un levier, et je soulèverai la terre.” Si l’on… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’éternité…

« « La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’éternité. Et c’est précisément ce que professe la philosophie naissante face à la sophistique : quand l’intelligence n’a d’autre but que de changer aussi vite que les ombres qui passent, elle devient inconsistante comme elles et tout aussi inféconde. De la même… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

La science elle-même se déploie dans le temps…

« « La science elle-même se déploie dans le temps, bien sûr : elle découvre peu à peu de nouvelles connaissances, de nouvelles vérités, qui ajustent l’une après l’autre notre représentation du réel. Mais si la science a une histoire, c’est celle d’un mouvement vers cette vérité qui n’en a pas, et dont la nécessité est… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

L’avenir n’existe pas…

« « L’avenir n’existe pas. Il n’existe absolument pas. Cette représentation mentale du temps comme une flèche est un piège intellectuel ; elle nie la consistance du présent en le réduisant à n’être que le point de passage vers un avenir déjà défini. Or cette flèche est une fiction, et l’avenir n’est pas écrit. Seuls… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Le transhumanisme se donne un but totalement autre…

« Le transhumanisme se donne un but totalement autre : non pas réparer le corps humain, mais le remplacer. Il ne s’agit plus de se modeler sur une régularité naturelle, que l’on appelle la santé — l’état du corps dans son cours ordinaire, quand aucune pathologie n’est venue le troubler. Le progressisme post-moderne ne veut pas recevoir l’homme tel qu’il est, mais le dépasser — pour cela, il faut commencer par le mépriser, et par se mépriser soi-même. »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Notre optimisme est un nihilisme…

« « Notre optimisme est un nihilisme : il décrète que ce monde ne vaut rien, puisque tout autre monde sera meilleur. Il n’y a pas d’hésitation à avoir, d’incertitude possible sur le sens de l’histoire : il faut choisir le changement par parti pris, parce qu’il va arriver et parce qu’il doit arriver. Une telle perspective… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Affirmer que ce qui existe doit exister…

« Affirmer que ce qui existe doit exister, c’est évidemment une erreur de raisonnement ; mais le contraire d’une erreur n’est pas forcément une vérité : et en l’occurrence, affirmer de manière opposée que ce qui existe doit être remplacé, que l’innovation est forcément un bien — regarder l’histoire comme étant forcément l’occasion d’un progrès, c’est aussi une erreur de raisonnement, non moins absurde, et non moins dangereuse. »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

La modernité est l’univers…

« « La modernité est l’univers dans lequel le mouvement prend toute la place, à la fois comme un fait et comme une norme. Le mouvement est tout ce qui est, et tout ce qui doit être. Malheur à celui qui n’est pas assez mobile, pas assez souple et adaptable, pour se couler dans le flux : il constitue une objection vivante… »

François-Xavier Bellamy Demeure. Pour échapper à l'ère du mouvement perpétuel, Éditions Grasset, 2018

Du même auteur

Autres citations de François-Xavier Bellamy

Rien n’est plus beau que d’apprendre par cœur…

« « Rien n’est plus beau que d’apprendre par cœur, c’est-à-dire de recevoir pleinement une parcelle de cet immense héritage qui reste toujours à comprendre. L’expression même manifeste, de façon lumineuse, l’unité de l’intelligence et de la sensibilité, augmentées ensemble de ce qui nous est transmis. Apprendre par cœur… »

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