Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne

Citatio, un portail ouvert sur notre civilisation

Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter faisant un don.

Thème

Citations sur la responsabilité

Recevoir la vocation, ce n’est pas seulement recevoir un cadeau ou un ordre…

« Rece­voir la voca­tion, ce n’est pas seule­ment rece­voir un cadeau ou un ordre, c’est aus­si assu­mer une sorte de culpa­bi­li­té, de même qu’un sol­dat qu’on fait sor­tir du rang pour le nom­mer offi­cier est d’autant plus digne de cette pro­mo­tion qu’il la paye en se sen­tant en dette, en ayant même mau­vaise conscience vis-à-vis de ses camarades. »

Her­mann Hesse
Le Jeu des perles de verre (Das Glas­per­len­spiel), 1943, trad. Jacques Mar­tin, Cal­mann-Lévy édi­teur, 1955

L’ardente volonté de réussir me possède…

« Je cours, pen­dant que les balles sifflent à mes oreilles et font jaillir la boue autour de mes jambes. À cette minute encore, je me sens sou­le­vé, jeté en avant par une force qui n’est plus en moi : il faut trou­ver le com­man­dant de la bri­gade, lui par­ler, pro­vo­quer l’ordre néces­saire. Je ne mesure pas le poids de ma res­pon­sa­bi­li­té ; mais je la sens lourde, et l’ar­dente volon­té de réus­sir me pos­sède tout entier. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

Le journaliste et son journal sont-ils vraiment responsables…

« Le jour­na­liste et son jour­nal sont-ils vrai­ment res­pon­sables devant leurs lec­teurs ou devant l’Histoire ? Quand il leur est arri­vé, en don­nant une infor­ma­tion fausse ou des conclu­sions erro­nées, d’induire en erreur l’opinion publique ou même de faire faire un faux pas à l’État tout entier – les a‑t-on jamais vus l’un ou l’autre battre publi­que­ment leur coulpe ? Non, bien sûr, car cela aurait nui à la vente. Dans une affaire pareille, l’État peut lais­ser des plumes – le jour­na­liste, lui, s’en tire tou­jours. Vous pou­vez parier qu’il va main­te­nant, avec un aplomb renou­ve­lé, écrire le contraire de ce qu’il affir­mait auparavant. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

L’homme lutte, se démène, navigue…

« L’homme lutte, se démène, navigue au rebours des élé­ments, se bat mais ne pra­tique pas cette acti­vi­té si car­té­sienne, si moderne, si fran­çaise : récri­mi­ner contre son sort, cher­cher des cou­pables à sa propre faillite, se défaus­ser de ses res­pon­sa­bi­li­tés et bar­bouiller fina­le­ment un mur avec son petit pin­ceau pour expli­quer au monde qu’il est inter­dit d’interdire”. Cette capa­ci­té d’accueillir ce qui doit adve­nir rend l’homme grec fort. Fort parce que disponible. »

Syl­vain Tesson
Un été avec Homère, Édi­tions des Équa­teurs, 2018

Qu’est-ce que la solitude ?…

« Qu’est-ce que la soli­tude ? Une com­pagne qui sert à tout.
Elle est un baume appli­qué sur les bles­sures. Elle fait caisse de réso­nance : les impres­sions sont décu­plées quand on est seul à les faire sur­gir. Elle impose une res­pon­sa­bi­li­té : je suis l’am­bas­sa­deur du genre humain dans la forêt vide d’hommes. Je dois jouir de ce spec­tacle pour ceux qui en sont pri­vés. Elle génère des pen­sées puisque la seule conver­sa­tion pos­sible se tient en soi-même. Elle lave de tous les bavar­dages, per­met le coup de sonde en soi. Elle convoque à la mémoire le sou­ve­nir des gens aimés. Elle lie l’er­mite d’a­mi­tié avec les plantes et les bêtes et par­fois un petit dieu qui pas­se­rait par là. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

Oui les temps aventureux ont commencé…

« Oui les temps aven­tu­reux ont com­men­cé. C’est une époque pour homme seul. Les struc­tures de l’État, les pré­cé­dents admi­nis­tra­tifs, les hié­rar­chies mili­taires, sociales, poli­tiques, tout ce qui est connu, réper­to­rié, car­to­gra­phié, tout ce qui tient un pays” va se défaire en quelques jours, ce que les anciens Aztèques auraient appe­lé la liga­ture du monde” qui assure la cohé­rence de notre vie. S’offre un ins­tant à la vue, et seule­ment un ins­tant, le vaste océan des déci­sions indi­vi­duelles, où cha­cun, par hasard ou néces­si­té, invente sa propre dimension. »

Jean-Fran­çois Deniau
Mémoires de 7 vies. Les temps aven­tu­reux, Tome 1, édi­tions Plon, 1994

L’un des secrets du monde…

« L’un des secrets du monde, c’est qu’on a quel­que­fois le devoir de faire ce qu’on n’a pas le droit de faire, le corol­laire étant qu’on n’a pas le droit de faire ce qu’on a le devoir de faire. À l’homme d’ac­tion de prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. Et de subir ensuite les dia­tribes des irresponsables. »

Vla­di­mir Volkoff
Opé­ra­tion Bar­ba­rie, Édi­tions des Syrtes, 2001

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés