« Taire la vérité, c’est t’enterrer tout vif. »
Laurent Obertone
Éloge de la force : Renverser l’Histoire, éditions Magnus, 2022
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« Taire la vérité, c’est t’enterrer tout vif. »
Laurent Obertone
Éloge de la force : Renverser l’Histoire, éditions Magnus, 2022
« C’est peut-être le mensonge le plus éclatant et le moins aperçu du monde moderne que d’avoir dénommé justice sociale le cadavre de la justice. Ce que nos contemporains entendent par justice sociale est de rendre à chacun, pris individuellement, ce qui lui est dû, sur un pied d’égalité avec tous les autres membres du groupe dont il fait partie. »
Marcel De Corte
De la force, 1980, éditions Dominique Martin Morin, 2019
« Les utopies éthico-politiques démontrent, par leur théâtre d’ombres, ou par l’allure parodique de leurs concrétisations, que la réalité est rebelle à l’éthique “pure” – cela fait partie des vérités de base. Un tel système idéal doit se garder une porte secrète par où le réel puisse entrer et sortir, ou bien se contenter d’un prestige de façade, voile rhétorique jeté sur des intérêts fort tangibles ; à moins que l’idéal ne ronge une réalité sociale qui lui est foncièrement étrangère. »
Arnold Gehlen
Morale et hypermorale, trad. François Poncet, Paris, Krisis, 2023
« Qui se risque à citer Goethe et son « Il est en l’homme un appétit de servir » craint déjà de se rendre ridicule, alors qu’on vit dans un monde où la critique égratigne par principe le devoir de loyauté aux valeurs supra-subjectives. Quand on dit que le service des institutions est une « aliénation », on est certes dans le vrai, mais cette aliénation est la liberté même, la distance qu’on met entre soi et soi, et qui repousse ce qui s’est déposé plus ou moins par hasard dans la tête et le cœur, lorsqu’on les livre assez longtemps aux manipulateurs d’opinion. On peut s’estimer tenu de respecter les opinions des autres, mais en avoir soi-même est un vice, car c’est par elles que certains milieux bien identifiables légitiment le délitement des institutions, pour mieux convertir la société en un amas de particularismes. »
Arnold Gehlen
Morale et hypermorale, trad. François Poncet, Paris, Krisis, 2023
« Est diabolique celui qui instaure le règne du mensonge et contraint d’autres humains à y demeurer. Cela va plus loin que la flétrissure d’une relégation spirituelle, on instaure là le règne du monde à l’envers, où l’Antéchrist porte le masque du Rédempteur, comme dans la fresque de Signorelli sur les murs d’Orvieto. Le diable n’est pas celui qui tue, il est Diabolos, le calomniateur, il est le dieu pour qui le mensonge n’est pas pleutrerie, comme il l’est chez l’homme, mais pouvoir souverain. Il fait crouler le dernier orifice laissé au désespoir, la connaissance, il institue l’empire de l’insane, car il faut être dément pour faire du mensonge sa demeure. »
Arnold Gehlen
Morale et hypermorale, trad. François Poncet, Paris, Krisis, 2023
« Désinformation : Mot se prêtant à un usage abusif, surtout lorsqu’il finit par désigner toute opinion diffusée par les médias et que l’on croit fausse ou biaisée. La désinformation consiste à propager délibérément des informations fausses pour influencer une opinion et affaiblir un adversaire. »
François-Bernard Huyghe
Maîtres du faire croire, de la propagande à l’influence, éditions Vuibert, coll. Comprendre les médias, 2008
« Celui qui shoote à plusieurs reprises dans la tête d’un homme inconscient, sous prétexte qu’il l’a regardé, ne devrait jamais se voir offrir l’indécente possibilité de justifier un tel acte, avec l’aide de menteurs professionnels, pardon, de psychanalystes et d’avocats. L’addition, et ce sera tout. »
Laurent Obertone
La France Orange mécanique, éditions Ring, coll. Documents, 2013
« Le temps, qui a gonflé les voiles, nous a fait doubler le cap des mensonges. La terre des mensonges s’éloigne dans la brume, les yeux de vingt ans ne la voient plus. Et maintenant, dans le vent qui se lève, il ne faut pas avoir peur des mots. »
Maurice Bardèche
Qu’est-ce que le fascisme ?, éditions Les Sept Couleurs, 1961, éditions Kontre Kulture, 2019
« Dès que la situation est compliquée, les mots de la mer sont confisqués par les politiques et autres baratineurs : “Il va falloir tenir le cap”, “Il faut faire le dos rond dans la tempête”, “prendre le large”,… »
Olivier de Kersauson
De l’urgent, du presque rien et du rien du tout, éditions Le Cherche Midi, 2019
« Le journaliste et son journal sont-ils vraiment responsables devant leurs lecteurs ou devant l’Histoire ? Quand il leur est arrivé, en donnant une information fausse ou des conclusions erronées, d’induire en erreur l’opinion publique ou même de faire faire un faux pas à l’État tout entier – les a‑t-on jamais vus l’un ou l’autre battre publiquement leur coulpe ? Non, bien sûr, car cela aurait nui à la vente. Dans une affaire pareille, l’État peut laisser des plumes – le journaliste, lui, s’en tire toujours. Vous pouvez parier qu’il va maintenant, avec un aplomb renouvelé, écrire le contraire de ce qu’il affirmait auparavant. »
Alexandre Soljenitsyne
Le déclin du courage, discours à l’université de Harvard du 8 juin 1978, trad. Geneviève et José Johannet, éditions Les Belles Lettres, 2014
« Cet ordre impersonnel et divin de l’univers a pour image parmi nous la justice, la vérité, la beauté. Rien d’inférieur à ces choses n’est digne de servir d’inspiration aux hommes qui acceptent de mourir.
Au-dessus des institutions destinées à protéger le droit, les personnes, les libertés démocratiques, il faut en inventer d’autres destinées à discerner et à abolir tout ce qui, dans la vie contemporaine, écrase les âmes sous l’injustice, le mensonge et la laideur.
Il faut les inventer, car elles sont inconnues, et il est impossible de douter qu’elles soient indispensables. »
Simone Weil
La personne et le sacré, 1943, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1957, R&N Éditions, 2016
« (…) nous avons suivi le joueur de flûte et il nous mène à travers les décors qu’il a construits sur notre chemin. Il imite la voix de la conscience et des pénitents l’accompagnent, se flagellent et gémissent sons leur cagoule. Et le chant de la conscience universelle, les vêpres de la conscience universelle, s’élèvent comme la nuée du tabernacle en tête de la procession : leur faux-bourdon emplit le ciel, les haut-parleurs dans les nues le répercutent comme un requiem désespéré, il s’élève entre les façades comme le chant immense de tous les hommes. Et les psaumes de ce miserere ne nous disent qu’une chose, qui est de tuer en nous la voix qui ne veut pas se taire, de tuer en nous la colère intraitable, de tuer en nous la bête indocile qui refuse le joug et le troupeau : et elle invite à respecter “les maîtres”. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, éditions Les Sept Couleurs, 1969