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Citations sur l'enthousiasme

Citations sur l'enthousiasme : découvrez 7 citations de Gabriel Robin, Ernst von Salomon, Sylvain Tesson, Alain de Benoist, Nicolas Berdiaev

La corrida déstabilise l’Européen moderne…

« La cor­ri­da désta­bi­lise l’Européen moderne pour deux rai­sons : d’abord, elle nous confronte à la nature sau­vage ; ensuite, elle nous confronte à la mort. La pre­mière mise à mort à laquelle j’ai assis­té fut un choc ter­rible : j’étais triste pour le tau­reau et aus­si enthou­sias­mé par le spec­tacle. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

Tout cela avait perdu sa valeur, tout cela appartenait au temps des victoires…

« Tout cela avait per­du sa valeur, tout cela appar­te­nait au temps des vic­toires, lorsque les dra­peaux pen­daient à toutes les fenêtres. Main­te­nant il n’y avait plus de vic­toires, main­te­nant les dra­peaux avaient per­du leur radieuse signi­fi­ca­tion, main­te­nant, à cette heure trouble où tout s’écroulait, la voie à laquelle j’avais été des­ti­né était deve­nue impra­ti­cable, main­te­nant je me trou­vais, sans pou­voir m’en sai­sir, en face de choses nou­velles, en face de choses qui accou­raient de toutes parts, de choses sans forme, où ne vibrait aucun appel clair, aucune cer­ti­tude qui péné­trait irré­sis­ti­ble­ment le cer­veau, sauf une pour­tant, celle que ce monde où j’étais enra­ci­né, que je n’avais eu ni à accep­ter ni à adop­ter, et dont j’étais une par­celle, allait s’effondrer défi­ni­ti­ve­ment, irré­vo­ca­ble­ment, et qu’il ne res­sus­ci­te­rait pas, qu’il ne renaî­trait jamais. […]
La désa­gré­ga­tion de l’ancien ordre jointe au déchaî­ne­ment des convoi­tises et des dési­rs les plus pro­fonds, les plus secrets, et au relâ­che­ment de tous les liens, fai­sait que tous s’éloignaient les uns des autres et il ne sem­blait plus néces­saire à per­sonne de dis­si­mu­ler le véri­table fond de son être. […] Et tous avaient rai­son, cette dam­née rai­son était de leur côté, et ils usaient de rai­son­ne­ments sages et mesu­rés pour étran­gler toute pro­tes­ta­tion, tout brû­lant enthou­siasme. […]
Plus de choses s’étaient anéan­ties pour nous que les seules valeurs que nous avions tenues dans la main. Pour nous s’était aus­si bri­sée la gangue qui nous rete­nait pri­son­niers. La chaîne s’était rom­pue, nous étions libres. Notre sang, sou­dain en effer­ves­cence, nous jetait dans l’ivresse et l’aventure, nous jetait à tra­vers l’espace et le péril, mais il pous­sait aus­si l’un vers l’autre ceux qui s’étaient recon­nus parents jusqu’au plus pro­fond de leurs fibres. Nous étions une ligue de guer­riers, impré­gnés de toute la pas­sion du monde, farouches dans le désir, joyeux dans nos haines comme dans nos amours. […] Si jamais du nou­veau vient au monde, c’est bien du chaos qu’il sur­git, à ces moments où la misère rend la vie plus pro­fonde, où, dans une atmo­sphère sur­chauf­fée, se consume ce qui ne peut pas sub­sis­ter et se puri­fie ce qui doit vaincre. Dans cette masse en ébul­li­tion, en fer­men­ta­tion, nous pou­vions jeter nos dési­rs et nous pou­vions voir s’élever la vapeur de nos espoirs. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Le journal est la bouée de sauvetage…

« Le jour­nal est la bouée de sau­ve­tage dans l’océan de ces erre­ments. On le retrouve au soir venu. On s’y tient. On s’y plonge pour oublier les tré­pi­da­tions, on y confie une pen­sée, le sou­ve­nir d’une ren­contre, l’émotion pro­cu­rée par un beau pay­sage ou, mieux, par un visage, ce pay­sage de l’âme. On y note une phrase, une colère, un enthou­siasme, l’éblouissement d’une lec­ture. Chaque soir on y revient. On lui voue sa fidé­li­té. La seule qui vaille. La seule qui tienne. Le jour­nal est une patrie.
Grâce à lui, le sis­mo­graphe inté­rieur se calme. Les affo­le­ments du métro­nome vital qui explo­rait le spectre à grands coups pani­qués se réduisent alors à une très légère oscil­la­tion. »

Syl­vain Tes­son
Une très légère oscil­la­tion, jour­nal 2014 – 2017, édi­tions des Équa­teurs, 2017, p. 12

Dans les nuits d’angoisse…

« Dans les nuits d’angoisse, jamais les livres ne m’ont à ce point sem­blé des com­pa­gnons. Sans eux, serais-je debout ? Étrange sen­sa­tion d’entendre les élites poli­tiques se van­ter de ne plus jamais lire (la cyber girl Fleur Pel­le­rin, par exemple) et pro­mettre avec enthou­siasme, l’avènement de géné­ra­tions ultra-connec­tées. »

Syl­vain Tes­son
Une très légère oscil­la­tion, jour­nal 2014 – 2017, Édi­tions des Équa­teurs, 2017

La nostalgie est un penchant de paresseux…

« La nos­tal­gie est un pen­chant de pares­seux. Elle auto­rise à ne pas tra­quer dans le moment pré­sent les rai­sons de s’enthousiasmer. Elle per­met de se conten­ter de feuille­ter le gri­moire du pas­sé, en pleur­ni­chant sur les âges d’or per­dus. Elle affran­chit de tout effort explo­ra­toire, consti­tue la revanche des gei­gnards. »

Syl­vain Tes­son
Pré­face à Car­nets d’aventures, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

Le militantisme est une école…

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de cer­ti­tudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Votre délire d’égalité était une attaque meurtrière contre l’être…

« Votre délire d’éga­li­té était une attaque meur­trière contre l’être, contre toutes ses richesses et ses valeurs ; c’était la soif de piller le monde divin et d’anéantir toute gran­deur ici-bas. L’esprit du néant vous anime, c’est lui qui vous a ins­pi­ré ces idées et ces pas­sions éga­li­taires. La loi de l’entropie, qui mène à la mort par une dif­fu­sion égale de la cha­leur, agit à tra­vers vous dans la vie sociale […] Exi­ger l’égalité abso­lue, c’est vou­loir retour­ner à l’état ori­gi­nel, chao­tique, téné­breux, au nivel­le­ment et à la non-dif­fé­ren­cia­tion ; c’est vou­loir le néant. L’exigence révo­lu­tion­naire du retour à l’égalité dans le néant est née du refus d’assumer les sacri­fices et les souf­frances par les­quels passe la voie de la vie supé­rieure. Voi­là la réac­tion la plus effrayante, la néga­tion du sens de tout le pro­ces­sus créa­teur du monde. L’enthousiasme de la révo­lu­tion est un enthou­siasme réac­tion­naire. L’exigence contrai­gnante de l’égalisation qui pro­cède de l’obscurité chao­tique est une ten­ta­tive pour détruire la struc­ture hié­rar­chique du cos­mos for­mé par la nais­sance créa­trice de la lumière dans les ténèbres ; c’est un essai pour détruire la per­sonne même de l’homme en tant que degré hié­rar­chique né dans l’inégalité ; c’est un atten­tat contre la place royale de l’homme dans l’ordre cos­mique. »

Nico­las Ber­diaev
De l’inégalité, Édi­tions L’Âge d’homme, 2008

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