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Citations sur le jeu

Citations sur le jeu : découvrez 8 citations de Jean Cocteau, Jean Cau, Gabriel Robin, Charles Péguy, Jean Raspail, Friedrich Nietzsche, Ernst Jünger

La mort demeure, quoi qu’il arrive, l’héroïne…

« La mort demeure, quoi qu’il arrive, l’hé­roïne de la tra­gé­die dont le mata­dor est le héros est le héros et à qui elle délègue un ambas­sa­deur extra­or­di­naire, cet ani­mal sacri­fié, cet ani­mal sacri­fié d’a­vance, char­gé de négo­cier leurs noces, noces les plus étranges et les plus obs­cures qui soient. »

Jean Coc­teau
La cor­ri­da du 1er mai, Édi­tions Gras­set, 1967

Aimer la corrida…

« Je l’ai dit et répé­té : aimer la cor­ri­da, (plus pro­fon­dé­ment et jus­te­ment expri­mé, aimer les toros) c’est espé­rer, c’est croire à la Terre pro­mise, c’est pas­ser des après-midi à être l’or­pailleur qui, quand le soir tombe, n’a­per­çoit dans son tamis que quelques paillettes d’or. »

Jean Cau
Les Oreilles et la queue, 1961, édi­tions Gal­li­mard, coll. Hors série Connais­sance, 1990

La corrida déstabilise l’Européen moderne…

« La cor­ri­da désta­bi­lise l’Européen moderne pour deux rai­sons : d’abord, elle nous confronte à la nature sau­vage ; ensuite, elle nous confronte à la mort. La pre­mière mise à mort à laquelle j’ai assis­té fut un choc ter­rible : j’étais triste pour le tau­reau et aus­si enthou­sias­mé par le spec­tacle. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

Nous avons connu…

« Nous avons connu, nous avons tou­ché un monde, (enfants nous en avons par­ti­ci­pé), où un homme qui se bor­nait dans la pau­vre­té était au moins garan­ti dans la pau­vre­té. C’é­tait une sorte de contrat sourd entre l’homme et le sort, et à ce contrat le sort n’a­vait jamais man­qué avant l’i­nau­gu­ra­tion des temps modernes. Il était enten­du que celui qui fai­sait de la fan­tai­sie, de l’ar­bi­traire, que celui qui intro­dui­sait un jeu, que celui qui vou­lait s’é­va­der de la pau­vre­té ris­quait tout. Puis­qu’il intro­dui­sait le jeu, il pou­vait perdre. Mais celui qui ne jouait pas ne pou­vait pas perdre. Ils ne pou­vaient pas soup­çon­ner qu’un temps venait, et qu’il était déjà là, et c’est pré­ci­sé­ment le temps moderne, où celui qui ne joue­rait pas per­drait tout le temps, et encore plus sûre­ment que celui qui joue. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Georges Bataille estimait que la violence de la corrida…

« Georges Bataille esti­mait que la vio­lence de la cor­ri­da, incar­née dans le jeu qu’entretient l’homme vivant avec sa propre mort et la bête qui est en lui, sym­bo­li­sait la recherche de trans­cen­dance de l’homme. Il voyait dans la tau­ro­ma­chie la sur­vi­vance d’un culte ren­du par les légion­naires romains au dieu Mithra. D’autres théo­ries existent. On sait par exemple que les Celtes avaient des jeux ritua­li­sés assez proches, de même que la fresque du palais de Cnos­sos en Crète montre un jeune homme sau­tant par des­sus un énorme tau­reau furieux. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

La Patagonie, c’est ailleurs…

« La Pata­go­nie, c’est ailleurs, c’est autre chose, c’est un coin d’âme caché, un coin de cœur inex­pri­mé. Ce peut être un rêve, un regret, un pied de nez. Ce peut être un refuge secret, une seconde patrie pour les mau­vais jours, un sou­rire, une inso­lence. Un jeu aus­si. Un refus de confor­mi­té. Sous le sceptre bri­sé de Sa Majes­té, il existe mille rai­sons de prê­ter hom­mage, et c’est ain­si qu’il y a plus de Pata­gons qu’on ne croit, et tant d’autres qui s’ignorent encore. »

Jean Ras­pail
Le Moni­teur de Port-Tou­nens, Bul­le­tin de Liai­son des Ami­tiés Pata­gones (BLAP), 1995

La maturité de l’homme : cela veut dire retrouver…

« La matu­ri­té de l’homme : cela veut dire retrou­ver le sérieux que l’on avait au jeu, étant enfant. »

Frie­drich Nietzsche
Par-delà le bien et le mal – Pré­lude d’une phi­lo­so­phie de l’a­ve­nir (Jen­seits von Gut und Böse – Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2000

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