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Citations sur le crépuscule

Citations sur le crépuscule : découvrez 3 citations de Javier Portella, Jean-François Gautier, Adalbert Stifter

Qu’est-ce qu’une montagne ?

Qu’est-ce qu’une mon­tagne, par exemple ? Celle-là, le Mont Blanc, la deuxième la plus haute du conti­nent.
Une mon­tagne, nous dit la réponse bien connue, est une élé­va­tion natu­relle du ter­rain qui, engen­drée depuis les plis­se­ments her­cy­nien ou alpin… Suivent plein d’autres détails.
Une fois le détail conclu, sau­rons-nous ce qu’est une mon­tagne ? Sau­rons-nous ce qu’elle est, non pas com­ment elle s’est for­mée lors d’un choc tel­lu­rique d’il y a des mil­lions d’années ; non pas com­ment se déploie la sinueuse oro­gra­phie de ce Mont Blanc dont la masse de gra­nit appa­raît sou­dain, enve­lop­pée par le cou­chant aux doigts de rose, comme dirait l’autre, tan­dis que tu es en train de t’approcher, et sou­dain, après un tour­nant, la mon­tagne se plante devant toi, et sa masse te frappe, intime et loin­taine, nim­bée de lumière, de cette lumière d’or que tu es presque sur le point de goû­ter et de savou­rer.
Les sciences qui étu­dient la mon­tagne, par­vien­dront-elles jamais à rendre rai­son du mys­tère qui ful­gure à tra­vers la flèche de ses som­mets, au milieu de la majes­té de son ciel, de l’abîme de ses ravins, de la clar­té de ses sources ? Quelle science pour­ra nous expli­quer le mys­tère qui nous serre le cœur quand nous nous enfon­çons dans ses bos­quets et ses épais­seurs ? »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

À l’ère des plus grandes machines à bourlinguer, l’Acropole d’Athènes…

« À l’ère des plus grandes machines à bour­lin­guer, l’Acropole d’Athènes reçoit chaque année plus de visi­teurs qu’elle n’en accueillit durant le total des vingt-cinq siècles qui pré­cé­dèrent, au cours de ces époques bénies où elle était encore debout, vivante et fière. Ce pour­rait être une conso­la­tion. Mais il faut se méfier des nombres. Ils sont trom­peurs, jusque sur l’Acropole. Com­bien de voya­geurs y viennent encore prier ? Et quels dieux ? Le scin­tille­ment du soleil pro­pose une réponse : il rosit chaque soir de ses teintes mor­do­rées les bleus épars du ciel cou­chant. »

Jean-Fran­çois Gau­tier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Les montagnes, les belles montagnes qui lui avaient tant plu…

« Les mon­tagnes, les belles mon­tagnes qui lui avaient tant plu alors qu’il s’en appro­chait, s’obscurcissaient à pré­sent tou­jours davan­tage, et fai­saient tom­ber de sombres taches mena­çantes sur la sur­face de lac que paille­tait encore l’or pâle du cou­chant, par­mi les noirs reflets des monts ; tout pre­nait autour de lui, en s’enveloppant dans les ombres de la nuit, des formes de plus en plus étranges. Le noir et l’or du lac se tou­chaient et se confon­daient comme s’il y pas­sait un léger cou­rant d’air. Le regard de Vic­tor, seule­ment habi­tué aux belles et heu­reuses impres­sions du jour, ne pou­vait pas se détour­ner de ce spec­tacle, où les choses imper­cep­ti­ble­ment chan­geaient de cou­leur en se lais­sant enve­lop­per par la tran­quilli­té de la nuit. »

Adal­bert Stif­ter
L’Homme sans pos­té­ri­té, 1844, cité par Éric Gro­lier dans Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

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