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CITATIO
Couverture du livre La grande prostituée

Citations tirées du livre La grande prostituée

Jean Cau

Le mot de l'auteur

Les Dieux (entendez les passions qui nous donneront force non raisonnée de vivre) ne viendront que si nous les méritons. Dans l’état sinistre où nous sommes, je ne peux me demander — et vous demander, à vous, petit nombre — qu’une disposition à les accueillir. Ne pas succomber. Ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s’installe. Récuser la laideur qui nous lèche, en vue de jouissances immondes, de sa langue tiède. Dire non pour sauver l’éclat de notre oui. Notre courage, pour l’heure, est solitaire en cette forêt. Que faire ? Défricher. Tracer un sentier et, là-bas, au loin, qui vers nous s’avancera ? Je ne le sais pas. Personne en tout cas si nous ne nous efforçons pas d’ouvrir la voie. Quelqu’un, peut-être, si nous avons battu le sentier et si nous sommes quelques-uns à le garder ouvert afin que les jungles toujours recommencées ne l’engloutissent. Et si nous sommes toujours obligés de tailler et d’élaguer, qu’importe ! J. C.

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Dans ce livre

Les 4 citations tirées de ce livre

Nous voulons qu’on nous donne des raisons de vivre !

« Nous voulons qu’on nous donne des raisons de vivre ! Pourtant je vous corne qu’il n’y en a pas et que tout l’égarement du troupeau est là, dans cet appel creux que le démagogue et le philosophe incitent à pousser. Il y a des passions de vivre. Il y a des poussées énormes et des volontés de vivre. Il y a un honneur à vivre. Il n’y a pas de raison. »

Jean Cau La grande prostituée, éditions de La Table Ronde, 1974

Les dieux – entendez les passions qui nous donneront…

« « Les dieux – entendez les passions qui nous donneront la force non raisonnée de vivre – ne viendront que si nous les méritons. Dans l’état sinistre où nous sommes, je ne peux que me demander – et ne vous demander, à vous, petit nombre – qu’une disposition à les accueillir. Ne pas succomber, ne pas rompre. Ne pas plier… »

Jean Cau La grande prostituée, éditions de La Table Ronde, 1974

La guerre tuait les jeunes gens. Certes…

« La guerre tuait les jeunes gens. Certes. La paix continuée tue et vide la jeunesse. Et puis la guerre désigne l’Autre. L’ennemi. Je ne suis un individu que si l’autre existe et mon être s’exaspère d’autant plus fort et d’autant plus haut que cet autre à moi s’oppose et se refuse. L’ennemi m’est nécessaire : il me tient dans mes définitions, m’oblige à me vouloir, me force à dessiner le trait qui me cerne et à l’intérieur duquel vit, d’une vraie vie, ma différence. »

Jean Cau La grande prostituée, éditions de La Table Ronde, 1974

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