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Citations sur l'inégalité

Le faux dogme de l’égalité…

« Le faux dogme de l’égalité, flat­teur aux faibles, abou­tit en réa­li­té à la licence infi­nie des puis­sants. »

Ber­trand de Jou­ve­nel
Du pou­voir, 1945, édi­tions Hachette, coll. Plu­riel, 1972

L’égalitarisme ne relève pas du domaine de la mesure…

« L’éga­li­ta­risme ne relève pas du domaine de la mesure” mais de celui des armes tran­chantes. Il ne toise pas mais guillo­tine en per­sé­cu­tant le noyau cen­tral de la vie : la diver­si­té”.
Pri­vi­lé­giée, dès la lote­rie géné­tique, elle est la base même de toute exis­tence et en assure la péren­ni­té. Sa suite logique, la dis­cri­mi­na­tion”, est tout aus­si hon­nie. On lutte contre… Et encore une fois, il s’agit d’un com­bat contre la vie elle-même, car la marche, la vue, les gestes quo­ti­diens et l’ensemble des dédales de l’intelligence s’élaborent grâce à la dis­cri­mi­na­tion. »

Lau­rence Mau­gest
L’égalitarisme : le géno­cide de l’humanité, Polé­mia, 9 juin 2015

À notre époque d’intelligence obscurcie…

« À notre époque d’intel­li­gence obs­cur­cie, on ne fait aucune dif­fi­cul­té de récla­mer pour tous une part égale aux pri­vi­lèges, aux choses qui ont pour essence d’être des pri­vi­lèges. C’est une espèce de reven­di­ca­tion à la fois absurde et basse ; absurde, parce que le pri­vi­lège par défi­ni­tion est inégal ; basse, parce qu’il ne vaut pas d’être dési­ré. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Quand je lis Nietzsche, Schopenhauer, Baudelaire…

« Quand je lis Nietzsche, Scho­pen­hauer, Bau­de­laire, Pes­soa ou même Molière, je me dis sou­vent que telle phrase, tel para­graphe, aujourd’­hui, subi­raient la foudre des cen­seurs. Je pense que les grands écri­vains (rien que ce concept de grand écri­vain, pour cer­tains, est déjà démo­cra­ti­que­ment dou­teux) s’ils étaient lus, vrai­ment lus, par l’a­vant-garde du pro­gres­sisme, feraient moins les malins. »

Patrice Jean
Qu’un écri­vain puisse être en paix avec son temps me paraît vrai­ment curieux, entre­tien au Figa­ro, par Eugé­nie Bas­tié, 29 sep­tembre 2017

On sait que la volonté d’ordre et de forme constitue la base

« On sait que la volon­té d’ordre et de forme” consti­tue la base de toute civi­li­sa­tion tra­di­tion­nelle ; que la loi tra­di­tion­nelle ne pousse pas vers l’inqualifié, l’égal, l’indéfini, vers ce qui ren­drait les dif­fé­rentes par­ties du tout sem­blables, sous l’effet de l’homogénéisation ou de l’atomisation, mais veut que ces par­ties soient elles-mêmes, expriment de plus en plus par­fai­te­ment leur nature propre. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Le mystère de l’Histoire est un mystère aristocratique…

« Le mys­tère de l’Histoire est un mys­tère aris­to­cra­tique. Il s’accomplit par la mino­ri­té. Celle-ci porte l’esprit de l’universel, lequel est un esprit aris­to­cra­tique. L’esprit de la majo­ri­té, celui de la démo­cra­tie est pro­vin­cial et par­ti­cu­la­riste. Dans l’Histoire, ce sont les mino­ri­tés et l’aristocratie qui dirigent. Se rebel­ler contre leur direc­tion, c’est por­ter atteinte aux mys­tères de l’Histoire. Vous ne réus­si­rez pas à détruire la dis­sem­blance onto­lo­gique des âmes, à effa­cer la dif­fé­rence entre les intel­li­gents et les sots, les doués et les inca­pables, les nobles et les vils, les beaux et les informes, ceux qui ont la grâce et ceux qui ne la portent pas. »

Nico­las Ber­diaev
De l’inégalité, Édi­tions L’Âge d’homme, 2008

Les hommes se reconnaissent moins à leurs idées…

« Les hommes se recon­naissent moins à leurs idées qu’à leur atti­tude devant la vie. Ceux qui servent une idée s’a­per­çoivent plus ou moins vite de la dégra­da­tion de leur idéal lors­qu’on l’ap­plique aux faits. Ils se réfu­gient dans un acte de foi qui bien sou­vent ne s’ex­prime pas autre­ment que par la confiance en cer­tains guides. Mais cet acte de foi donne un sens à leur vie. »

Mau­rice Bar­dèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Le libéralisme, étant le régime qui, à la fois, sécrète…

« Le libé­ra­lisme, étant le régime qui, à la fois, sécrète l’inégalité et fait de sa détes­ta­tion même le fon­de­ment théo­rique de sa légi­ti­mi­té, pré­sente un carac­tère « schi­zo­phré­nique » et une impuis­sance consti­tu­tive. C’est la rai­son pour laquelle les poli­ti­ciens libé­raux n’ont jamais rien à oppo­ser à leurs cri­tiques socia­listes, sinon une plus grande effi­cience, c’est-à-dire, en clair, l’assurance de mieux réus­sir qu’eux dans la réa­li­sa­tion des mêmes buts. »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

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