Le livre
Révolte contre le monde moderne

Révolte contre le monde moderne

Auteur : Julius Evo­la
Édi­teur : Kontre Kul­ture édi­teur

Pré­sen­ta­tion de l’é­di­teur : « Les choses sont arri­vées à un point tel qu’on se demande aujourd’­hui qui serait capable d’as­su­mer le monde moderne […] Ce n’est qu’en remon­tant aux signi­fi­ca­tions et aux visions qui pré­va­laient avant l’é­ta­blis­se­ment des causes de la civi­li­sa­tion pré­sente, qu’on pour­ra dis­po­ser d’un point de réfé­rence abso­lu, d’une clé pour com­prendre effec­ti­ve­ment toutes les dévia­tions modernes – et pour trou­ver en même temps la tran­chée impre­nable, la ligne de résis­tance infran­chis­sable des­ti­née à ceux aux­quels il sera don­né, mal­gré tout, de res­ter debout. »

Julius Evo­la nous pro­pose ici de refaire avec lui le che­min. Car, à l’in­verse de la vision moderne de l’homme, qui en fait un être ayant évo­lué à par­tir d’une souche com­mune à celle des singes, et conti­nuant à évo­luer vers une huma­ni­té et une civi­li­sa­tion tou­jours plus avan­cées et libé­rées de la matière par la tech­no­lo­gie, selon la Tra­di­tion, le monde moderne est l’a­bou­tis­se­ment d’une lente et longue chute, qui a vu une civi­li­sa­tion lumi­neuse, solaire, celle de l’Âge d’or, se dégra­der, dégé­né­rer, au gré des migra­tions et des métis­sages, pour abou­tir à l’Âge sombre, l’âge des struc­tures méca­ni­sées et des masses, celui dans lequel nous vivons, et dont nous ne pour­rons espé­rer sor­tir que par le renou­vel­le­ment des cycles.

Dans les civi­li­sa­tions tra­di­tion­nelles, où cha­cun est à sa place, garant de l’é­qui­libre de toute la socié­té, la hié­rar­chie n’est pas le fruit d’une « dis­cri­mi­na­tion » injuste et arbi­traire, car il n’est pas ques­tion de volon­té humaine, mais d’une loi de nature : ce n’est pas la nais­sance qui déter­mine la nature, mais la nature qui déter­mine la nais­sance. Tout vient d’en haut. Ain­si, pour l’homme tra­di­tion­nel, toute loi n’a de légi­ti­mi­té que si elle a un carac­tère divin ; dès lors, elle devient abso­lue. Aujourd’­hui, c’est la force qui crée le droit, fluc­tuant au gré des vain­queurs, et les « valeurs » ne servent qu’à jus­ti­fier une domi­na­tion bru­tale au ser­vice d’une éco­no­mie triom­phante. Le monde moderne a pri­vé l’in­di­vi­du de toute vision trans­cen­dante, il n’est qu’une forme ano­nyme, mode­lable, avec comme pers­pec­tive ultime une huma­ni­té se pre­nant « elle-même pour objet de son culte ».

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Découvrez 6 citations extraites du livre

Seule compte la résistance silencieuse d’un petit nombre...

« Seule compte la résis­tance silen­cieuse d’un petit nombre, dont la pré­sence impas­sible de convives de pierre” sert à créer de nou­veaux rap­ports, de nou­velles dis­tances, de nou­velles valeurs, et per­met de consti­tuer un pôle qui, s’il n’empêche certes pas ce monde d’égarés d’être ce qu’il est, trans­met­tra pour­tant à quelques-uns la sen­sa­tion de la véri­té, sen­sa­tion qui sera peut-être aus­si le début de quelque crise libé­ra­trice. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

On sait que la volonté d’ordre et de forme constitue la base

« On sait que la volon­té d’ordre et de forme” consti­tue la base de toute civi­li­sa­tion tra­di­tion­nelle ; que la loi tra­di­tion­nelle ne pousse pas vers l’inqualifié, l’égal, l’indéfini, vers ce qui ren­drait les dif­fé­rentes par­ties du tout sem­blables, sous l’effet de l’homogénéisation ou de l’atomisation, mais veut que ces par­ties soient elles-mêmes, expriment de plus en plus par­fai­te­ment leur nature propre. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Quand nous opposons au monde moderne le monde antique...

« Quand nous oppo­sons au monde moderne le monde antique, ou tra­di­tion­nel, cette oppo­si­tion est en même temps idéale. Le carac­tère de tem­po­ra­li­té et d’« his­to­ri­ci­té » ne cor­res­pond en effet, essen­tiel­le­ment, qu’à un seul de ces deux termes, tan­dis que l’autre, celui qui se rap­porte à l’ensemble des civi­li­sa­tions de type tra­di­tion­nel, se carac­té­rise par la sen­sa­tion de ce qui est au-delà du temps, c’est-à-dire par un contact avec la réa­li­té méta­phy­sique qui confère à l’expérience du temps une forme très dif­fé­rente, « mytho­lo­gique », faite de rythme et d’espace, plus que de temps chro­no­lo­gique. À titre de rési­dus dégé­né­res­cents, des traces de cette forme qua­li­ta­ti­ve­ment diverse de l’expérience du temps sub­sistent encore chez cer­taines popu­la­tions dites « pri­mi­tives ». Avoir per­du ce contact, s’être dis­sous dans le mirage d’un pur et simple flux, d’une pure et simple « fuite en avant », d’une ten­dance qui repousse tou­jours plus loin son but, d’un pro­ces­sus qui ne peut et ne veut plus s’apaiser en aucune pos­ses­sion, et qui se consume en tout et pour tout, en termes d’« his­toire » et de « deve­nir » — c’est là une des carac­té­ris­tiques fon­da­men­tales du monde moderne, la limite qui sépare deux époques, et donc, non seule­ment, du point de vue his­to­rique, mais aus­si, et sur­tout, en un sens idéal, mor­pho­lo­gique et méta­phy­sique. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

S’il y a jamais eu une civilisation d’esclaves...

« S’il y a jamais eu une civi­li­sa­tion d’esclaves dans les grandes lar­geurs, c’est bien la civi­li­sa­tion moderne. Aucune culture tra­di­tion­nelle n’a vu d’aussi grandes masses condam­nées à un tra­vail aveugle, auto­ma­tique et sans âme : escla­vage qui n’a même pas pour contre­par­tie la haute sta­ture et la réa­li­té tan­gible de figures de sei­gneurs et de domi­na­teurs, mais est impo­sé de façon ano­dine à tra­vers la tyran­nie du fac­teur éco­no­mique et des struc­tures d’une socié­té plus ou moins col­lec­ti­vi­sée. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

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