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Citations sur la survie

La frontière, c’est à dire la protection…

« Aujourd’hui, nous com­pre­nons que cette vision idéo­lo­gique [mon­dia­liste] est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus. En effet, quand revient le mal­heur, quand rôde la guerre – par exemple à la fron­tière gré­co-turque – ou la mort – avec la pan­dé­mie -, les zom­bies des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales n’ont plus rien à dire – et d’ailleurs on ne les consulte plus. C’est le grand retour au car­ré magique de la sur­vie.
Le pre­mier point du car­ré, c’est la fron­tière, c’est à dire la pro­tec­tion, ce pour quoi les États ont été inven­tés. Le deuxième, c’est la sou­ve­rai­ne­té, c’est à dire la liber­té des peuples pour prendre des déci­sions rapides et ajus­tées. Le troi­sième coin du car­ré, c’est le local, donc le contrôle au plus proche des inté­rêts vitaux. Le qua­trième point, c’est la famille, puisque, quand on décide de confi­ner un pays, la Répu­blique de la PMA” ne confie pas les enfants des écoles aux fonds de pen­sion mais aux pépés et mémés. »

Phi­lippe de Vil­liers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

Les catastrophes éprouvent à quelle profondeur hommes et peuples demeurent enracinés…

« Les catas­trophes éprouvent à quelle pro­fon­deur hommes et peuples demeurent enra­ci­nés dans leurs ori­gines. Qu’une racine, du moins, puisent direc­te­ment au sol nour­ri­cier – la san­té et les chances de sur­vie en dépendent, alors même que la civi­li­sa­tion et ses assu­rances ont dis­pa­ru. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps…

« Nos contem­po­rains répu­gne­ront à faire leur deuil du culte et du pri­mat de l’in­di­vi­du libre de toute déter­mi­na­tion, libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps, l’homo fes­ti­vus qu’a bien défi­ni Muray, dont le vivre ensemble” est un mélange para­doxal de consom­ma­tion maté­ria­liste, de jouis­sances fugi­tives et de convi­via­li­té fac­tice.
Et c’est pour­tant à cet indi­vi­dua­lisme qu’il faut renon­cer pour reve­nir à une concep­tion et une défi­ni­tion holiste et orga­nique de la socié­té de l’Être. C’est une ques­tion de sur­vie indi­vi­duelle et col­lec­tive. »

Lio­nel Ron­douin
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Face à tout ce qui menace notre identité…

« Face à tout ce qui menace notre iden­ti­té et notre sur­vie en tant qu’Européens, contrai­re­ment à d’autres peuples, nous ne dis­po­sons pas du secours d’une reli­gion iden­ti­taire. À cela, nous ne pou­vons rien. En revanche, nous pos­sé­dons une riche mémoire iden­ti­taire. Cela dépend de nous de la retrou­ver, de la culti­ver, d’en faire une méta­phy­sique de la mémoire, qui nous struc­ture et réponde au trouble de notre époque. »

Domi­nique Ven­ner
Le Choc de l’Histoire, Via Roma­na, 2011

La Forêt, telle que l’avait annoncée et admirée Ernst Jünger…

« La Forêt, telle que l’avait annon­cée et admi­rée Ernst Jün­ger, l’un des grands phi­lo­sophes de ce siècle, la forêt refuge et régé­né­ra­tion, source de l’éternelle jeu­nesse, est là aus­si. Elle enferme sym­bo­li­que­ment tous les élé­ments de notre sur­vie. Je sais que lorsque les fous et les sages, qui pré­tendent se par­ta­ger la domi­na­tion du monde, auront, l’un après l’autre, appuyé sur tous les bou­tons qui peuvent anéan­tir notre pla­nète, l’on ver­ra sor­tir des bun­kers secrets ou des hal­liers indes­truc­tibles quelques fiers « Ayacks » qui se por­te­ront en avant, les bras croi­sés, jus­qu’aux Falaises de marbre, pour regar­der sans cil­ler naître un monde nou­veau qui sera pour très long­temps ou pour tou­jours le monde des vivants. »

Jean-Louis Fon­cine
Le Royaume des Vivants, texte écrit à l’occasion du 50ème anni­ver­saire de la Col­lec­tion « Signe de Piste », 1987

La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie…

« Il y a un feu. Ros­can­vel a cru voir un feu. Il écar­quille les yeux, pleu­rant de joie et de misère, de souf­france, de froid et de sel… Il y a un feu ! Fra­gile ain­si qu’une chi­mère, il pal­pite, cli­gnote fai­ble­ment, s’étiole dans un grain violent, semble se ravi­ver pour s’éteindre encore. Il y a un feu et l’espérance gran­dit comme une flamme. La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie ! »

Pierre Schoen­doerf­fer
L’aile du papillon, Édi­tions Gras­set, 2003

Le premier instinct humain est l’instinct de survie…

« Le pre­mier ins­tinct humain est l’instinct de sur­vie, et cet ins­tinct emporte tout sur son pas­sage ; nous aurions dû apprendre pour tou­jours ce que la peur pour l’espace vital peut déclen­cher dans un peuple qui pou­vait se récla­mer de la plus haute civi­li­sa­tion du monde, nous aurons demain à apprendre ce que la réa­li­té des menaces pour l’espace vital et la digni­té des hommes peut pro­vo­quer chez ceux qui se sen­ti­ront mena­cés dans leur sur­vie par la sur­po­pu­la­tion et l’entassement humain du futur. La loi de l’intérêt indi­vi­duel, les pas­sions de toute nature ne sont que les habillages que l’abondance per­met d’élaborer autour de cette pas­sion simple : sur­vivre. Il est pos­sible que la science poli­tique de demain ait à oublier bien des véri­tés qui n’étaient que le fait de la richesse, de la sûre­té du len­de­main et de la sur­vie, pour redé­cou­vrir quelques aspects des socié­tés humaines que nous avons depuis long­temps oubliés. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

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