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Thème

Citations sur l'éducation

Nous regrettons l’épée…

« Pour notre part, nous regret­tons l’épée ; avec l’usage de por­ter l’épée s’est en allée la vieille urba­ni­té fran­çaise ; on est tou­jours poli avec un inter­lo­cu­teur qui peut vous entrer quelques pouces de fer dans le ventre si vos manières n’ont pas l’aménité conve­nable. L’abolition du duel achè­ve­ra de nous rendre le peuple le plus gros­sier de l’univers : tous les lâches, sûrs de l’impunité, vont deve­nir inso­lents. Et puis c’était réel­le­ment pour un jeune homme de cœur une amie sûre et fidèle qu’une épée de bon acier bien trem­pé et bien franc. L’homme gagnait à ce com­merce intime avec le métal ; il en pre­nait les qua­li­tés rigides, la loyau­té invio­lable, le vif éclat, la net­te­té inci­sive, et cette union tacite était si bien com­prise, que le plus grand éloge que l’on pût don­ner à quelqu’un, c’était de dire qu’il était brave comme son épée. Mais nous sommes dans une époque peu che­va­le­resque, et la pro­saïque savate doit rem­pla­cer la jolie épée fran­çaise, ce bijou aigu, cet éclair d’acier qui du moins brillait dans la nuit avant d’arriver à la poi­trine d’un homme. »

Théo­phile Gautier
Le Maître de chaus­son, in La Peau de tigre, Michel Lévy frères, 1866

De là cette chaleur et cette bousculade vers la culture…

« De là cette cha­leur et cette bous­cu­lade vers la culture, ce zèle pour une réforme phi­lo­so­phique de l’éducation et de l’ensemble des formes sociales et poli­tiques de l’humanité, qui font de l’époque de l’Aufklä­rung si sou­vent dépré­ciée une époque si digne d’être hono­rée. Un témoi­gnage impé­ris­sable de cet esprit, nous le pos­sé­dons dans l’hymne magni­fique « À la joie » que l’on doit à Schil­ler et à Bee­tho­ven. Nous ne pou­vons plus entendre cet hymne aujourd’hui qu’avec dou­leur. On ne peut ima­gi­ner contraste plus grand que celui de la situa­tion de ce temps avec notre situa­tion présente. »

Edmund Hus­serl
La crise des sciences euro­péennes et la phé­no­mé­no­lo­gie trans­cen­dan­tale (Die kri­sis der euro­pai­schen wis­sen­schaf­ten und die trans­zen­den­tale phae­no­me­no­lo­gie), 1954, trad. Gérard Gra­nel, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 1989

Autrefois, les jeunes gens étaient obligés d’étudier…

« Autre­fois, les jeunes gens étaient obli­gés d’étu­dier ; ils n’a­vaient pas envie de pas­ser pour des ignares, ils se don­naient du mal, bon gré mal gré. Aujourd’­hui, il leur suf­fit de dire : fari­boles, tout n’est que fari­boles ! et le tour est joué […] les voi­là tout d’un coup pro­mus nihi­listes. »

Ivan Tour­gue­niev
Pères et fils, 1862, in Romans et nou­velles com­plets, tome II, trad. Fran­çoise Fla­mant, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1982

Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps…

« Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps aurait pu être pré­vu dès l’instant où je res­sen­tis l’attirance des don­nées pro­fondes de la sur­face. Je savais que la seule chose qui pou­vait for­ti­fier une telle idée c’était le muscle. Qui accorde la moindre atten­tion à un théo­ri­cien d’éducation phy­sique décrépit ? »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Un devoir de mémoire frelaté et destructeur…

« En lieu et place d’une his­toire met­tant en pers­pec­tive de hauts faits, sans pour autant nier les che­mins de tra­verse, on inculque aux Euro­péens un devoir de mémoire” fre­la­té et des­truc­teur. Un devoir de mémoire” dans lequel la conti­nui­té de l’histoire euro­péenne et de ses valeurs semble défi­ni­ti­ve­ment perdue. »

Jean-Yves Le Gallou
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2020

Les vrais atouts de leur propre langue…

« Ce livre n’a pas la moindre pré­ten­tion de théo­ri­ser, ni de défendre une thèse quel­conque. Il m’a conduit cepen­dant, au fur et à mesure qu’il s’est déployé, à mieux prendre conscience de l’obs­tacle qui empêche les Fran­çais d’au­jourd’­hui de com­prendre quels sont les vrais atouts de leur propre langue, qu’ils parlent encore, mais dis­trai­te­ment et qu’ils n’osent plus aimer. »

Marc Fuma­ro­li
Quand l’Eu­rope par­lait fran­çais, Édi­tions de Fal­lois, 2001

Ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on est un voyou…

« Ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on est un voyou. Bien des riches sont de vrais truands qui confondent ce qu’ils ont avec ceux qu’ils sont. Le pauvre lui n’a que ce qu’il est. Sois tou­jours digne et pro­tège ton hon­neur : il est ta seule richesse. »

Erik L’Homme
Les Maîtres des bri­sants, tome 1, Chien-de-la-lune, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Hors-piste, 2004

Le meilleur des livres…

« Le meilleur des livres est celui qui ne se contente pas de me pro­cu­rer un plai­sir en venant satis­faire mon attente : au contraire, il la sur­prend, la dépasse, me tire hors de mon état ini­tial ; et c’est en me dépas­sant, à sa lec­ture, que je m’ap­proche de ce que je suis, de ce que je pense, res­sens et vis. Par son ouvrage, l’au­teur ne m’offre pas qu’un diver­tis­se­ment : il aug­mente en moi ma propre liber­té — il m’aug­mente de moi-même, pour­rait-on dire. C’est d’ailleurs là le prin­cipe même de son auto­ri­té l’auc­tor est celui dont le propre est d’au­gere, d’aug­men­ter. Ce que l’au­teur fait croître en moi, ce n’est pas seule­ment un conte­nu de savoir, une quan­ti­té de culture, un capi­tal à entre­te­nir, mais l’être même que je suis. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Les Déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­mettre, édi­tions Plon, 2014

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