Thème

Citations sur l'éducation

La promotion de l’idéal diversitaire justifie un harcèlement médiatique…

« La pro­mo­tion de l’i­déal diver­si­taire jus­ti­fie un har­cè­le­ment média­tique per­ma­nent pour ame­ner les popu­la­tions à s’y conver­tir et pour iden­ti­fier ceux qui résistent à ses sirènes. Il est même néces­saire de heur­ter le sens com­mun, de le désta­bi­li­ser et lui faire perdre toute valeur d’é­vi­dence, pour qu’il ne sub­siste qu’à la manière de sté­réo­types à congé­dier et de pré­ju­gés à décons­truire – cela per­met­tra de démas­quer ceux qui s’y attachent exa­gé­ré­ment. C’est ce qu’on appel­le­ra pudi­que­ment des cam­pagnes pour faire évo­luer les mentalités. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

La propagande est triplement efficace…

« La pro­pa­gande est tri­ple­ment effi­cace : par le gavage, par la sidé­ra­tion, par l’intimidation.
Le condi­tion­ne­ment est quo­ti­dien. En cer­taines cir­cons­tances (guerre, atten­tat, émeutes, crise finan­cière), la pres­sion de pro­pa­gande est telle qu’elle abou­tit à la sidé­ra­tion des cibles (c’est-à-dire des citoyens), inca­pables de résis­ter et de bouger.
La pro­pa­gande a aus­si une fonc­tion inti­mi­dante : celui qui tente de résis­ter risque d’être balayé, ostra­ci­sé, frap­pé d’interdit sco­laire ou pro­fes­sion­nel ou de mort civique ou média­tique. »

Jean-Yves Le Gallou
Seize thèses sur la socié­té de pro­pa­gande, Polé­mia, 15 juin 2019

Le vieil ordre des valeurs maintenait au cœur des hommes…

« Les monar­chies avaient déjà empli d’une autre cire les alvéoles de la féo­da­li­té, mais les alvéoles exis­taient tou­jours, elles for­maient le gâteau d’où le miel débor­dait : ain­si la morale mili­taire res­tait l’ar­ma­ture sur laquelle un per­son­nage nou­veau, le gen­til­homme, fai­sait repo­ser des manières qui parais­saient très éloi­gnées de l’es­prit féo­dal, mais qui se rap­por­taient au même code. Les inon­da­tions, les raz-de-marée de l’his­toire pas­saient sur ce ter­rain humain sans en détruire de relief : les falaises et les crêtes tom­baient, mais, après ces ébou­le­ments, le vieil ordre des valeurs main­te­nait au cœur des hommes ses col­lines et ses étagements. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Aussi vais-je écouter Kandall…

« Aus­si vais-je écou­ter Kan­dall lorsque le soir il réunit les enfants dans son wagon et leur raconte des his­toires. Invente-t-il ? A‑t-il vécu tout cela ? Les peu­plades qu’il res­sus­cite pour les regar­der mou­rir ont-elles jamais exis­té ? Qu’im­porte. Les enfants l’é­coutent avec des yeux immenses car Kan­dall sait trans­for­mer la mort en un com­men­ce­ment et ses récits vont bien au-delà de la tris­tesse. J’i­ma­gine qu’il nous racon­te­ra un jour, peut-être demain, com­ment est mort le peuple du train qui vou­lait mou­rir seul… »

Jean Ras­pail
Sep­ten­trion, édi­tions Robert Laf­font, 1979, réed. 2007

Feignant d’avoir reniflé des loups…

« Fei­gnant d’a­voir reni­flé des loups, ou des rôdeurs, ou toute autre créa­ture mal­fai­sante, le comte Frantz expé­diait l’en­fant jus­qu’à la lisière de bou­leaux qui mar­quait le fond du parc et qui lui sem­blait le bout du monde. Vous plan­te­rez ce bâton, Tris­tan, disait-il, vous y pose­rez votre main droite, vous n’o­met­trez pas de fer­mer les yeux, puis vous réci­te­rez cette prière que je vous incite à ne jamais oublier : Kouj Karas­sa­kal albas­ti jouïou­na­chi kouj karas­sa­kal…, et ain­si vous nous sau­ve­rez. Le bâton-loup du petit homme nous a tou­jours pro­té­gé.” À l’en­fant qui reve­nait, trem­blant de peur, le visage blanc, mais ayant accom­pli sa mis­sion, il disait ensuite : Je suis fier de vous, Tris­tan, vous voi­là un vrai guet­teur de fron­tière, à présent.” »

Jean Ras­pail
Les royaumes de Borée, édi­tions Albin Michel, 2003

Du point de vue amoureux Véronique appartenait…

« Du point de vue amou­reux Véro­nique appar­te­nait, comme nous tous, à une géné­ra­tion sacri­fiée. Elle avait cer­tai­ne­ment été capable d’amour ; elle aurait sou­hai­té en être encore capable, je lui rends ce témoi­gnage ; mais cela n’é­tait plus pos­sible. Phé­no­mène rare, arti­fi­ciel et tar­dif, l’a­mour ne peut s’é­pa­nouir que dans des condi­tions men­tales spé­ciales, rare­ment réunies, en tous points oppo­sées à la liber­té de mœurs qui carac­té­rise l’é­poque moderne. Véro­nique avait connu trop de dis­co­thèques et d’a­mants ; un tel mode de vie appau­vrit l’être humain, lui infli­geant des dom­mages par­fois graves et tou­jours irré­ver­sibles. L’a­mour comme inno­cence et comme capa­ci­té d’illu­sion, comme apti­tude à résu­mer l’en­semble de l’autre sexe à un seul être aimé, résiste rare­ment à une année de vaga­bon­dage sexuel, jamais à deux. En réa­li­té, les expé­riences sexuelles suc­ces­sives accu­mu­lées au cours de l’a­do­les­cence minent et détruisent rapi­de­ment toute pos­si­bi­li­té de pro­jec­tion d’ordre sen­ti­men­tal et roma­nesque ; pro­gres­si­ve­ment, et en fait assez vite, on devient aus­si capable d’a­mour qu’un vieux tor­chon. Et on mène ensuite, évi­dem­ment, une vie de tor­chon ; en vieillis­sant on devient moins sédui­sant, et de ce fait amer. On jalouse les jeunes, et de ce fait on les hait. Cette haine, condam­née à res­ter inavouable, s’en­ve­nime et devient de plus en plus ardente ; puis elle s’amortit. »

Michel Houel­le­becq
Exten­sion du domaine de la lutte, Édi­tions Mau­rice Nadeau, 1994

Vous êtes faits pour apprendre à lire…

« Je leur dis : pour­quoi vou­lez-vous exer­cer un gou­ver­ne­ment des esprits. Et comme tous les autres pour­quoi vou­lez-vous exer­cer un gou­ver­ne­ment tem­po­rel des esprits. Pour­quoi vou­lez-vous avoir une poli­tique, et l’im­po­ser. Pour­quoi vou­lez-vous avoir une méta­phy­sique, et l’im­po­ser. Pour­quoi vou­lez-vous avoir un sys­tème quel­conque, et l’imposer.
Vous êtes faits pour apprendre à lire, à écrire et à comp­ter. Appre­nez-leur donc à lire, à écrire et à comp­ter. Ce n’est pas seule­ment très utile. Ce n’est pas seule­ment très hono­rable. C’est la base de tout. Il sait ses quatre règles, disait-on de quel­qu’un quand j’é­tais petit. Qu’ils nous apprennent donc nos quatre règles. Je ne veux pas jouer sur les mots, mais sans par­ler d’é­crire ce serait déjà un grand pro­grès, (puisque nous sommes dans un sys­tème du pro­grès), que d’a­voir, que d’être un peuple qui sau­rait lire et qui sau­rait compter. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés