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Citations sur l'éducation

Les manuels diffusent les valeurs que les programmes drainent…

« Selon Hugo Billard, auteur de manuels chez Belin, inter­ro­gé pour un article du Monde le 16 sep­tembre 2011, les manuels dif­fusent les valeurs que les pro­grammes drainent : ils sont pro­ré­pu­bi­cains, pro-euro­péens, pour l’équilibre social et la diver­si­té cultu­relle”.
[…] Une pesée glo­bale des exemples choi­sis par les manuels per­met de retrou­ver les grands mou­ve­ments de l’opinion domi­nante des pre­mières années du XXIe siècle. Les manuels ne sont plus l’instrument d’une idéo­lo­gie patrio­tique ou socia­li­sante dont il fau­drait trans­mettre les réflexes, mais le lieu d’expression des prio­ri­tés d’une époque qui vit sur les ruines des grands mes­sia­nismes sécu­liers du XXe siècle. Noir­cis­sant le pas­sé et res­tant dis­crets sur bien des vio­lences sociales contem­po­raines, les manuels res­tent pro­gres­sistes”, tout en étant mar­qués par une ten­dance à l’éloge des cultures non-euro­péennes, à la cri­tique des idées iden­ti­taires” et à un cer­tain fatalisme. »

Vincent Badré
L’Histoire fabri­quée ? Ce qu’on ne vous a pas dit à l’école…, Édi­tions du Rocher, 2012

Ceux que je hais, c’est d’abord ceux qui ne sont point…

« Ceux que je hais, c’est d’abord ceux qui ne sont point. Race de chiens qui se croient libres, parce que libres de chan­ger d’avis, de renier (et com­ment sau­raient-ils qu’ils renient puisqu’ils sont juges d’eux-mêmes ?). Parce que libres de tri­cher et de par­ju­rer et d’abjurer, et que je fais chan­ger d’avis, s’ils ont faim, rien qu’en leur mon­trant leur auge.
[…] Mais tous ceux-là je les dirai de la racaille, qui vivent des gestes d’autrui et, comme le camé­léon, s’en colorent, et aiment d’où viennent les pré­sents, et goûtent les accla­ma­tions et se jugent dans le miroir des mul­ti­tudes : car on ne les trouve point, ils ne sont point, comme une cita­delle, fer­més sur leurs tré­sors et, de géné­ra­tion en géné­ra­tion ils ne délèguent pas leur mot de passe, mais laissent croître leurs enfants sans les pétrir. Et ils poussent, comme des cham­pi­gnons, sur le monde. »

Antoine de Saint-Exupéry
Cita­delle, édi­tions Gal­li­mard, 1948

Le militantisme est une école…

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de certitudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

De grands efforts ont été faits pour briser le fil du temps…

« De grands efforts ont été faits pour bri­ser le fil du temps et sa cohé­rence, pour inter­dire aux Euro­péens de retrou­ver dans leurs ancêtres leur propre image, pour leur déro­ber leur pas­sé et faire en sorte qu’il leur devienne étran­ger. De tels efforts ont des pré­cé­dents. Du Haut Moyen Âge à la Renais­sance, de nom­breux siècles ont été sou­mis à une abla­tion de la mémoire et à une réécri­ture totale de l’histoire. En dépit des efforts déployés, cette entre­prise a fina­le­ment échoué. Celle, pure­ment néga­tive, conduite depuis la deuxième par­tie du XXe siècle, dure­ra beau­coup moins. Venant d’horizons inat­ten­dus, les résis­tances sont nom­breuses. Comme dans le conte de la Belle au bois dor­mant, la mémoire endor­mie se réveille­ra. Elle se réveille­ra sous l’ardeur de l’amour que nous lui porterons. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

Rien de bien ne se fait couché ou assis !

« Rien de bien ne se fait cou­ché ou assis ! Seul, l’homme debout fait du bon tra­vail, et c’est quand il marche qu’il pense droit ! Garde toi de ne rien faire le cul sur une chaise ou sur un lit, sinon de man­ger, dor­mir ou repo­ser ! Si tu veux com­prendre, débattre sai­ne­ment, ima­gi­ner, orga­ni­ser ta pen­sée, conce­voir et déci­der : Marche ! Marche, tu verras ! »

Hen­ri Vincenot
Les étoiles de Com­pos­telle, édi­tions Denoël, 1982

La verticalité est intrinsèque à la masculinité…

« La ver­ti­ca­li­té est intrin­sèque à la mas­cu­li­ni­té et à l’ancien ordre euro­péen. Elle se mani­feste par une ten­sion natu­relle vers le risque, la dif­fé­rence, l’altitude en tout. Elle méprise la sécu­ri­té, la tran­quilli­té, l’indolence, l’hédonisme, qui sont pen­chants hori­zon­taux. Elle dis­tingue, élève, attri­bue un rang. Elle hié­rar­chise les idées et les per­sonnes. L’ordre d’Homère est ver­ti­cal comme l’est aus­si le lan­gage, l’élégance, la gram­maire, les don­jons, ou la forme que l’on donne aux authen­tiques créations. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

La maturité de l’homme : cela veut dire retrouver…

« La matu­ri­té de l’homme : cela veut dire retrou­ver le sérieux que l’on avait au jeu, étant enfant. »

Frie­drich Nietzsche
Par-delà le bien et le mal – Pré­lude d’une phi­lo­so­phie de l’a­ve­nir (Jen­seits von Gut und Böse – Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2000

Je ne puis que répéter mon conseil…

« Je ne puis que répé­ter mon conseil de tenir un cahier de sou­ve­nirs, ne serait-ce qu’une suite de mots repères qui ser­vi­ront plus tard. Ain­si se conser­ve­ront des notes pré­cieuses dont nos petits-enfants tire­ront encore par­ti, car eux seuls pour­ront recon­naître dans les évé­ne­ments cette ligne de des­tin, insai­sis­sable pour nous et qui se mani­fes­te­ra dans l’ave­nir, à une époque où nos pas­sions d’au­jourd’­hui n’au­ront plus qu’une por­tée his­to­rique. Ain­si s’é­ta­bli­ra une série de petites mono­gra­phies sus­cep­tibles de main­te­nir dans les familles une tra­di­tion, c’est-à-dire la com­pré­hen­sion des des­ti­nées d’un pays. »

Ernst Jün­ger
Le Boque­teau 125 (Das Wäld­chen 125), 1925, trad. Julien Her­vier, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2000

Quant aux livres qui, de relais en relais…

« Quant aux livres qui, de relais en relais, ont véhi­cu­lé une culture, il suf­fit qu’ils soient introu­vables pour que les géné­ra­tions mon­tantes en soient écartées. »

Jules Mon­ne­rot
Dés­in­tox. Au secours de la France décé­ré­brée, édi­tions Alba­tros, 1987

Quant aux langues anciennes, elles présentent un cas particulièrement…

« Quant aux langues anciennes, elles pré­sentent un cas par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant. D’une part, en tant que langues, elles consti­tuent l’exemple clé de ce qui, à l’accoutumée, se trans­met par simple tra­di­tion. D’autre part, leur trans­mis­sion est uni­que­ment active, elles sont l’objet d’un ensei­gne­ment. C’est ce phé­no­mène que l’on désigne par l’expression étrange de « langues mortes ». Elles peuvent deve­nir aus­si vivantes que les autres, mais elles reçoivent leur vie de l’extérieur. Une langue morte peut d’ailleurs rede­ve­nir vivante, le cas de l’hébreu moderne le montre à l’évidence. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

L’étude des langues anciennes est le résultat…

« L’étude des langues anciennes est le résul­tat de la liber­té et d’elle seule. C’est pour­quoi je m’associerai ici à l’éloge le plus flat­teur qu’on en ait jamais fait : les langues anciennes ne servent à rien. Si elles ser­vaient, elles seraient, le mot le dit, ser­viles. Les esclaves ou les affran­chis qui s’imaginent cri­ti­quer les langues anciennes en leur repro­chant de ne pas accep­ter le joug de la consom­ma­tion tra­hissent par là, sur leur cou, la pré­sence ou la trace encore fraîche du collier. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

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