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Citations sur le duel

Citations sur le duel : découvrez 2 citations de Théophile Gautier, Ben Schott

Nous regrettons l’épée…

« Pour notre part, nous regret­tons l’épée ; avec l’usage de por­ter l’épée s’est en allée la vieille urba­ni­té fran­çaise ; on est tou­jours poli avec un inter­lo­cu­teur qui peut vous entrer quelques pouces de fer dans le ventre si vos manières n’ont pas l’aménité conve­nable. L’abolition du duel achè­ve­ra de nous rendre le peuple le plus gros­sier de l’univers : tous les lâches, sûrs de l’impunité, vont deve­nir inso­lents. Et puis c’était réel­le­ment pour un jeune homme de cœur une amie sûre et fidèle qu’une épée de bon acier bien trem­pé et bien franc. L’homme gagnait à ce com­merce intime avec le métal ; il en pre­nait les qua­li­tés rigides, la loyau­té invio­lable, le vif éclat, la net­te­té inci­sive, et cette union tacite était si bien com­prise, que le plus grand éloge que l’on pût don­ner à quelqu’un, c’était de dire qu’il était brave comme son épée. Mais nous sommes dans une époque peu che­va­le­resque, et la pro­saïque savate doit rem­pla­cer la jolie épée fran­çaise, ce bijou aigu, cet éclair d’acier qui du moins brillait dans la nuit avant d’arriver à la poi­trine d’un homme. »

Théo­phile Gautier
Le Maître de chaus­son, in La Peau de tigre, Michel Lévy frères, 1866

Lorsque la première offense est un démenti…

« Art. 4. Lorsque la pre­mière offense est un démen­ti, l’offenseur doit deman­der par­don en terme exprès, ou échan­ger deux coups avant toute excuse, ou trois avant toute expli­ca­tion ; ou sinon conti­nuer à faire feu jusqu’à tant que l’une des par­ties essuie une bles­sure légère.
Art. 21. Les seconds doivent ten­ter une conci­lia­tion avant la ren­contre, ou bien après un échange de feu ou de coups jugé suffisant.
Art. 22. Toute bles­sure assez sérieuse pour trou­bler les nerfs et néces­sai­re­ment, faire trem­bler la main, met fin aux hos­ti­li­tés pour ce jour-là.
Art. 25. Si les seconds se que­rellent et résolvent eux aus­si de se battre, ce doit être en même temps que les prin­ci­paux duel­listes, et per­pen­di­cu­lai­re­ment à eux ; ou bien côte à côte, à dis­tance de cinq pas, s’ils se battent à l’épée. »

Ben Schott
Code irlan­dais du duel, Assises de Clon­mell (1777), Les Mis­cel­la­nées de Mr Schott, 2005

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