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Citations sur le spectacle

Le spectacle électoral se déroule essentiellement…

« Depuis main­te­nant plus de trente ans, dans tous les pays occi­den­taux, le spec­tacle élec­to­ral se déroule essen­tiel­le­ment sous le signe d’une alter­nance unique entre une gauche et une droite libé­rales qui, à quelques détails près, se contentent d’ap­pli­quer à tour de rôle le pro­gramme éco­no­mique défi­ni et impo­sé par les grandes ins­ti­tu­tions capi­ta­listes inter­na­tio­nales. »

Jean-Claude Michéa
Les Mys­tères de la gauche. De l’i­déal des Lumières au triomphe du capi­ta­lisme abso­lu, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2013

Les anciens Grecs ajoutèrent à la vénération du réel…

« Les anciens Grecs ajou­tèrent à la véné­ra­tion du réel la puis­sance de leur ima­gi­naire. Sur la mer éclai­rée par les mythes et les méduses, il y eut un miracle, voi­là trois mil­lé­naires. Des hommes prirent une déci­sion : ne plus jamais assis­ter à un spec­tacle natu­rel sans y asso­cier la pré­sence d’un dieu. »

Syl­vain Tes­son
La grande odys­sée de Syl­vain Tes­son, dans le sillage d’Ulysse, Le Figa­ro, 10 avril 2020

La corrida déstabilise l’Européen moderne…

« La cor­ri­da désta­bi­lise l’Européen moderne pour deux rai­sons : d’abord, elle nous confronte à la nature sau­vage ; ensuite, elle nous confronte à la mort. La pre­mière mise à mort à laquelle j’ai assis­té fut un choc ter­rible : j’étais triste pour le tau­reau et aus­si enthou­sias­mé par le spec­tacle. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

Les montagnes, les belles montagnes qui lui avaient tant plu…

« Les mon­tagnes, les belles mon­tagnes qui lui avaient tant plu alors qu’il s’en appro­chait, s’obscurcissaient à pré­sent tou­jours davan­tage, et fai­saient tom­ber de sombres taches mena­çantes sur la sur­face de lac que paille­tait encore l’or pâle du cou­chant, par­mi les noirs reflets des monts ; tout pre­nait autour de lui, en s’enveloppant dans les ombres de la nuit, des formes de plus en plus étranges. Le noir et l’or du lac se tou­chaient et se confon­daient comme s’il y pas­sait un léger cou­rant d’air. Le regard de Vic­tor, seule­ment habi­tué aux belles et heu­reuses impres­sions du jour, ne pou­vait pas se détour­ner de ce spec­tacle, où les choses imper­cep­ti­ble­ment chan­geaient de cou­leur en se lais­sant enve­lop­per par la tran­quilli­té de la nuit. »

Adal­bert Stif­ter
L’Homme sans pos­té­ri­té, 1844, cité par Éric Gro­lier dans Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Le voyageur glissant sur l’océan ou gravissant…

« Le voya­geur glis­sant sur l’océan ou gra­vis­sant la mon­tagne pré­fère consa­crer son éner­gie vitale à s’émerveiller du spec­tacle du monde plu­tôt qu’à ratio­ci­ner sur son tas de misé­rables secrets inté­rieurs. Il pri­vi­lé­gie l’exploration à l’introspection. Il goûte davan­tage de se tenir debout sur la route que cou­ché sur le divan. »

Syl­vain Tes­son
Pré­face à Car­nets d’aventures, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

Contrairement à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hollywood…

« Contrai­re­ment à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hol­ly­wood, Zeus et Achille n’étaient pas noirs, le roi Arthur n’était pas un migrant éry­thréen, Jeanne d’Arc n’entendait pas des Negro Spi­ri­tuals avant d’aller bou­ter les Russes hors d’Ukraine, Mar­gue­rite d’Anjou ne venait pas des rives du Niger.
Les Euro­péens doivent résis­ter au for­çage idéo­lo­gique per­ma­nent que veut leur impo­ser la super­classe mon­diale. Ils doivent refu­ser l’altération et la colo­ni­sa­tion de leur ima­gi­naire par la « World music » et les séries et les films déréa­li­sants.
Les Euro­péens doivent reprendre pos­ses­sion de leur mytho­lo­gie et de leur his­toire. »

Jean-Yves Le Gal­lou
XXIe siècle, vers un nou­veau cycle euro­péen ?, allo­cu­tion au cin­quième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 7 avril 2018

Qu’est-ce que la solitude ?…

« Qu’est-ce que la soli­tude ? Une com­pagne qui sert à tout.
Elle est un baume appli­qué sur les bles­sures. Elle fait caisse de réso­nance : les impres­sions sont décu­plées quand on est seul à les faire sur­gir. Elle impose une res­pon­sa­bi­li­té : je suis l’am­bas­sa­deur du genre humain dans la forêt vide d’hommes. Je dois jouir de ce spec­tacle pour ceux qui en sont pri­vés. Elle génère des pen­sées puisque la seule conver­sa­tion pos­sible se tient en soi-même. Elle lave de tous les bavar­dages, per­met le coup de sonde en soi. Elle convoque à la mémoire le sou­ve­nir des gens aimés. Elle lie l’er­mite d’a­mi­tié avec les plantes et les bêtes et par­fois un petit dieu qui pas­se­rait par là. »

Syl­vain Tes­son
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

Dans le spectacle moderne…

« Dans le spec­tacle moderne, le mal­heur des autres est un spec­tacle télé­vi­sé, nos jeux du cirque de la Rome déca­dente à nous, démo­cra­ties éner­vées par le vacarme orga­ni­sé et le silence com­plice. La seule règle étant de renou­ve­ler le spec­tacle, de la Soma­lie au Rwan­da, du Liban à la Bos­nie. Le tapage ne conduit pas à agir hélas, mais à un autre tapage : condam­ner, déplo­rer, aver­tir solen­nel­le­ment, trop sou­vent sans consé­quences. La parole n’en­traîne que la parole. La langue coupe la tête, affirme le pro­verbe tatar. »

Jean-Fran­çois Deniau
Mémoires de 7 vies. Les temps aven­tu­reux, Tome 1, édi­tions Plon, 1994

Rien n’est plus doux que la patrie…

« Rien n’est plus doux que la patrie, dit un com­mun pro­verbe. Est-il en effet rien de plus aimable, de plus auguste, de plus divin ? Seule­ment, tout ce que les hommes regardent comme divin et auguste, n’est tel qu’en rai­son de la patrie, cause et maî­tresse sou­ve­raine, qui donne à cha­cun la nais­sance, la nour­ri­ture et l’éducation. On peut admi­rer la gran­deur, la beau­té et la magni­fi­cence des autres cités ; mais on ne ché­rit que celle où l’on a reçu le jour ; et, de tous les voya­geurs qu’entraîne le plai­sir de voir un spec­tacle agréable, il n’en est aucun qui se laisse séduire par les mer­veilles qu’il trouve chez les autres peuples, au point d’oublier entiè­re­ment le lieu de sa nais­sance.
[…] C’est dans la patrie que cha­cun de nous a vu d’abord luire le soleil. Ce dieu, géné­ra­le­ment ado­ré de tous les hommes, est encore en par­ti­cu­lier le dieu de leur patrie ; sans doute parce que c’est là qu’ils ont com­men­cé à jouir de son aspect, arti­cu­lé les pre­miers sons, répé­té le lan­gage de leurs parents, appris à connaître les dieux. Si la patrie que le sort nous a don­née est telle que nous ayons besoin d’aller pui­ser ailleurs une édu­ca­tion plus rele­vée, c’est encore à elle que nous devons savoir gré de cette édu­ca­tion, puisque sans elle nous n’eussions pas connu le nom de cette ville ; nous ne nous serions pas dou­tés de son exis­tence.
Si l’on veut bien com­prendre l’attachement que de bons citoyens doivent avoir pour la patrie, il faut s’adresser à ceux qui sont nés dans un autre pays. Les étran­gers, comme des enfants illé­gi­times, changent faci­le­ment de séjour ; le nom de patrie, loin de leur être cher, leur est incon­nu. Par­tout où ils espèrent se pro­cu­rer plus abon­dam­ment de quoi suf­fire à leurs besoins, ils s’y trans­portent, et mettent leur bon­heur dans la satis­fac­tion de leurs appé­tits. Mais ceux pour qui la patrie est une mère, ché­rissent la terre qui les a nour­ris, fût-elle petite, âpre, sté­rile. S’ils ne peuvent en louer la fer­ti­li­té, ils ne man­que­ront pas d’autre matière à leurs éloges. Entendent-ils d’autres peuples louer, van­ter leurs vastes prai­ries émaillées de mille fleurs, ils n’oublient point de louer aus­si le lieu de leur nais­sance, et, dédai­gnant la contrée qui nour­rit les cour­siers, ils célèbrent le pays qui nour­rit la jeu­nesse.
Oui, tous les hommes s’empressent de retour­ner dans leur patrie, jusqu’à l’insulaire, qui pour­rait jouir ailleurs de la féli­ci­té ; il refuse l’immortalité qui pour­rait lui est offerte, il pré­fère un tom­beau dans la terre natale, et la fumée de sa patrie lui paraît plus brillante que le feu qui luit dans un autre pays.
La patrie est donc pour tous les hommes un bien si pré­cieux, que par­tout les légis­la­teurs ont pro­non­cé contre les plus grands crimes, comme la peine la plus ter­rible, l’exil. Et il n’y a pas que les légis­la­teurs qui pensent ain­si : les chefs d’armée qui veulent entraî­ner leurs troupes ran­gées pour la bataille, ne trouvent rien à leur dire que ces mots : « Vous com­bat­tez pour votre pays ! » Il n’y a per­sonne qui, en les enten­dant, veuille être lâche ; et le sol­dat timide se sent du cœur au nom de la patrie. »

Lucien de Samo­sate
v. 120 – 180

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