La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’éternité…

« La conscience humaine ne vise à rien de moins que l’é­ter­ni­té. Et c’est pré­ci­sé­ment ce que pro­fesse la phi­lo­so­phie nais­sante face à la sophis­tique : quand l’in­tel­li­gence n’a d’autre but que de chan­ger aus­si vite que les ombres qui passent, elle devient incon­sis­tante comme elles et tout aus­si infé­conde. De la même manière, quand le pro­gres­sisme moderne s’e­nor­gueillit d’être l’art d’é­pou­ser au mieux le mou­ve­ment, quand il consi­dère par prin­cipe qu’il faut chan­ger, bou­ger, évo­luer, alors il détruit la pos­si­bi­li­té de tout pro­grès authentique. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

Le transhumanisme se donne un but totalement autre…

« Le trans­hu­ma­nisme se donne un but tota­le­ment autre : non pas répa­rer le corps humain, mais le rem­pla­cer. Il ne s’a­git plus de se mode­ler sur une régu­la­ri­té natu­relle, que l’on appelle la san­té — l’é­tat du corps dans son cours ordi­naire, quand aucune patho­lo­gie n’est venue le trou­bler. Le pro­gres­sisme post-moderne ne veut pas rece­voir l’homme tel qu’il est, mais le dépas­ser — pour cela, il faut com­men­cer par le mépri­ser, et par se mépri­ser soi-même. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

L’homme moderne est invité à ne plus avoir de vilains réflexes…

« (…) L’homme moderne, non seule­ment est invi­té à ne plus avoir de vilains réflexes, les­quels n’ex­priment pas autre chose que sa négli­geable per­son­na­li­té, mais qu’en outre, en tant que frag­ment et com­po­sant de la conscience col­lec­tive, il est tenu de s’as­so­cier à des croi­sades dont il est, au fond de lui-même, l’adversaire. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Le football est devenu un instrument de l’immigration…

« Le foot­ball, qui fédère des sup­por­teurs autour d’une équipe, est deve­nu un ins­tru­ment de l’immigration et du métis­sage. La vic­toire de l’équipe de France, lors de la coupe du monde de 1998, fut pré­sen­tée comme une réus­site black, blanc, beur”. Un modèle qui s’est expor­té. Dans d’autres pays d’Europe et vers le rugby. »

Jean-Yves Le Gallou
Seize thèses sur la socié­té de pro­pa­gande, Polé­mia, 15 juin 2019

Il n’y a pas de progrès qui vaille…

« Il n’y a pas de pro­grès qui vaille (et qui puisse rendre super­flu la fonc­tion que peut avoir la reli­gion au sens le plus haut et sévère, pour l’homme non dégra­dé), quand il s’agit de pro­blèmes plus réels, qui sont ceux de la mort, de l’angoisse exis­ten­tielle, de bou­le­ver­se­ments dus à l’irruption de l’irrationnel, aux pas­sions et aux ins­tincts eux-mêmes. Croire le contraire, croire que le pro­grès, la science, la tech­no­cra­tie ou même le Christ quand il est pré­sen­té comme un modèle d’altruisme huma­ni­taire, puisse résoudre de tels pro­blèmes, relève du pri­mi­ti­visme et d’un manque com­plet de sens du tra­gique de la vie et de la condi­tion humaine. »

Julius Evo­la
Il Conci­lia­tore, 15 juin 1969

La France a inventé la modernité à partir du XVIIe siècle…

« La France a inven­té la moder­ni­té à par­tir du XVIIe siècle, avec le car­té­sia­nisme et la phi­lo­so­phie des Lumières. Sans doute est-ce pour cela qu’elle éprouve une énorme dif­fi­cul­té à abor­der le chan­ge­ment de para­digme en jeu aujourd’hui. Nous ne vou­lons pas voir que les valeurs modernes — rai­son, pro­grès, tra­vail — ne consti­tuent plus une matrice féconde. Alors, on parle de « moder­ni­té seconde », de « moder­ni­té tar­dive », de « moder­ni­té avan­cée ». Pre­nez la crise : selon moi, elle est bien plus qu’une crise finan­cière. Elle est crise au sens éty­mo­lo­gique de « crible ». Nous sommes en train de vivre le pas­sage au tamis des valeurs de la modernité.
[…] Notre pays a peur de la post­mo­der­ni­té. Il vit un pro­ces­sus de rétrac­tion. Nous sommes retour­nés aux grandes valeurs du XIXe siècle : l’État pro­vi­dence, le fonc­tion­na­riat, la crainte de devoir se débrouiller avec la vie. »

Michel Maf­fe­so­li
Il n’y a de pen­sée que lors­qu’il y a risque, L’Express, 15 août 2012

Un peuple étant un complexe de rapports, d’attitudes…

« Un peuple étant un com­plexe de rap­ports, d’attitudes, il y a une autre menace qui pèse sur lui, autre que la des­truc­tion phy­sique, autre que la perte d’indépendance : c’est celle de la dis­so­lu­tion si les hommes ne se sentent plus membres d’un même corps, si le cli­mat de confiance qui unit ces citoyens dis­pa­raît, si les sym­boles qu’ils ont en com­mun n’ont plus le même sens pour les uns et pour les autres, en un mot si l’existence morale du peuple dis­pa­raît. Et cette perte de l’exis­tence morale n’est pas due à des causes exté­rieures et sou­daines : elle est due à des phé­no­mènes inté­rieurs et dis­so­cia­teurs, qui sont des sous-pro­duits du pro­grès. »

Ber­trand de Jouvenel
Du Prin­ci­pat et autres réflexions poli­tiques, 1958, édi­tions Hachette, 1972

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