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Citations d'un auteur allemand

De là cette chaleur et cette bousculade vers la culture…

« De là cette cha­leur et cette bous­cu­lade vers la culture, ce zèle pour une réforme phi­lo­so­phique de l’éducation et de l’ensemble des formes sociales et poli­tiques de l’humanité, qui font de l’époque de l’Aufklä­rung si sou­vent dépré­ciée une époque si digne d’être hono­rée. Un témoi­gnage impé­ris­sable de cet esprit, nous le pos­sé­dons dans l’hymne magni­fique « À la joie » que l’on doit à Schil­ler et à Bee­tho­ven. Nous ne pou­vons plus entendre cet hymne aujourd’hui qu’avec dou­leur. On ne peut ima­gi­ner contraste plus grand que celui de la situa­tion de ce temps avec notre situa­tion présente. »

Edmund Hus­serl
La crise des sciences euro­péennes et la phé­no­mé­no­lo­gie trans­cen­dan­tale (Die kri­sis der euro­pai­schen wis­sen­schaf­ten und die trans­zen­den­tale phae­no­me­no­lo­gie), 1954, trad. Gérard Gra­nel, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 1989

Je lis beaucoup de Léon Bloy…

« Je lis beau­coup de Léon Bloy, plu­sieurs fois par jour, car cette lec­ture m’ap­porte des élé­ments de récon­fort. J’ai aus­si le sen­ti­ment que cette pré­di­lec­tion étonne les Fran­çais avec qui je parle, et les porte à l’é­tude renou­ve­lée de cet auteur. Je rem­bourse peut-être ain­si, bien modes­te­ment, ce que je reçois de lui. À mon avis, Bloy n’est pas encore un clas­sique, mais il le sera un jour, alors même que d’autres, tel Bar­rès, auront ces­sé de l’être. »

Ernst Jün­ger
Lettre à Carl Schmitt le 8 mars 1943 in Ernst Jün­ger, Carl Schmitt, Cor­res­pon­dance 1930 – 1983, trad. Fran­çois Pon­cet, édi­tions Kri­sis et Pierre-Guillaume De Roux, 2020

Que renaissent les religions…

« Ce n’est pas dans le train-train du monde bour­geois, mais dans un ton­nerre d’a­po­ca­lypse que renaissent les reli­gions. »

Wal­ter Schubart
L’Eu­rope et l’âme de l’O­rient (Euro­pa und die Seele des Ostens), 1938, trad. de Denise Moy­rand et Natha­lie Nicols­ky, édi­tions Albin Michel,1949

Il faut faire ses preuves devant soi-même…

« Il faut faire ses preuves devant soi-même, pour démon­trer que l’on est né pour l’indépendance et le com­man­de­ment, il faut les faire au bon moment. »

Frie­drich Nietzsche
Par delà le bien et le mal – Pré­lude d’une phi­lo­so­phie de l’avenir (Jen­seits von Gut und Böse – Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886, trad. Hen­ri Albert, Mer­cure de France, 1913

Athéna règne partout où les hommes produisent…

« Homère nomme Athé­na πολύμητις [polúmē­tis], la conseillère aux mul­tiples res­sources. Que signi­fie don­ner conseil ? Cela veut dire : pré­mé­di­ter quelque chose, y pour­voir d’avance et par là faire qu’elle réus­sisse. De ce fait Athé­na règne par­tout où les hommes pro­duisent quelque chose, mettent au jour quelque chose, la mènent à bonne fin, mettent en œuvre, agissent et font. »

Mar­tin Heidegger
« La pro­ve­nance de l’art et la des­ti­na­tion de la pen­sée », confé­rence à l’Académie des sciences et des arts d‘Athènes, 4 avril 1967, trad. Jean-huis Chré­tien et Michèle Rei­fen­rath. Mar­tin Hei­deg­ger, Cahiers de L’Herne n° 45, Édi­tions de l’Herne, 1983

Tant de lâcheté, de faiblesse…

« Rares sont ceux qui, comme nous ici au front, voient s’é­crou­ler tant de façades, rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de bas­sesse, tant de lâche­té, de fai­blesse, d’é­goïsme, de vani­té, mais rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de digni­té et de noblesse morale. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

En excitant la combativité de la jeunesse…

« En exci­tant la com­ba­ti­vi­té de la jeu­nesse, on la rend plus orgueilleuse et bruyante, en la pre­nant d’une main mal­adroite, on la rend laide. La jeu­nesse à l’é­tat natu­rel est tou­jours modeste, gen­tille, recon­nais­sante pour tout ce qu’on lui accorde avec cœur, mais qui­conque se mêle d’é­du­quer sans savoir éveiller le res­pect, n’a pas à s’é­ton­ner s’il n’é­veille qu’in­so­lence et cruauté. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Son christianisme était force et vie…

« Son chris­tia­nisme était force et vie. Un éveil au sen­ti­ment reli­gieux issu de la lâche­té, était à ses yeux chose lamen­table. Un silen­cieux et cor­dial mépris l’a­ni­mait à l’é­gard de la pro­li­fé­ra­tion, aus­si bien au front qu’à l’in­té­rieur, du chris­tia­nisme né de la peur et de la prière, fille de la panique, pra­ti­quée par les poltrons. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée…

« Cet homme, élan­cé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée, des­cen­dant en pèle­rin les flancs de la mon­tagne, la clar­té de ses yeux gris débor­dant d’é­clat et d’une nos­tal­gie sûre de son objet, était Zara­thus­tra des­cen­dant des hau­teurs, ou bien le Pèle­rin de Goethe. Le soleil jouait dans la fine pous­sière de craie que ses pieds et les nôtres sou­le­vaient, et la lumi­neuse roche du che­min sem­blait son­ner sous ses semelles… »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

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