Thème

Citations d'un auteur allemand

Athéna règne partout où les hommes produisent…

« Homère nomme Athé­na πολύμητις [polúmē­tis], la conseillère aux mul­tiples res­sources. Que signi­fie don­ner conseil ? Cela veut dire : pré­mé­di­ter quelque chose, y pour­voir d’avance et par là faire qu’elle réus­sisse. De ce fait Athé­na règne par­tout où les hommes pro­duisent quelque chose, mettent au jour quelque chose, la mènent à bonne fin, mettent en œuvre, agissent et font. »

Mar­tin Hei­deg­ger
« La pro­ve­nance de l’art et la des­ti­na­tion de la pen­sée », confé­rence à l’Académie des sciences et des arts d‘Athènes, 4 avril 1967, trad. Jean-huis Chré­tien et Michèle Rei­fen­rath. Mar­tin Hei­deg­ger, Cahiers de L’Herne n° 45, Édi­tions de l’Herne, 1983

Tant de lâcheté, de faiblesse…

« Rares sont ceux qui, comme nous ici au front, voient s’é­crou­ler tant de façades, rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de bas­sesse, tant de lâche­té, de fai­blesse, d’é­goïsme, de vani­té, mais rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de digni­té et de noblesse morale. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

En excitant la combativité de la jeunesse…

« En exci­tant la com­ba­ti­vi­té de la jeu­nesse, on la rend plus orgueilleuse et bruyante, en la pre­nant d’une main mal­adroite, on la rend laide. La jeu­nesse à l’é­tat natu­rel est tou­jours modeste, gen­tille, recon­nais­sante pour tout ce qu’on lui accorde avec cœur, mais qui­conque se mêle d’é­du­quer sans savoir éveiller le res­pect, n’a pas à s’é­ton­ner s’il n’é­veille qu’in­so­lence et cruau­té. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Son christianisme était force et vie…

« Son chris­tia­nisme était force et vie. Un éveil au sen­ti­ment reli­gieux issu de la lâche­té, était à ses yeux chose lamen­table. Un silen­cieux et cor­dial mépris l’a­ni­mait à l’é­gard de la pro­li­fé­ra­tion, aus­si bien au front qu’à l’in­té­rieur, du chris­tia­nisme né de la peur et de la prière, fille de la panique, pra­ti­quée par les pol­trons. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée…

« Cet homme, élan­cé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée, des­cen­dant en pèle­rin les flancs de la mon­tagne, la clar­té de ses yeux gris débor­dant d’é­clat et d’une nos­tal­gie sûre de son objet, était Zara­thus­tra des­cen­dant des hau­teurs, ou bien le Pèle­rin de Goethe. Le soleil jouait dans la fine pous­sière de craie que ses pieds et les nôtres sou­le­vaient, et la lumi­neuse roche du che­min sem­blait son­ner sous ses semelles… »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

La mort et la naissance ne me semblent pas être en opposition…

« La mort et la nais­sance ne me semblent pas être en oppo­si­tion, mais sont comme des stades supé­rieurs et infé­rieurs dans le déve­lop­pe­ment de la vie… Ceux qui sont tom­bés pour le soleil de leur terre et pour pro­té­ger la joie des géné­ra­tions futures ne veulent pas que nous les tra­his­sions par des deuils qui ne sont indices que de nos fai­blesses, des deuils qui ne pleurent que la part que nous aurions pu avoir dans les mois­sons de leur vie. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

De plus en plus abrupte, la pente de la route…

« De plus en plus abrupte, la pente de la route nous pous­sait dans l’é­ten­due de la plaine lor­raine. Fai­sant un brusque coude, elle for­çait, à mi-hau­teur, le regard à se retour­ner sou­dain et à mon­ter jus­qu’à l’é­glise de Hâton­cha­tel bai­gnant dans les feux de l’au­rore et les brumes du matin. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Pourquoi est-ce toute la beauté de la vie qui saisit…

« Pour­quoi est-ce toute la beau­té de la vie qui sai­sit, au lieu que ce soit nous qui la sai­sis­sions ? Hélas, de même que l’homme est pous­sière et rede­vien­dra pous­sière, toute beau­té est nos­tal­gie et rede­vient nos­tal­gie. Nous la pour­sui­vons jus­qu’à ce qu’elle devienne nos­tal­gie. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Quand du haut de notre siège…

« Quand du haut de notre siège éle­vé nous regar­dions les séjours que l’homme a bâtis pour y cacher sa vie, son bon­heur, ses nour­ri­tures, ses reli­gions, alors tous les siècles fon­daient à nos yeux en une seule réa­li­té. Et les morts, comme si les tombes s’é­taient ouvertes, sur­gis­saient invi­si­ble­ment. Ils nous envi­ronnent dès que notre regard se pose avec amour sur une terre à l’an­tique culture, et tout comme leur héri­tage est vivant dans la pierre et dans le sillon, leur âme très ancienne est pré­sente sur les terres et les cam­pagnes. »

Ernst Jün­ger
Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen) 1939, trad. Hen­ri Tho­mas, édi­tions Gal­li­mard 1942, coll. L’I­ma­gi­naire, 2017

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés