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Citations d'un auteur allemand

Je vous enseigne le Surhomme. L’homme est quelque chose qui doit être surmonté…

« Je vous enseigne le Sur­homme. L’homme est quelque chose qui doit être sur­mon­té. Qu’avez-vous fait pour le sur­mon­ter ? Tous les êtres jusqu’à pré­sent ont créé quelque chose au-des­sus d’eux, et vous vou­lez être le reflux de ce grand flot et plu­tôt retour­ner à la bête que de sur­mon­ter l’homme ? Qu’est le singe pour l’homme ? Une déri­sion ou une honte dou­lou­reuse. Et c’est ce que doit être l’homme pour le sur­homme : une déri­sion ou une honte douloureuse. »

Frie­drich Nietzsche
Ain­si par­lait Zara­thous­traUn livre pour tous et pour per­sonne (Also sprach Zara­thus­tra – Ein Buch für Alle und Kei­nen), 1883 – 1885, trad. Gene­viève Bian­quis, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2006

Les catastrophes éprouvent à quelle profondeur hommes et peuples demeurent enracinés…

« Les catas­trophes éprouvent à quelle pro­fon­deur hommes et peuples demeurent enra­ci­nés dans leurs ori­gines. Qu’une racine, du moins, puisent direc­te­ment au sol nour­ri­cier – la san­té et les chances de sur­vie en dépendent, alors même que la civi­li­sa­tion et ses assu­rances ont disparu. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

L’âge de la culture générale nous a malheureusement privés d’une réserve considérable d’analphabètes…

« L’âge de la culture géné­rale nous a mal­heu­reu­se­ment pri­vés d’une réserve consi­dé­rable d’analphabètes — de même qu’aujourd’hui on peut faci­le­ment entendre mille per­sonnes astu­cieuses rai­son­ner sur l’Église, tan­dis qu’on cherche en vain les vieux saints reti­rés dans la soli­tude de leur rochers et de leurs forêts. »

Ernst Jün­ger
Le Tra­vailleur (Der Arbei­ter), 1931, trad. Julien Her­vier, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1989

Le sens esthétique et le sens moral sont manifestement étroitement liés…

« Le sens esthé­tique et le sens moral sont mani­fes­te­ment étroi­te­ment liés. […] La beau­té de la nature et la beau­té de l’environnement cultu­rel, créé par l’homme, sont cha­cune néces­saire à la san­té morale et spi­ri­tuelle de l’être humain. Cet aveu­gle­ment total de l’âme pour tout ce qui est beau, que l’on voit se pro­pa­ger par­tout de nos jours, avec une telle rapi­di­té, est une mala­die men­tale qu’il faut prendre au sérieux, ne serait-ce que parce qu’elle va de pair avec l’insensibilité envers ce qui est le plus répré­hen­sible moralement. »

Kon­rad Lorenz
Les huit péchés capi­taux de notre civi­li­sa­tion (Die acht Tod­sün­den der zivi­li­sier­ten Men­sch­heit), 1973, édi­tions Flam­ma­rion, 1992

Ne pas se laisser ébranler…

« Ne pas se lais­ser ébran­ler, sou­rire jus­qu’au bout, et quand le sou­rire ne serait qu’un masque devant soi-même : cela n’est pas rien. L’homme ne peut pas faire plus que de mou­rir en se dépas­sant. Et même les dieux Immor­tels en sont jaloux mal­gré eux. »

Ernst Jün­ger
La guerre comme expé­rience inté­rieure (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922, trad. Fran­çois Pon­cet, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1997

Le courage est toujours quelque chose de saint…

« Le cou­rage est tou­jours quelque chose de saint, un juge­ment divin entre deux idées. Défendre notre cause de plus en plus vigou­reu­se­ment est conforme à la nature humaine. Notre suprême rai­son d’être est donc de lut­ter ; on ne pos­sède vrai­ment que ce qu’on acquiert en com­bat­tant. »

Ernst Jün­ger
La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922, trad. Jean Dahel, édi­tions Albin Michel, 1934

À supposer même que le néant triomphe…

« À sup­po­ser même que le néant triomphe, dans la pire de ses formes, une dif­fé­rence sub­siste alors, aus­si radi­cale que celle du jour et de la nuit. D’un côté, le che­min s’é­lève vers des royaumes, le sacri­fice de la vie, ou le des­tin du com­bat­tant qui suc­combe sans lâcher ses armes ; de l’autre, il des­cend vers les bas-fonds des camps d’es­cla­vage et des abat­toirs où les pri­mi­tifs concluent avec la tech­nique une alliance meur­trière ; où l’on n’est plus un des­tin, mais rien qu’un numé­ro de plus. Or, avoir son des­tin propre, ou se lais­ser trai­ter comme un numé­ro : tel est le dilemme que cha­cun, certes, doit résoudre de nos jours, mais est seul à pou­voir trancher. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

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