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Citations d'un auteur allemand

Nous poursuivions notre marche…

« Nous pour­sui­vions notre marche, tra­ver­sant des vil­lages vides aux cabanes noir­cies par l’âge avec des toits de chaume, feu­trés de mousse, pas­sant devant des tombes fraî­che­ment creu­sées, pas­sant devant le fan­to­ma­tique spec­tacle des cime­tières let­tons à l’a­ban­don avec leurs gigan­tesques croix de bois noires, dont les bras s’é­lèvent au-des­sus d’un rem­part de blocs de pierres bruts, tels de mys­té­rieux ossuaires, tels des lieux de sup­plices vides, aban­don­nés. Cadavres de che­vaux, car­rioles aban­don­nées, lam­beaux d’uni­formes, car­touches épar­pillées par terre jon­chaient le che­min et les champs, flan­qués de récoltes écra­sées et fou­lées aux pieds… »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

La distinction du politique c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi…

« La dis­tinc­tion spé­ci­fique du poli­tique, à laquelle peuvent se rame­ner les actes et les mobiles poli­tiques, c’est la dis­cri­mi­na­tion de l’ami et de l’ennemi. Elle four­nit un prin­cipe d’identification qui a valeur de cri­tère, et non une défi­ni­tion exhaus­tive ou compréhensive. »

Carl Schmitt
La notion de poli­tique (Der Begriff des Poli­ti­schen), 1927, édi­tions Cal­mann-Lévy, 1972

Athéna à la borne…

« Athé­na appa­raît comme la skep­to­mé­né, celle qui médite. Vers quoi le regard médi­ta­tif de la déesse est-il tour­né ? Vers la borne, vers la limite. La limite n’est certes pas seule­ment le contour et le cadre, n’est pas seule­ment le lieu où quelque chose s’arrête. La limite signi­fie ce par quoi quelque chose est ras­sem­blée dans ce qu’elle a de propre pour appa­raître par là dans toute sa plé­ni­tude, pour venir à la pré­sence. En médi­tant sur la limite, Athé­na a déjà en vue ce vers quoi l’action humaine doit tout d’abord regar­der pour pou­voir por­ter ce qu’elle y a vu dans la visi­bi­li­té d’une œuvre. »

Mar­tin Heidegger
« La pro­ve­nance de l’art et la des­ti­na­tion de la pen­sée », confé­rence à l’Académie des sciences et des arts d’Athènes (4 avril 1967), Mar­tin Hei­deg­ger, L’Herne n° 45, Paris, Édi­tions de l’Herne, 1983, p. 86
Cité par Thi­bault Mer­cier dans Athé­na à la borne. Dis­cri­mi­ner ou dis­pa­raître ?, Pierre-Guillaume de Roux édi­teur, 2019

L’idée d’une économie mondiale libre…

« L’idée d’une éco­no­mie mon­diale libre n’impliquait pas seule­ment le dépas­se­ment des fron­tières poli­tiques des États. Elle com­por­tait aus­si comme pré­sup­po­sé essen­tiel un stan­dard de la consti­tu­tion interne de cha­cun des membres de cet ordre juri­dique inter­na­tio­nal ; elle pré­sup­po­sait que chaque membre intro­dui­sît chez lui un mini­mum d’ordre consti­tu­tion­nel. Ce mini­mum consis­tait en la liber­té, c’est-à-dire en la sépa­ra­tion d’une sphère publique rele­vant de l’État et du domaine du pri­vé, et se rame­nait donc avant tout au carac­tère non éta­tique de la pro­prié­té, du com­merce et de l’industrie. »

Carl Schmitt
Le Nomos de la Terre, 1950

C’est aux âmes les plus spirituelles…

« C’est aux âmes les plus spi­ri­tuelles, en admet­tant qu’elles soient les plus cou­ra­geuses, qu’il est don­né de vivre les tra­gé­dies les plus dou­lou­reuses : mais c’est bien pour cela qu’elles tiennent la vie en hon­neur, parce qu’elle leur oppose son plus grand antagonisme. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Telles sont les caves au-dessus desquelles s’élèvent les fiers châteaux…

« Telles sont les caves au-des­sus des­quelles s’élèvent les fiers châ­teaux de la tyran­nie et c’est au-des­sus d’elles que nous voyons mon­ter l’encens de leurs fêtes : puantes cavernes d’un genre sinistre, où de toute éter­ni­té l’engeance réprou­vée se délecte lugu­bre­ment à souiller la liber­té et la digni­té humaine. »

Ernst Jün­ger
Sur les falaises de marbre (Auf den Mar­mork­lip­pen) 1939, trad. Hen­ri Tho­mas, édi­tions Gal­li­mard 1942, coll. L’I­ma­gi­naire, 2017

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