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Citations sur Zeus

Citations sur Zeus : découvrez 6 citations de Jean-François Gautier, Homère, Dominique Venner, Ernest Renan

La rationalisation d’un monde compris comme créé par un Dieu unique…

« La ratio­na­li­sa­tion d’un monde com­pris comme créé par un Dieu unique s’est tou­jours heur­tée, chez nous, à l’éloge des diver­si­tés vécues. L’identité s’entendait en effet comme alté­ri­té, diver­si­té, plu­ra­li­té. Nul per­son­nage, dans l’Iliade ou l’Odys­sée, ou dans l’une des tra­gé­dies d’Eschyle ou de Sophocle, ne se serait aven­tu­ré à deman­der à Zeus ou à Apol­lon : Qui es-tu ?” Et des réponses bibliques et mono­théistes à cette ques­tion, telles que Ehyeh Asher Ehyeh, Je suis qui je suis”, ou Suis qui serai”, tra­duites en grec par quelque chose comme Je suis celui qui est” (Exode 3, 14), n’auraient eu aucune signi­fi­ca­tion dans les langues et les repré­sen­ta­tions euro­péennes antiques. »

Jean-Fran­çois Gau­tier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Et nous parvînmes à la terre des Cyclopes orgueilleux…

« Et nous par­vînmes à la terre des Cyclopes orgueilleux et sans lois qui, confiants dans les Dieux immor­tels, ne plantent point de leurs mains et ne labourent point. Mais, n’étant ni semées, ni culti­vées, toutes les plantes croissent pour eux, le fro­ment et l’orge, et les vignes qui leur donnent le vin de leurs grandes grappes que font croître les pluies de Zeus. Et les ago­ras ne leur sont point connues, ni les cou­tumes ; et ils habitent le faîte des hautes mon­tagnes, dans de pro­fondes cavernes, et cha­cun d’eux gou­verne sa femme et ses enfants, sans nul sou­ci des autres. »

Homère
Odys­sée, Chant IX (tra­duc­tion de Leconte de Lisle), IXe-VIIIe siècles avant notre ère

La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes…

« Chez Homère, la per­cep­tion d’un cos­mos incréé et ordon­né s’accompagne d’une vision enchan­tée por­tée par les anciens mythes. Les mythes ne sont pas une croyance, mais la mani­fes­ta­tion du divin dans le monde. Les forêts, les roches, les bêtes sau­vages ont une âme que pro­tège Arté­mis (Diane pour les Romains). La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes n’en sont pas iso­lés. Mais elle n’est pas des­ti­née à satis­faire leurs caprices. En elle, dans son imma­nence, ici et main­te­nant, ils trouvent en revanche des réponses à leurs angoisses : « Comme naissent les feuilles, ain­si font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt ver­doyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du prin­temps. Ain­si des hommes : une géné­ra­tion naît à l’instant où une autre s’efface » (Iliade, VI, 146). Tourne la roue des sai­sons et de la vie, cha­cun trans­met­tant quelque chose de lui-même à ceux qui vont suivre, assu­ré ain­si d’être une par­celle d’éternité. Cer­ti­tude affer­mie par la conscience du sou­ve­nir à lais­ser dans la mémoire du futur, ce que dit Hélène dans l’Iliade : « Zeus nous a fait un dur des­tin afin que nous soyons plus tard chan­tés par les hommes à venir » (VI, 357 – 358). Peut-être, mais la gloire d’un noble nom s’efface comme le reste. Ce qui ne passe pas est inté­rieur, face à soi-même, dans la véri­té de la conscience : avoir vécu noble­ment, sans bas­sesse, avoir pu se main­te­nir en accord avec le modèle que l’on s’est fixé. »

Domi­nique Ven­ner
La triade homé­rienne, « L’avenir prend racine dans la mémoire du pas­sé », dominiquevenner.fr

Toi seule es jeune, ô Cora ; toi seule es pure, ô Vierge…

« Toi seule es jeune, ô Cora ; toi seule es pure, ô Vierge ; toi seule es saine, ô Hygie ; toi seule es forte, ô Vic­toire. Les cités, tu les gardes, ô Pro­ma­chos ; tu as ce qu’il faut de Mars, ô Aréa ; la paix est ton but, ô Paci­fique. Légis­la­trice, source des consti­tu­tions justes ; Démo­cra­tie, toi dont le dogme fon­da­men­tal est que tout bien vient du peuple, et que, par­tout où il n’y a pas de peuple pour nour­rir et ins­pi­rer le génie, il n’y a rien, apprends-nous à extraire le dia­mant des foules impures. Pro­vi­dence de Jupi­ter, ouvrière divine, mère de toute indus­trie, pro­tec­trice du tra­vail, ô Erga­né, toi qui fais la noblesse du tra­vailleur civi­li­sé et le mets si fort au-des­sus du Scythe pares­seux ; sagesse, toi que Zeus enfan­ta après s’être replié sur lui-même, après avoir res­pi­ré pro­fon­dé­ment ; toi qui habites dans ton père, entiè­re­ment unie à son essence ; toi qui es sa com­pagne et sa conscience ; éner­gie de Zeus, étin­celle qui allumes et entre­tiens le feu chez les héros et les hommes de génie, fais de nous des spi­ri­tua­listes accom­plis. »

Ernest Renan
Prière sur l’Acropole, 1865, in Sou­ve­nirs d’en­fance et de jeu­nesse, 1883

Déesse, chante-nous la colère d’Achille…

« Déesse, chante-nous la colère d’Achille, de ce fils de Pélée, colère détes­table, qui valut aux Argiens d’innombrables mal­heurs et jeta dans l’Hadès tant d’âmes de héros, livrant leurs corps en proie aux oiseaux comme aux chiens : ain­si s’accomplissait la volon­té de Zeus. Com­mence à la que­relle où deux preux s’affrontèrent : l’Atride, chef de peuple, et le divin Achille. »

Homère
Iliade, Chant I, invo­ca­tion, vers 800 – 725 avant notre ère

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