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Toi seule es jeune, ô Cora ; toi seule es pure, ô Vierge…

« Toi seule es jeune, ô Cora ; toi seule es pure, ô Vierge ; toi seule es saine, ô Hygie ; toi seule es forte, ô Vic­toire. Les cités, tu les gardes, ô Pro­ma­chos ; tu as ce qu’il faut de Mars, ô Aréa ; la paix est ton but, ô Paci­fique. Légis­la­trice, source des consti­tu­tions justes ; Démo­cra­tie, toi dont le dogme fon­da­men­tal est que tout bien vient du peuple, et que, par­tout où il n’y a pas de peuple pour nour­rir et ins­pi­rer le génie, il n’y a rien, apprends-nous à extraire le dia­mant des foules impures. Pro­vi­dence de Jupi­ter, ouvrière divine, mère de toute indus­trie, pro­tec­trice du tra­vail, ô Erga­né, toi qui fais la noblesse du tra­vailleur civi­li­sé et le mets si fort au-des­sus du Scythe pares­seux ; sagesse, toi que Zeus enfan­ta après s’être replié sur lui-même, après avoir res­pi­ré pro­fon­dé­ment ; toi qui habites dans ton père, entiè­re­ment unie à son essence ; toi qui es sa com­pagne et sa conscience ; éner­gie de Zeus, étin­celle qui allumes et entre­tiens le feu chez les héros et les hommes de génie, fais de nous des spi­ri­tua­listes accomplis. »

Ernest Renan
Prière sur l’Acropole, 1865, in Sou­ve­nirs d’en­fance et de jeu­nesse, 1883

À propos de l'auteur

Joseph Ernest Renan, né le 28 février 1823 à Tréguier et mort le 2 octobre 1892 à Paris, est un écrivain, philologue, philosophe et historien français. Une part essentielle de son œuvre est d'ailleurs consacrée aux religions avec par exemple son Histoire des origines du christianisme, qui contient la thèse selon laquelle la vie de Jésus doit être comprise comme celle de n'importe quel autre homme, ce qui déclenche des débats passionnés et la colère de l'Église catholique. D’autres textes marquants de Renan sont Prière sur l'Acropole ou Qu'est-ce qu'une nation ? où il soutient que, à la différence des races, les nations se sont formées sur la base d’une association volontaire d’individus avec un passé commun : ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ni d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait de grandes choses ensemble et de vouloir en faire encore dans l'avenir.
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Un pays qui n’a plus de légendes…

« Un pays qui n’a plus de légendes, dit le poète, est condam­né à mou­rir de froid. C’est bien pos­sible. Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonc­tion de la classe par­ti­cu­lière de récits que sont les mythes est en effet d’exprimer dra­ma­ti­que­ment l’idéologie dont vit la socié­té, de main­te­nir devant sa conscience non seule­ment les valeurs qu’elle recon­naît et les idéaux qu’elle pour­suit de géné­ra­tion en géné­ra­tion, mais d’abord son être et sa struc­ture mêmes, les élé­ments, les liai­sons, les équi­libres, les ten­sions qui la consti­tuent, de jus­ti­fier enfin les règles et les pra­tiques tra­di­tion­nelles sans quoi tout en elle se disperserait. »

Georges Dumé­zil
Heur et mal­heur du guer­rier, Presses uni­ver­si­taires de France, 1969, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 1999

On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné…

« On n’a rien don­né tant qu’on n’a pas tout don­né. À com­men­cer par soi-même : son corps, son esprit et sa joie. Pour cela, for­mons une pha­lange d’hommes inac­ces­sibles au décou­ra­ge­ment, fidèles et inso­lents, radi­caux et intel­li­gents, réa­listes et révo­lu­tion­naires. Don­nons tout et ne leur lais­sons rien ! »

Julien Lan­gel­la
Refaire un peuple. Pour un popu­lisme radi­cal, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2021

Ris donc ennemi féroce…

« Ris donc enne­mi féroce !
Mais prend garde car tout trépasse !
Seule la gloire ne s’éteindra pas ;
Elle ne s’éteindra pas, et racontera
Ce qui est adve­nu en ce monde,
Qui avait rai­son et qui avait tort,
Et de qui nous sommes les fils. »

Taras Chevt­chen­ko
Kob­zar (Кобзар), 1840, trad. de l’ukrainien par D. Cla­ri­nard, J. Horets­ka, E. Mas­sis, S. Maillot et T. Sirot­chouk, édi­tions Bleu & Jaune, 2015

Inverser rapidement le processus des déconstructeurs…

« Si, aujourd’hui, il n’est guère envi­sa­geable d’inverser rapi­de­ment le pro­ces­sus des décons­truc­teurs, du moins est-il pos­sible de faire ce salu­taire pas de côté, vers un ailleurs où trans­cen­der nos héri­tages. »

Anne-Laure Blanc
Pour un renou­veau artis­tique : l’exigence de la beau­té in Pour un réveil euro­péen, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2020

Une nation n’est saine…

« Une nation n’est saine que si cha­cun s’y regarde comme un homme, non regar­dant der­rière soi, ni pre­nant le vent, ni ron­gé de peur, ni jaune d’ambition, non ten­dant la bouche à la gour­mette de quelque tra­hi­son, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’enga­ge­ment avec lequel il est entré dans la vie, à la pro­messe faite non seule­ment à celui qui guide et dans lequel on le recon­naît, mais à tra­vers lui à tous les cama­rades de tra­vail et de combat. »

Mau­rice Bardèche
Qu’est-ce que le fas­cisme ?, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1961, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Ça y est, c’est le bonheur…

« Ça y est, c’est le bon­heur, hein ? Il y a du sau­cis­son et des bananes. On se vautre dans la merde et on ne bouffe que de la nour­ri­ture impor­tée. Au lieu d’une Patrie, on a un immense super­mar­ché. »

Svet­la­na Aleksievitch
La fin de l’homme rouge ou le temps du désen­chan­te­ment (Время секонд хэнд (Конец красного человека), trad. Sophie Benech, édi­tions Actes Sud, 2013

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