Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne

Citatio, un portail ouvert sur notre civilisation

Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter faisant un don.

Thème

Citations sur la piraterie

Citations sur la piraterie : découvrez 2 citations de Frantz Funck-Brentano, Emil Cioran

Dans le courant des IXe et Xe siècles, les invasions barbares…

« Dans le cou­rant des IXe et Xe siècles, les inva­sions bar­bares sur le ter­ri­toire de l’ancienne Gaule avaient mul­ti­plié mas­sacres et des­truc­tions : hordes sau­vages se suc­cé­dant les unes aux autres comme les flots écu­meux d’un Océan démon­té ; inva­sions sar­ra­sines qui couvrent le Midi de la France, tan­dis que les Hon­grois foulent les marches de l’Est. Par les fleuves arrivent les Nor­mands, jus­qu’au centre du pays, « nageant par l’Océan en manière de pirates ». « Ces étran­gers, écrit le chro­ni­queur Richer, se livraient aux plus cruels sévices ; ils sac­ca­geaient villes et vil­lages et rava­geaient les champs ; ils brû­laient les églises ; puis ils repar­taient en emme­nant une foule de cap­tifs ». Dans le cou­rant des IXe et Xe siècles de notre ère, toutes les villes de France furent détruites : toutes. Ima­gine-t-on les égor­ge­ments, les dépré­da­tions que contient un pareil fait ? […] Alors se fit, dans l’anarchie, le tra­vail de recons­truc­tion sociale où se for­ma la nation fran­çaise ; elle se for­ma autour de la seule force orga­ni­sée qui fût demeu­rée intacte, sous le seul abri que rien ne peut ren­ver­ser, parce qu’il a ses fon­de­ments dans le cœur humain : la famille. Par­mi la tour­mente, la famille se for­ti­fia, elle prit plus de cohé­sion. Autour du chef de famille, « cap d’hostel » diront les méri­dio­naux, se grou­pèrent les reje­tons des branches cadettes. Ain­si la famille gran­dit, devint un petit État. De géné­ra­tion en géné­ra­tion, elle accrut son action sociale jus­qu’à en faire une action poli­tique et avec le temps, de grande enver­gure ; tant et tant qu’elle en arri­va à for­mer l’État lui-même par la trans­for­ma­tion pro­gres­sive en ins­ti­tu­tions publiques de ses ins­ti­tu­tions pri­vées. Telle a été l’origine à la fois humble et gran­diose, simple et magni­fique, modeste et glo­rieuse, de ce qu’on appelle aujourd’­hui la France. Ce tra­vail immense et d’une inima­gi­nable puis­sance et acti­vi­té, se fit dans le cou­rant des IXe-XIe siècles, les plus grands de notre his­toire. Au XIIe siècle, la France est faite par des ins­ti­tu­tions que le peuple s’est don­nées lui-même, pui­sant leur sève dans son propre sang : chaque détail en répond à ses fins, chaque ins­ti­tu­tion a son but, tan­dis que la pra­tique, en ses mani­fes­ta­tions mul­tiples et diverses, s’adapte natu­rel­le­ment au génie national. »

Frantz Funck-Bren­ta­no
La Renais­sance, édi­tions Fayard, 1935

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés