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Citations sur la peinture

Citations sur la peinture : découvrez 7 citations de Charles Lévêque, Jean Cau, Joris-Karl Huysmans, Jean-François Gautier, Sylvain Tesson

Un germe vivace et indestructible de paganisme…

« L’art chré­tien, dès le pre­mier jour de son exis­tence, por­tait en lui-même un germe vivace et indes­truc­tible de paga­nisme. Ce germe ne s’est épa­noui dans toute sa richesse qu’au souffle de Raphaël ; néan­moins l’éclosion en avait été pré­pa­rée par un tra­vail tan­tôt lent et sou­ter­rain, tan­tôt prompt et mani­feste, mais pen­dant douze siècles jamais inter­rom­pu. L’auteur des Trois Grâces, de Gala­tée et de Psy­ché n’avait donc, pour réin­té­grer la beau­té phy­sique dans sa digni­té, ni à bri­ser la tra­di­tion chré­tienne, ni à rame­ner l’homme en arrière jusqu’au culte exclu­sif de la nudi­té. Sa tâche, clai­re­ment indi­quée, était d’opérer le rap­pro­che­ment défi­ni­tif de deux forces esthé­tiques admi­ra­ble­ment fécondes, qui, depuis notre ère, s’appelaient, se cher­chaient et ne deman­daient qu’à se confondre. »

Charles Lévêque
L’Œuvre païenne de Raphaël, in Revue des Deux Mondes, tome 76, 1868

La voix lointaine des muses grecques est encore entendue…

« Aux plus mau­vais jours, au milieu du fra­cas des villes qui tombent et des temples qui s’écroulent, la voix loin­taine des muses grecques est encore enten­due. Ain­si, au sor­tir des cata­combes, le culte nou­veau, loin de sup­pri­mer les fêtes antiques, les tourne à son usage. Par exemple, on avait retar­dé la fête de la Visi­ta­tion afin que les pay­sans d’Enna, en Sicile, pussent appor­ter à l’autel du Christ les épis mûrs dont ils avaient cou­ron­né jusque-là les sta­tues de Cérès. Grâce à une tran­si­tion habi­le­ment ména­gée, les ambar­vales s’étaient chan­gées en cette pompe rus­tique nom­mée la pro­ces­sion des roga­tions. Les murs des vieilles basi­liques conquises et consa­crées par la foi chré­tienne se cou­vraient de mosaïques où brille çà et là un rayon d’élégance et de noblesse. Par­fois sévère jusqu’à la dure­té envers les repré­sen­ta­tions qui tra­his­saient la plus légère pal­pi­ta­tion de la chair, l’église avait des retours de jus­tice et des heures de pro­tec­tion pour les restes d’un pas­sé qu’elle n’était pas tenue de défendre. »

Charles Lévêque
L’Œuvre païenne de Raphaël, in Revue des Deux Mondes, tome 76, 1868

L’égalitarisme est arrivé au bout de son impossible pari…

« L’é­ga­li­ta­risme est arri­vé au bout de son impos­sible pari. À cet égard, Dada et le Sur­réa­lisme furent des annonces pro­phé­tiques. Il s’a­gis­sait de détruire l’ordre du dis­cours et de la pro­so­die ; les mots, jusque-là esclaves, pro­cla­maient leur indé­pen­dance. Tous égaux ! Dans un cha­peau ! Ou bien l’é­cri­ture dite auto­ma­tique”, c’est-à-dire l’ab­sence de contrôle, de freins et de direc­tion. Tous poètes ! »

Jean Cau
Les écu­ries de l’Occident. Trai­té de morale, édi­tions de La Table Ronde, 1973

Le bourgeois, rassuré, trônait, jovial…

« Main­te­nant, c’était un fait acquis. Une fois sa besogne ter­mi­née, la plèbe avait été, par mesure d’hygiène, sai­gnée à blanc ; le bour­geois, ras­su­ré, trô­nait, jovial, de par la force de son argent et la conta­gion de sa sot­tise. Le résul­tat de son avè­ne­ment avait été l’écrasement de toute intel­li­gence, la néga­tion de toute pro­bi­té, la mort de tout art, et, en effet, les artistes avi­lis s’étaient age­nouillés, et ils man­geaient, ardem­ment, de bai­sers les pieds fétides des hauts maqui­gnons et des bas satrapes dont les aumônes les fai­saient vivre !

C’était, en pein­ture, un déluge de niai­se­ries molles ; en lit­té­ra­ture, une intem­pé­rance de style plat et d’idées lâches, car il lui fal­lait de l’honnêteté au tri­po­teur d’affaires, de la ver­tu au fli­bus­tier qui pour­chas­sait une dot pour son fils et refu­sait de payer celle de sa fille ; de l’amour chaste au vol­tai­rien qui accu­sait le cler­gé de viols, et s’en allait reni­fler hypo­cri­te­ment, bête­ment, sans dépra­va­tion réelle d’art, dans les chambres troubles, l’eau grasse des cuvettes et le poivre tiède des jupes sales !

C’était le grand bagne de l’Amérique trans­por­té sur notre conti­nent ; c’était enfin, l’immense, la pro­fonde, l’incommensurable gou­ja­te­rie du finan­cier et du par­ve­nu, rayon­nant, tel qu’un abject soleil, sur la ville ido­lâtre qui éja­cu­lait, à plat ventre, d’impurs can­tiques devant le taber­nacle impie des banques ! »

Joris Karl Huysmans
À Rebours, 1884, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Il n’y a pas d’identité sans altérité…

« L’expression de la fron­tière est une ques­tion tra­vaillée par nombre de peintres euro­péens depuis le XVe siècle. Pour­quoi ? Tout sim­ple­ment parce que la repré­sen­ta­tion de l’espace, et de l’expérience de l’espace, condi­tionne dans nos cultures toutes les figures dyna­miques du soi et du non-soi, du l’identité et de l’altérité. Il n’y a pas d’identité sans alté­ri­té, et cette dua­li­té est la condi­tion même d’une repré­sen­ta­tion. Une fron­tière, en son essence, n’est pas la marque d’une exclu­sion mais celle d’une rela­tion, d’un lien entre un ici et un ailleurs. »

Jean-Fran­çois Gautier
Les fron­tières : un besoin vital face à la méta­phy­sique de l’illimité, 6e col­loque annuel de l’Ins­ti­tut Iliade, 6 avril 2019

L’expression de la frontière est une question travaillée par nombre de peintres…

« L’expression de la fron­tière est une ques­tion tra­vaillée par nombre de peintres euro­péens depuis le XVe siècle. Pour­quoi ? Tout sim­ple­ment parce que la repré­sen­ta­tion de l’espace, et de l’expérience de l’espace, condi­tionne dans nos cultures toutes les figures dyna­miques du soi et du non-soi, du l’identité et de l’altérité. Il n’y a pas d’identité sans alté­ri­té, et cette dua­li­té est la condi­tion même d’une repré­sen­ta­tion. Une fron­tière, en son essence, n’est pas la marque d’une exclu­sion mais celle d’une rela­tion, d’un lien entre un ici et un ailleurs. »

Jean-Fran­çois Gautier
Les fron­tières : un besoin vital face à la méta­phy­sique de l’illimité, allo­cu­tion au sixième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 6 avril 2019

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