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Joseph Conrad

Découvrez 4 citations de Joseph Conrad

Ils avaient été des hommes qui connaissaient la peine…

« Mais en véri­té, ils avaient été des hommes qui connais­saient la peine, les pri­va­tions, la vio­lence, la débauche — mais ne connais­saient point la peur et n’é­prou­vaient aucun élan de méchan­ce­té en leur cœur. Des hommes dif­fi­ciles à diri­ger, mais faciles à ins­pi­rer, des hommes sans voix — mais suf­fi­sam­ment virils pour mépri­ser dans leur cœur les voix sen­ti­men­tales qui se lamen­taient sur la dure­té de leur des­tin. C’é­tait un des­tin et c’é­tait le leur ; cette capa­ci­té de le sup­por­ter leur sem­blait le pri­vi­lège des élus ! Leur géné­ra­tion vivait muette et indis­pen­sable, sans connaître les dou­ceurs de l’af­fec­tion ou le refuge du foyer — et mou­rait libre de la sombre menace d’une tombe froide. Ils étaient les éter­nels enfants de la mer mys­té­rieuse. Leurs suc­ces­seurs sont les fils adultes d’une terre insa­tis­faite. Ils sont moins dépra­vés mais moins inno­cents ; moins irré­vé­ren­cieux mais peut-être aus­si moins croyants ; et s’ils ont appris à par­ler, ils ont aus­si appris à gémir. »

Joseph Conrad
Le nègre du Nar­cisse, 1913, trad. Robert d’Hu­mières, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’i­ma­gi­naire, 2007

Ah ! L’enchantement de la jeunesse !…

« Ah ! L’en­chan­te­ment de la jeu­nesse ! Ah ! Le feu de la jeu­nesse, plus éblouis­sant que les flammes du navire embra­sé, et qui jette une lueur magique sur la terre immense et bon­dit avec audace jus­qu’au ciel, et que le temps, plus cruel, plus impi­toyable, plus âpre que la mer, aura tôt fait d’é­teindre — sem­blable aux flammes du navire incen­dié cer­né par une nuit impénétrable. »

Joseph Conrad
Jeu­nesse, 1925, trad. Georges Jean Aubry et André Ruy­ters, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’I­ma­gi­naire, 1978

Mais l’honneur…

« Mais l’hon­neur — l’hon­neur, mon­sieur !… L’hon­neur… ça c’est quelque chose qui existe — vrai­ment ! Et quel prix on peut trou­ver à la vie quand…” Il se mit debout avec une lourde impé­tuo­si­té, un peu comme un bœuf tiré en sur­saut de sa léthar­gie se dres­se­rait brus­que­ment sur ses pattes hors de son lit d’herbe… Quand l’hon­neur est per­du — ah ça ! Par exemple — je ne peux don­ner une opi­nion — parce que — mon­sieur — je ne sais pas ce que c’est.” »

Joseph Conrad
Lord Jim, 1921, trad. Phi­lippe Neel, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1965

Il y a un stade de développement où le progrès…

« Appa­rem­ment, il y a un stade de déve­lop­pe­ment où le pro­grès cesse d’être un pro­grès, non seule­ment dans les affaires, le sport, ou le mer­veilleux arti­sa­nat des hommes, mais aus­si dans leurs demandes et leurs dési­rs, et dans leurs aspi­ra­tions morales et spi­ri­tuelles. Il y a un stade où le pro­grès, pour consti­tuer une avan­cée, doit légè­re­ment inflé­chir sa tra­jec­toire. Mais cela est une vaste question. »

Joseph Conrad
Le nau­frage du Tita­nic, et autres écrits sur la mer, édi­tions Arléa, 2009

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