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Citation

Une revue n’est vivante…

« Une revue n’est vivante que si elle mécon­tente chaque fois un bon cin­quième de ses abon­nés. La jus­tice consiste seule­ment à ce que ce ne soient pas tou­jours les mêmes, qui soient dans le cin­quième. Autre­ment, je veux dire quand on s’ap­plique à ne mécon­ten­ter per­sonne, on tombe dans le sys­tème de ces énormes revues qui perdent des mil­lions, ou qui en gagnent, pour ne rien dire. Ou plu­tôt à ne rien dire. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

À propos de l'auteur

Né le 7 janvier 1873 à Orléans (Loiret) et mort pour la France le 5 septembre 1914 à Villeroy (Seine-et-Marne), Charles Péguy est un écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français. Son œuvre, multiple, comprend des mystères d'inspiration médiévale en vers libres, comme Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912) et des recueils de poèmes en vers réguliers, comme La Tapisserie de Notre-Dame (1913) d'inspiration mystique et évoquant notamment Jeanne d'Arc, un symbole de l'héroïsme des temps sombres, auquel il reste toute sa vie profondément attaché. Intellectuel engagé : d’abord militant socialiste, anticlérical, puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche à partir de 1908 du catholicisme et du nationalisme ; il reste connu pour sa poésie et ses essais, notamment Notre Jeunesse (1910) ou L'Argent (1913), où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de l'âge moderne, où toutes les antiques vertus se sont altérées.