Thème

Citations sur la démocratie

C’est l’un des grands paradoxes de notre époque…

« C’est l’un des grands para­doxes de notre époque : le monde poli­tique se voit accu­sé d’a­voir confis­qué la sou­ve­rai­ne­té du peuple à son pro­fit, alors, et c’est beau­coup plus lourd de consé­quences, qu’il a renon­cé à l’exer­cer au pro­fit de pou­voirs ano­nymes tels que les mar­chés finan­ciers, les auto­ri­tés indé­pen­dantes, les juri­dic­tions, les experts, les bureau­crates de toutes sortes aux­quels per­sonne ne peut deman­der de comptes.
C’est un phé­no­mène sans pré­cé­dent qui touche toutes les démo­cra­ties occi­den­tales quelles que soient leurs ins­ti­tu­tions, une entre­prise de décons­truc­tion inédite : la dépo­li­ti­sa­tion de la socié­té et de l’é­co­no­mie par les nou­velles reli­gions et les nou­veaux caté­chismes de l’humanité. »

Hen­ri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, édi­tions Odile Jacob, 2019

La civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité…

« La civi­li­sa­tion de la quan­ti­té oppo­sée à celle de la qua­li­té. Les imbé­ciles y dominent donc par le nombre, ils sont le nombre […]. Un monde domi­né par la force est un monde abo­mi­nable, mais le nombre domi­né par le nombre est ignoble. La force fait tôt ou tard sur­gir des révol­tés, elle engendre l’esprit de révolte, elle fait des héros et des mar­tyrs. La tyran­nie abjecte du nombre est une infec­tion lente qui n’a jamais pro­vo­qué de fièvre. Le nombre crée une socié­té à son image, une socié­té d’êtres non pas égaux mais pareils, seule­ment recon­nais­sables à leurs empreintes digitales. »

Georges Ber­na­nos
La France contre les robots, édi­tions Robert Laf­font, 1947

Le destin de ceux qui finiront avec la dissolution du monde moderne…

« C’est une voca­tion héroïque que d’affronter la vague la plus tour­billon­nante et de savoir que deux des­tins sont à égale dis­tance, le des­tin de ceux qui fini­ront avec la dis­so­lu­tion du monde moderne et le des­tin de ceux qui se retrou­ve­ront dans l’axe cen­tral et royal du nou­veau courant. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

La Grande Guerre, cette catastrophe européenne…

« Le XXème siècle, nous le savons, est mort en 1989. Il aura duré soixante-dix ans. Il avait vu le jour entre 1914 et 1918, fils de l’horreur et de l’imposture. La Grande Guerre”, cette catas­trophe euro­péenne, fut déclen­chée et conduite par des bar­bons très conve­nables au nom des valeurs éter­nelles” de la per­sonne humaine, du droit, de la patrie et de la civi­li­sa­tion. Des tue­ries sans nom, la liqui­da­tion de géné­ra­tions entières de jeunes hommes, la nais­sance à l’Est de la plus féroce et de la plus absurde des tyran­nies, la des­truc­tion d’équilibres sécu­laires irrem­pla­çables, le char­cu­tage inique des nations d’Europe cen­trale pour com­plaire aux uto­pies ou aux ambi­tions de vision­naires éga­rés, sans oublier l’enfantement, vingt ans plus tard, d’un nou­vel holo­causte pire encore, voi­là de quoi avait accou­ché l’ère bour­geoise triom­phante, héri­tière satis­faite de 1789. »

Domi­nique Venner
Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés