Le choix du héros grec…

« Le choix du héros grec se pro­pose à chaque être humain : suivre la pente facile des plai­sirs ou gra­vir le che­min caillou­teux de l’ascèse. Se conten­ter de l’existence ter­restre ou aspi­rer à la voie des dieux. On dit aus­si : la voie de gauche, qui mène à la per­di­tion, et la voie de droite, celle de la ver­tu, que cou­ronne la gloire. »

Jac­que­line Kelen
Le jar­din des ver­tus, édi­tions Sal­va­tor, 2019

Le meilleur des livres…

« Le meilleur des livres est celui qui ne se contente pas de me pro­cu­rer un plai­sir en venant satis­faire mon attente : au contraire, il la sur­prend, la dépasse, me tire hors de mon état ini­tial ; et c’est en me dépas­sant, à sa lec­ture, que je m’ap­proche de ce que je suis, de ce que je pense, res­sens et vis. Par son ouvrage, l’au­teur ne m’offre pas qu’un diver­tis­se­ment : il aug­mente en moi ma propre liber­té — il m’aug­mente de moi-même, pour­rait-on dire. C’est d’ailleurs là le prin­cipe même de son auto­ri­té l’auc­tor est celui dont le propre est d’au­gere, d’aug­men­ter. Ce que l’au­teur fait croître en moi, ce n’est pas seule­ment un conte­nu de savoir, une quan­ti­té de culture, un capi­tal à entre­te­nir, mais l’être même que je suis. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Les Déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­mettre, édi­tions Plon, 2014

De même que l’homme fort se réjouit dans son aptitude physique…

« De même que l’homme fort se réjouit dans son apti­tude phy­sique, se com­plaît dans les exer­cices qui pro­voquent les muscles à l’action, de même l’analyse prend sa gloire dans cette acti­vi­té spi­ri­tuelle dont la fonc­tion est de débrouiller. Il tire du plai­sir même des plus tri­viales occa­sions qui mettent ses talents en jeu. Il raf­fole des énigmes, des rébus, des hié­ro­glyphes ; il déploie dans cha­cune des solu­tions une puis­sance de pers­pi­ca­ci­té qui, dans l’opinion vul­gaire, prend un carac­tère surnaturel. »

Edgar Allan Poe
Double assas­si­nat dans la rue Morgue (The Mur­ders in the Rue Morgue), 1841, trad. Charles Bau­de­laire, in His­toires extra­or­di­naires, 1856, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2020

Il y a trois manières de commencer sa vie…

« Il y a trois manières de com­men­cer sa vie : le plai­sir d’abord, le sérieux plus tard ; ou bien tra­vailler dur au début, pour se revan­cher vers la fin ; ou enfin mener de front le plai­sir et le labeur. »

Paul Morand
Fou­quet ou Le Soleil offus­qué, 1961, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio his­toire, 1985

Libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps…

« Nos contem­po­rains répu­gne­ront à faire leur deuil du culte et du pri­mat de l’in­di­vi­du libre de toute déter­mi­na­tion, libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps, l’homo fes­ti­vus qu’a bien défi­ni Muray, dont le vivre ensemble” est un mélange para­doxal de consom­ma­tion maté­ria­liste, de jouis­sances fugi­tives et de convi­via­li­té factice.
Et c’est pour­tant à cet indi­vi­dua­lisme qu’il faut renon­cer pour reve­nir à une concep­tion et une défi­ni­tion holiste et orga­nique de la socié­té de l’Être. C’est une ques­tion de sur­vie indi­vi­duelle et collective. »

Lio­nel Rondouin
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Pas plus qu’aucun autre talent, la musique n’est capable de donner…

« La Musique, dit Mar­mon­tel, dans ces Contes moraux que nos tra­duc­teurs per­sistent à appe­ler Moral Tales, comme en déri­sion de leur esprit, la musique est le seul des talents qui jouisse de lui-même ; tous les autres veulent des témoins. Il confond ici le plai­sir d’entendre des sons agréables avec la puis­sance de les créer. Pas plus qu’aucun autre talent, la musique n’est capable de don­ner une com­plète jouis­sance, s’il n’y a pas une seconde per­sonne pour en appré­cier l’exécution. Et cette puis­sance de pro­duire des effets dont on jouisse plei­ne­ment dans la soli­tude ne lui est pas par­ti­cu­lière ; elle est com­mune à tous les autres talents. L’idée que le conteur n’a pas pu conce­voir clai­re­ment, ou qu’il a sacri­fiée dans son expres­sion à l’amour natio­nal du trait, est sans doute l’idée très sou­te­nable que la musique du style le plus éle­vé est la plus com­plè­te­ment sen­tie quand nous sommes abso­lu­ment seuls. »

Edgar Allan Poe
L’Île de la Fée (The Island of the Fay), 1841, trad. Charles Bau­de­laire, in Nou­velles his­toires extra­or­di­naires, 1857, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2008

J’aime ma jeunesse, je pense que c’est un cadeau…

« J’aime ma jeu­nesse, je pense que c’est un cadeau mira­cu­leux, qu’il faut en jouir, la res­pi­rer, boire son par­fum et se bles­ser à ses épines. »

Robert Bra­sillach
Les sept cou­leurs, édi­tions Plon, 1939, édi­tions Gode­froy de Bouillon, 1999

Celui qui aime la gloire met son propre bonheur…

« Celui qui aime la gloire met son propre bon­heur dans les émo­tions d’un autre. Celui qui aime le plai­sir met son bon­heur dans ses propres pen­chants. Mais l’homme sage le place dans sa propre conduite. »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, VI, 51, vers 170 – 180, trad. Mario Meu­nier, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1964

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